Suite de la part01
Mais comment faire ça quand le monde entier vous regarde ?
L’Armée et l’Air Force avaient une idée. Lockheed avait démontré qu’ils seraient en mesure de développer un avion de surveillance, l’U2 et éventuellement le SR71, en dehors de l’attention du Public et effectuer ses vols sans trop d’interférences avec les chiens de garde du Sénat et sans la présence des journalistes. Pourraient-ils faire la même chose avec un satellite ? S’ils le pouvaient, est-ce que les photos du satellite seraient aussi fiables que celles de l’ U2 ?
L’Armée et l’Air Force formulèrent le tout dans un programme commun avec la NASA sur l’envoi de satellite dans l’espace pour montrer leur drapeau au monde. Les Soviétiques les avaient battus dans la course avec Spoutnik, et les échecs de lancements de satellites de l’Armée et de la Navy donnaient aux Américains encore plus de rancoeur.
Après un certain nombre d’essais, le National Security Council avisa le Président Eisenhower de jeter l’éponge, et de mettre en commun toutes les ressources scientifiques Nationales et de confier la course dans l’Espace à une agence civile. Les Militaires apprirent leurs leçons dans ce domaine technologique en regardant faire la NASA.
La NASA eut quelques succès immédiats et avant la fin de l’Administration Eisenhower, en 1960, ils savaient gérer la mise en orbite de satellites et avaient entrepris des expériences sur les effets d’un vol orbital, avec des animaux plus sophistiqués que dans les expériences entreprises par l’Armée, sur les V2, avec des petits primates à Alamogordo à la fin des années 40 et début des années 50. Quand les Renseignements de l’Armée et de l’Air Force virent les succès des satellites de la NASA et la vulnérabilité grandissante des U2, ils conçurent une réponse possible à leur besoin en programme de surveillance.
Quand la NASA commença son programme orbital Discoverer, en lançant une charge utile en orbite basse et en la récupérant, les Services militaires pensèrent y voir une solution. S’ils pouvaient d’une façon ou d’une autre fabriquer un satellite photographique assez petit pour être casé à l’intérieur, très réduit, de la capsule Discoverer, et récupérer l’appareil de surveillance quand l’Orbiter reviendrait sur Terre et de cette manière intégrer entièrement leur programme d’espionnage militaire dans le programme d’exploration scientifique civil sans alerter le Public, cela pourrait être leur meilleure couverture.
Ils savaient que les Soviétiques seraient très rapidement au courant de leur programme et ce n’était pas, en fait, une si mauvaise chose. Ils partaient du principe que comme la CIA était infiltrée par le KGB, il n’y avait pas moyen de garder le projet caché. Et Khrouchtchev n’aurait plus à s’inquiéter sur la violation délibérée de son espace aérien, et donc il serait tiré d’affaire au Kremlin et leur en serait reconnaissant.
Tout ce qu’ils avaient à faire, c’était d’éloigner les civils et ils seraient libres. Le programme « Corona  » était en mesure de passer sans un chuchotement.
Les Soviétiques suivraient sans une protestation, et ils pourraient prendre leurs photos de surveillance.
Ils ajoutèrent une prime additionnelle, pour les Soviétiques, afin de les encourager à dire à leurs amis dans la CIA d’ébruiter l’histoire aux journalistes amis et de souffler la couverture sur l’ensemble de l’opération.
Ils les encouragèrent à participer avec eux à l’ordre du jour caché de Corona : surveillance de crashs extraterrestres potentiels. Les Renseignements de l’Armée, avec l’approbation de la NSC et d’Eisenhower, firent savoir à leurs homologues, dans l’armée Soviétique, que tout Renseignement aérien révélant la présence d’Extraterrestres sur le territoire Soviétique serait partagé avec les Militaires. Ce qu’ils faisaient de l’information, les Américains ne sans souciaient guère. Mais l’Armée leur en serait plus que reconnaissante. Les Militaires professionnels n’avaient aucune confiance dans les Commissaires du Parti Communiste.
Ainsi, bien que les Américains renseignent les Soviétiques d’une présence extraterrestre sur leur territoire, les Américains ne disaient en fait rien au Gouvernement Soviétique en raison de la très grande division existant entre le Parti Communiste et l’Armée.
La simulation faite par les Américains fonctionna bien et le KGB encouragea la CIA à ne pas révéler l’histoire.
Maintenant c’était à l’Air Force et à Lockheed de fabriquer le satellite de surveillance Corona, en dehors de la scène publique et de charger l’appareil dans la fusée de Discoverer, juste sous le nez des journalistes.
C’était une des plus grosses supercheries de la Guerre Froide parce que les Russes savaient ce que les Américains faisaient.
La NASA permit au projet de s’effectuer entièrement, même la presse affamée de la moindre information sur les vols spatiaux resta complètement dans le noir. Si cela était nécessaire, les Militaires pouvaient leur raconter des histoires. Ils savaient qu’ils disposaient de peu de temps sachant que les Soviétiques essayeraient d’embarrasser Ike à la fin de son mandat, en mettant au tapis un de leurs avions U2 et de capturer son pilote vivant.
Ils étaient maintenant en course avec les Soviétiques pour remplacer les U2 par Corona, même si les Soviétiques comprenaient et acceptaient ce que faisaient les Américains.
Ce fut une des ironies de la Guerre Froide.
Les ingénieurs de Lockheed conçurent le satellite pour qu’il puisse entrer dans le cône de charge utile de la capsule Discoverer. Ils travaillèrent sous des contraintes de temps brutales parce que le Président Eisenhower faisait pression sur le National Security Council afin d’arrêter complètement les vols d’U2.
Le vieux Général savait que ce n’était qu’une question de temps avant que les Russes ne capturent un pilote Américain vivant, obtiennent sa confession et le montrent à la télévision pour humilier les USA. Eisenhower était un homme qui se tenait à ce qu’il disait et qui détestait les Politiciens parce qu’ils cherchaient toujours la solution la plus opportune, pas forcément la plus honorable.
Alors que Khrouchtchev se plaignait des vols d’U2, Ike continuait à nier qu’il les avait autorisés. C’était un mensonge si évident que Khrouchtchev essayait de prendre Eisenhower en défaut : « Nous en descendrons un et verrons bien ce que vous direz ?  ».
Mais Eisenhower nia l’existence des U2, puis se retourna vers son équipe, furieux de la situation dans laquelle, il se trouvait. « Arrêtez les vols  » ordonna t’il. Mais la CIA poussait pour un dernier vol. Il allait servir un ultime but, argumentèrent-ils. Ils avaient entendu parler du système de défense aérien Russe pendant qu’ils surveillaient les zones, possibles, d’activité extraterrestre. Corso ne sut pas s’ils trouvèrent une preuve d’atterrissage extraterrestre en Russie pendant la surveillance U2, mais les Extraterrestres s’apercevraient sà »rement qu’ils étaient désormais capables de surveiller le territoire Russe et par le fait connaissant cette capacité Américaine, contribuerait à la dissuasion de continuer à voler au dessus du territoire de l’Union Soviétique en toute impunité.
La CIA prétendait que les U2 étaient si importants pour la Sécurité Nationale de l’Amérique qu’ils étaient prêts à sacrifier leurs pilotes. Cependant, Corso pense que les taupes du KGB, qui avaient pénétré la CIA, voulaient qu’Eisenhower soit embarrassé devant le monde entier. Et quand Francis Gary Power fut abattu en Mai 1960, ils pensèrent avoir leur chance.
Il y avait encore un grand doute à propos de l’U2 abattu. Sa mission était de voler au-dessus des installations de missiles Russes les plus sensibles et de faire de lui une cible. Ils pensaient que les SAM Russes ne pouvaient pas atteindre son altitude. Mais que Powers se soit endormi sur son manche à balai par manque d’oxygène ou qu’il soit descendu à trop basse altitude sur ordre de la CIA pour prendre de meilleures photos ou pour en faire une cible plus provocante, ils ne le sauront jamais.
Corso pense que Powers commençait probablement à perdre connaissance en raison du manque d’oxygène et qu’un missile SAM explosa suffisamment prés, pour lui faire perdre le contrôle de son avion. Son avion ne fut pas abattu par un missile. Le U2 était un avion très difficile à faire voler. Alors que son avion tournoyait vers le sol, Powers, trop désorienté pour reprendre le contrôle, poussa sur le levier à côté de son siège et s’éjecta.
Powers fut capturé vivant, paradant devant les cameras et forcé de confesser qu’il espionnait l’Union Soviétique. Khrouchtchev avait une excuse pour annuler la réunion au sommet avec Eisenhower. Eisenhower, comme il le craignait, fut publiquement humilié et forcé d’admettre à Khrouchtchev qu’il avait envoyé l’U2 au-dessus de l’Union Soviétique. Il promit à Khrouchtchev que les vols d’U2 seraient désormais arrêtés, éliminant un outil de surveillance valable en les rendant potentiellement aveugles, non seulement sur ce que faisaient les Soviétiques, mais aussi sur ce que faisaient les Extraterrestres en Asie. Ce fut une mauvaise expérience pour le vieil homme qui était convaincu avoir été compromis par sa propre Administration.
Durant les derniers mois de préparation du vol de Gary Powers en U2, la NASA complétait les détails techniques pour insérer Corona dans la charge utile de Discoverer.
Si tout allait bien, le premier lancement de Corona donnerait au National Security Council les résultats qu’ils espéraient et le programme U2 deviendrait obsolète grâce à Corona.
Gary Powers fut descendu et le programme U2 prit fin par décision d’Eisenhower.
Ils étaient désormais aveugles. Discoverer fut lancé de Cap Canaveral et tous ceux qui en connaissaient les enjeux retinrent leurs souffles.
Ça fonctionna plutôt bien, ils avaient maintenant des yeux. Si ça avait échoué, leur meilleure opportunité de surveillance aurait échoué.
Vous pouvez imaginer la jubilation du Pentagone quand la charge utile de Corona fut récupérée et que les premières photos furent développées. Elles étaient meilleures que celles obtenues avec l’U2 et Corona demeurait complètement invisible aux Soviétiques.
Khrouchtchev cacha l’information à son propre gouvernement et Eisenhower ne fit jamais de déclaration publique au peuple Américain. En plus de suivre les développements des missiles Soviétiques, ils pouvaient aussi suivre toutes les tentatives extraterrestres de surveillance de base dans les régions éloignées d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du sud. Ils corrigeaient le déséquilibre entre eux et les EBEs ; une petite victoire certes mais néanmoins une victoire.
Ce qui satisfaisait le plus Corso, à propos du projet Corona, c’est qu’il était aussi élégant que couronné de succès.
Avec la même facilité avec laquelle ils avaient intégré le viseur nocturne de Roswell dans le torrent de développement de Fort Belvoir, ils avaient réussi à intégrer la surveillance photographique Corona dans le programme en cours : Discoverer.
Personne ne réalisait bien ce qu’ils avaient accompli et comment les Militaires utilisaient les programmes traditionnels pour prendre en compte leurs propres développements de systèmes d’armements secrets.
Au même moment, ils savaient qu’ils gagnaient du terrain sur les Extraterrestres. Avec chaque nouveau projet réussi dont quelques-uns basés sur la technologie de Roswell, ainsi que d’autres commencés spécialement pour contrer les capacités extraterrestres découvertes à Roswell, ils pensaient faire avancer leur pion.
Ils pensaient que, peu importaient les intentions Extraterrestres hostiles, ces derniers n’auraient plus les pleins pouvoirs pour lancer une guerre globale contre les Américains.
Les EBEs étudiaient les Hommes, ils les infiltraient, les utilisant jusqu’à ce qu’ils ne soient plus capables de leur résister mais ils n’ont jamais eu l’intention, pas plus que la capacité, pensaient-ils, de détruire la planète et de se l’approprier.
Mais ce dont ils avaient besoin, c’était d’un avant-poste, un endroit qui pourrait leur donner un avantage stratégique, une base pour frapper les Extraterrestres suffisamment fort afin de les faire déguerpir sans créer de panique sur Terre.
Ils avaient besoin d’une base sur la lune.
C’était une chose à laquelle rêvait l’Armée depuis la rencontre avec les Extraterrestres à Roswell. C’était un projet ambitieux qui avait rebondi et généré du scepticisme dans l’Armée, pendant un an, jusqu’à ce qu’il arrive sur le bureau de Corso.
12 - Le projet de Base Lunaire.
« J’envisage un développement expéditif de la proposition pour établir un avant-poste lunaire d’une importance décisive pour l’Armée US dans le futur. Cette évaluation est, apparemment, partagée par le chef d’État-Major en considération de son approbation accélérée et à son enthousiasme pour l’initialisation de l’étude  » écrivit le Général Trudeau au Chef du service du Matériel en Mars 1959, en soutien au projet de l’Armée : HORIZON, un plan stratégique pour déployer un avant-poste militaire sur la surface de la lune. C’était la réponse la plus ambitieuse de l’Armée à la menace Extraterrestre. C’est un des projets que le Général Trudeau donna à Corso.
« Les gars de la NASA vont récupérer entièrement l’affaire des lancements de fusées  » dit Trudeau, « et l’Armée n’en aura même pas les miettes.  »
Corso venait juste de quitter la Maison Blanche à l’avènement de la NASA en 1958 et il savait ce que cela présageait. Ça transfèrerait la responsabilité de la conquête de l’Espace des Services Militaires à une agence civile qui était supposée répondre à toutes les promesses Américaines, vis à vis des autres pays sur la démilitarisation de l’Espace. C’était une louable intention, tout le monde voulait la soutenir : démilitariser l’Espace, ainsi les pays pourraient explorer et expérimenter sans le risque de perdre leurs véhicules ou satellites lors d’activités hostiles.
Pour les USA et la Russie, cet accord disait que leurs Astronautes et Cosmonautes ne pourraient pas se faire la guerre. Bonne idée. Mais quelqu’un oublia de le dire aux Extraterrestres qui violaient systématiquement l’espace aérien de la planète depuis des décennies, sinon des siècles et avaient déjà une base opérationnelle sur la Lune.
Pour le Général Trudeau et beaucoup de commandants militaires US, la capacité des Russes à envoyer des Cosmonautes et des véhicules de grande charge utile, avec une relative facilité était une perspective effrayante.
À moins que l’Amérique ne concurrence la technologie Soviétique avec son propre programme de lancement et d’expansion de satellites de surveillance, l’Armée pensait qu’elle cèderait une partie stratégique importante à l’Union Soviétique.
En 1960, les USA avaient atteint une situation critique. En raison du créneau de développement et le temps que cela prendrait pour faire passer les projets par ces développements, les programmes commenceraient trop tard pendant la décennie 60 et seraient irrémédiablement obsolètes dans les années 70, quand les Soviétiques, comme ils s’y attendaient, auraient établi une présence dans l’Espace.
Comme dans les programmes U2, les Américains avaient un autre ordre du jour occulte qui les préoccupaient bien plus que la capacité Soviétique à les menacer dans l’espace avec des missiles nucléaires. Ils étaient aussi très conscients des risques d’une puissance militaire, dominante sur Terre, afin d’établir leurs propres conceptions des conventions avec les Extraterrestres.
Ils avaient déjà vu comment Staline avait négocié un pacte de non agression avec Hitler, permettant aux Allemands de stabiliser leur front à l’Est et d’envahir l’Europe de l’Ouest. Ils ne voulaient pas voir Khrouchtchev gagner un pouvoir incontesté dans l’Espace que les Extraterrestres lui auraient facilement accordé pour garantir à chacun d’eux un certain degré de liberté pour dominer les affaires politiques de la planète.
Ça peut sembler paranoïaque aujourd’hui, mais à la fin des années 1950, c’était exactement la pensée de la communauté des Renseignements militaires.
Les intérêts du Général Trudeau étaient les mêmes que quiconque, connaissant la vérité sur la présence Extraterrestre autour de la planète. Ils ne savaient pas si une de ces nombreuses observations pouvait devenir, pour de bon, un atterrissage en force ou si une invasion avait déjà commencé.
En l’absence de toute information contredisant leurs craintes, il était du devoir des Militaires de prévoir le pire scénario. C’est pourquoi l’Armée poussa pour le projet Horizon. Ils se devaient d’avoir un plan.
Les documents Horizon étaient franchement, l’expression de leurs inquiétudes : ils devaient mettre un avant-poste militaire armé sur la Lune d’abord parce que si les Soviétiques achevaient cet effort avant eux, les Américains seraient en devoir de donner l’assaut à une montagne ou d’assurer une position militaire. Ils se devaient plutôt d’être les défenseurs d’une solide enclave fortifiée plutôt que d’en être les attaquants. Leur avant-poste devait être assez solide pour résister à un assaut et avoir assez de personnel pour conduire des expériences scientifiques et une surveillance continuelle de la Terre et de son espace.
Au début, le Général Trudeau argumenta que l’avant-poste devait avoir une taille suffisante et une activité constructive suffisante pour permettre une survie et une activité modérée pour 10 à 20 personnes. Il devait permettre une extension des installations permanentes, et une rotation du personnel afin de garantir le maximum de temps pour une occupation soutenue.
Le Général Trudeau ne voulait pas seulement une tête de pont sur la lune, il voulait que cela soit permanent et capable de se subvenir à lui-même pour de longues périodes sans aide de la Terre.
Par conséquent, l’emplacement et l’étude étaient critiques et nécessitaient, du point de vue de l’Armée, une station avec un système de surveillance spatiale triangulaire qui faciliterait :
Une capacité de communication avec la Terre et une observation optimum de celle-ci.
Des voyages de routines entre la Terre et la Lune.
La meilleure capacité d’exploration possible pas seulement dans la zone environnante de la surface lunaire mais en vue de plus longues expéditions d’explorations militaires.
La défense militaire sur la Lune. L’objectif initial de l’Armée était d’établir la première installation permanente sur la Lune, rien de moins. Le potentiel militaire sur la Lune était d’une importance primordiale, mais la mission permettrait, aussi, de potentielles recherches scientifiques et commerciales.L’Armée voulait rendre Horizon conforme à la politique Nationale existante pour l’exploration spatiale, même dans la mesure où la démilitarisation de l’espace était en jeu.
Mais ce n’était pas simple parce que tous ceux dans l’Armée qui avaient été en contact avec le dossier Roswell pensaient qu’ils étaient déjà soumis à une sorte d’attaque.
Démilitariser l’Espace était seulement un moyen d’être un jouet dans les mains d’une Culture qui avait étalé une intention hostile envers eux. Mais ils réalisèrent que vouloir l’établissement d’une présence militaire dans l’Espace encouragerait les Soviétiques à les battre, étape par étape, avec pour résultat une course à l’armement dans l’Espace qui pourrait exacerber les tensions de la Guerre Froide.
L’armement dans l’Espace serait bien difficile à contrôler et un échange militaire accidentel pourrait facilement précipiter une crise sur Terre. Ainsi, le problème entier sur l’établissement d’une présence militaire dans l’Espace était une devinette. Horizon était la tentative militaire pour accomplir des objectifs militaires dans le contexte d’une politique Gouvernementale de désarmement.
L’Armée devait aussi, pour satisfaire sa planification, faire face à l’obstacle des membres du Groupe de travail sur Roswell qui avaient établi une politique de niveau de sécurité au-dessus du top-secret. Le Groupe de travail pouvait parfaitement établir que toute expédition militaire indépendante dans l’espace avec l’objectif d’établir un avant-poste sur la Lune, avait une grande probabilité de rencontre extraterrestre.
Pour cette rencontre, il n’y avait pas de garantie qu’un échange militaire ne s’ensuive pas ou dans une moindre mesure, un rapport militaire serait archivé.
Même si ces rapports étaient gardés secrets, il était hautement improbable que la presse n’entende pas parler de la rencontre des militaires avec des Extraterrestres.
Ainsi, le principe fondamental du Groupe de travail et de sa mission, le camouflage de leurs découvertes sur des formes de vie visitant et probablement, menaçant la Terre, serait incertain et des années d’opérations successives pourraient facilement avoir une fin peu satisfaisante.
Non, le Groupe de travail devait plutôt mettre l’exploration spatiale dans les mains d’une agence civile dans laquelle la bureaucratie serait plus facile à contrôler dont le personnel serait trié sur le volet et pour commencer, par les propres membres du Groupe de travail.
Ainsi, la scène était plantée pour une lutte bureaucratique acharnée parmi les membres du Groupe de travail, tous issus de la même organisation mais avec des niveaux de sécurité et des objectifs politiques différents et même la connaissance de ce qui s’était passé ces dernières années n’était plus de mise. Demeurait en sous main, l’hypothèse que la population civile mondiale n’était pas prête à connaître la vérité sur l’existence de Cultures extraterrestres sans parler de la menace probable que posaient ces Cultures à la Terre.
Le Général Trudeau était intrépide comme Corso ne l’avait jamais vu. En Corée, il avait chargé la montagne : Pork Chop, face à l’attaque ennemie, si furieusement que les Militaires qui étaient avec lui avaient pensé que leur dernière heure était arrivée. Ils ne pouvaient pas le laisser aller seul, c’est exactement ce qu’il comptait faire quand il jeta son casque et enlaça un Sergent blessé. Il arma son automatique et dit « J’y vais. Qui est avec moi ?  ». Corso imaginait qu’il devait avoir le même visage qu’aujourd’hui, alors qu’il lui tendait le rapport du projet Horizon. « Nous y allons, Phil  » dit-il, c’est tout ce que Corso avait besoin d’entendre.
Quand les partisans de l’agence spatiale civile firent valoir à l’Armée que toutes les questions évoquées sur le besoin d’établir d’abord une présence seraient accomplies par les missions civiles, le Général Trudeau argumenta que les plans civils ne parlaient pas explicitement d’une base sur la Lune mais seulement de la possibilité d’un avant-poste en orbite terrestre qui serait, ou pas, capable de servir comme halte pour les vols vers la Lune ou vers d’autres planètes.
Et le temps nécessaire pour construire une station spatiale orbitale la rendrait obsolète avant même qu’elle ne soit sortie des planches à dessins.
À côté de cela, le Général Trudeau fit valoir aux Scientifiques du « Eisenhower’s Aeronautics and Space Advisory Commitee  », qu’il ne pouvait pas faire confiance à une agence civile pour remplir une mission militaire. Ce n’est jamais arrivé dans le passé et ça n’arrivera pas dans le futur. Si vous voulez remplir une mission militaire, seuls les Militaires peuvent le faire. Le Président Eisenhower comprenait cette sorte de logique.
A la fin des années 50, la Maison Blanche avait mis en avant ses interrogations auprès du Général Trudeau à propos de la recherche militaire et de la politique de développement en rapport avec le projet Horizon et plus particulièrement la raison pour laquelle les Militaires avaient besoin d’être sur la Lune, il convenait de comprendre également pourquoi une mission civile ne pourrait pas accomplir la plupart des objectifs scientifiques.
C’était au moment où la Maison Blanche soutenait la « National Aeronautics and Space act  » et aussi la création de la NASA.
Le Général Trudeau répondit qu’il ne fallait pas écarter d’emblée le potentiel militaire au complet, « Mais  », écrivit-il dans son rapport, « il est probable que l’observation de la terre et des vaisseaux spatiaux à partir de la Lune démontrera son important avantage.  »
Plus tard, il écrivit qu’une ligne Lune/Terre, qu’une surveillance spatiale par triangulation, en d’autres termes, l’utilisation d’un point de référence sur Terre et un point de référence sur la Lune afin de pointer les positions de missiles ennemis, de satellites ou de vaisseaux spatiaux, promettait une plus grande autonomie et une plus grande précision d’observation.
Au lieu d’avoir un seul point d’observation, ils disposeraient d’un avantage décisif ayant une base lunaire comme référence supplémentaire et un autre point d’observation. Ce serait surtout le cas pour les missions lunaires et martiennes que la NASA s’apprêtait à planifier dans les années 60. Il dit que les stations radars terriennes étaient déjà inadéquates pour les opérations, en espace profond prévues par l’agence civile. Donc, cela n’avait aucun sens de dépenser de l’argent pour développer des réseaux de contrôles et de communications qui seraient obsolètes pour leurs utilisations prévues.
« L’utilisation d’un système d’armement sur une base lunaire contre la Terre ou des cibles spatiales devait être faisable et était souhaitable.  » écrivit-il au chef du Matériel, révélant pour la première fois qu’il croyait, comme Douglas MacArthur, que l’Armée pourrait être amenée à faire une guerre dans l’Espace aussi bien que sur Terre.
Le Général Trudeau entrevoyait qu’un réseau de communication sur la Lune aurait un avantage pour suivre les missiles guidés, lancés de la Terre, mais il réalisa, aussi, que les armes pourraient être tirées de l’espace pas seulement par les Gouvernements Terriens mais aussi par des vaisseaux extraterrestres. C’était le projet de base lunaire, pensait-il, qui serait capable de protéger les populations civiles et les forces militaires sur Terre contre des attaques lancées de l’orbite terrestre comme de l’Espace. Mais l’initiative d’une base lunaire de défense avait une caractéristique additionnelle.
« La puissance militaire d’une base lunaire serait plus fortement dissuasive pour éviter de combattre en raison de l’extrême difficulté, du point de vue logistique ennemie, d’éliminer les capacités Américaines de ripostes.  », supposait il, « Toute opération militaire pour l’ennemi, sur la Lune, serait difficile de par la difficulté inhérente à atteindre l’objectif, par contre si les forces Américaines y étaient présentes en permanence, elles auraient les moyens de contrer un atterrissage ou d’éliminer toutes forces hostiles qui tenteraient d’y atterrir.  »
« Si des forces hostiles avaient la possibilité d’y être postées les premières, elles pourraient contrer les atterrissages Américains et tenteraient d’accuser, politiquement, les Américains d’utiliser leur propriété.  »
L’Armée conçut le développement d’une base lunaire comme une tentative similaire à la construction de la bombe atomique : une vaste somme de ressources appliquées à une mission particulière, complètement secrète de par sa nature et un programme d’urgence pour compléter la mission avant la fin de la décennie à suivre. Il fit valoir que l’établissement d’un avant-poste devrait être un projet spécial ayant l’autorité et la priorité similaire au projet Manhattan pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Une fois établie, la base lunaire devrait être opérationnelle sous le contrôle d’un commandement spatial unifié, lequel serait une extension de la politique de commandement et de contrôle militaire actuel.
Le contrôle de toutes les forces militaires Américaines par un commandement unifié était déjà effectif à la fin des années 50, donc le plan du Général Trudeau pour un commandement spatial unifié n’était pas une exception à la pratique en cours.
La seule différence était que le Général ne voulait pas que le commandement unifié exerce son autorité uniquement sur la base lunaire, il voulait de ce commandement pour contrôler et utiliser les satellites militaires, les véhicules spatiaux militaires, les systèmes de surveillances spatiaux, et la gestion entière du réseau installé pour appuyer les avantages militaires.
Pour le Général, être second derrière l’Union Soviétique, pour le déploiement et le soutien d’une base militaire lunaire permanente, serait « désastreux  », pas seulement pour le prestige de la Nation, mais pour tout le système démocratique lui-même. Dans l’estimation du Général Trudeau, l’Union Soviétique avait à ce moment planifié de construire une base lunaire dans le milieu des années 60 et voulait la déclarer territoire Soviétique. Il pensait que si les USA essayaient d’atterrir sur la Lune, et plus particulièrement s’ils essayaient d’établir une base là -bas, les Soviétiques voudraient profiter de cet événement comme un acte de guerre, étant une invasion de leur territoire, et ils essaieraient de montrer les USA comme agresseur et leur présence serait comme hostile. S’ils défendaient la Lune comme une de leurs colonies ou s’ils étaient la force déléguée au nom des Extraterrestres, les USA seraient dans une situation de faiblesse.
Ainsi, le Général Trudeau conclut et donc avisa le chef de l’ « Ordnance Missile Command  » qu’il était de la plus extrême urgence que les USA imaginent un plan réalisable pour bénéficier d’un atterrissage habité sur la surface lunaire au printemps 1965, avec un avant-poste lunaire déployé et totalement opérationnel sur place 1966 pour un coà »t, réparti sur huit ans et demi, de 6 milliards de dollars.
Les 2 premiers astronautes, le fer de lance de l’équipage d’avant-garde, seraient prêts à atterrir sur la surface lunaire en avril 1965, dans une zone proche de l’équateur lunaire où, d’après des études, l’Armée croyait que le terrain supporterait de multiples atterrissages militaires, des installations de décollages et la construction d’une structure cylindrique, avec des murs tubulaires, construite sous la surface, dans une crevasse qui pourrait accueillir un personnel initial de douze 12 Militaires.
Le poids du matériel de construction pour cet avant-poste lunaire, 300.000 livres (135 tonnes), serait déjà sur le site, ayant été transporté dans les trois mois précédents. D’après les plans de l’Armée, une cargaison additionnelle de 190 000 lbs (86 tonnes) devrait être envoyée sur la Lune entre Avril 1965 et Novembre 1966. Et de Décembre 1966 à Décembre 1967, une autre cargaison de 266 000 lbs (120 tonnes) et des fournitures devraient être envoyées régulièrement à la base lunaire désormais opérationnelle.
C’était en Avril 1965 et le véhicule lunaire avec un équipage de deux Astronautes venait juste de toucher la surface lunaire. Bien que ce soit un appareil à capacité de décollage immédiat pour renvoyer les Astronautes sur Terre, leur reconnaissance orbitale avait déterminé que la zone était sà »re et qu’il n’y avait pas de menaces aussi bien Soviétiques qu’Extraterrestres. La radio grésilla avec les premières instructions pour l’équipage.
« Ici contrôle Horizon, base lunaire. Vous êtes partis pour les premières 24 heures.  » les informa le contrôle Horizon à Cocoa Beach, Floride, Cape Canaveral Space Command Center.
Ils sécurisèrent leur lieu d’atterrissage, lequel, s’ils recevaient l’ordre d’y rester pour des périodes supplémentaires, deviendrait immédiatement leur logis pour les deux mois suivants alors que les équipes de construction arriveraient de Terre pour commencer à assembler l’avant-poste.
Toutefois, avant même que la première cargaison habitée n’arrive, l’équipe d’avant-garde de deux Astronautes aurait confirmé la situation de la cargaison qui avait déjà été livrée sur site, affinant les études environnementales conduites par des sondes de surveillance non habitées et vérifierait que les mesures initiales et les suppositions d’établissement du site de la base lunaire étaient correctes.
En Juillet 1965, la première équipe de neuf personnes arriverait pour commencer à installer les tubes cylindriques dans la crevasse sous la surface et à installer les deux réacteurs nucléaires portables qui fourniraient l’énergie à l’avant-poste. Un certain nombre de facteurs avaient influencé la décision de l’Armée d’enfoncer les conduites sous la surface de la lune. Les plus importants d’entre eux étaient les températures uniformes, l’isolation de la matière lunaire elle-même, la protection contre une pluie potentiellement dangereuse de petites météorites et météores, le camouflage ainsi que la sécurité et la protection contre les radiations de particules qui n’avaient pas d’influence, grâce à l’atmosphère terrestre.
Les ingénieurs avaient conçu l’unité d’habitation pour ressembler et réagir comme une bouteille thermos vide avec un double mur et un isolant particulier. La forme en thermos préviendrait la perte de chaleur et donc isolerait l’unité d’habitation afin que la chaleur irradiée par le système d’éclairage artificiel interne suffise à maintenir une température confortable à l’intérieur. L’atmosphère pour l’équipage devrait être entretenue par des réservoirs isolés contenants de l’oxygène liquide et de l’azote et l’humidité serait éliminée ainsi que le dioxyde de carbone par des éléments chimiques recyclés à travers une série d’humidificateurs. Éventuellement, si la base devenait plus permanente et si de nouvelles équipes étaient amenées à y tourner, un système de recyclage plus efficace serait installé.
L’équipe de construction initiale serait assignée à vivre dans une configuration temporaire de blocs cylindriques et leurs nombres augmenteraient avec l’ajout de modules de six hommes et de fournitures. Comme l’installation permanente, la cabine de construction temporaire serait enfouie dans une crevasse sous la surface lunaire mais elle devrait être plus petite que la cabine permanente et n’avoir aucun équipement de laboratoire qui soit construit dans la structure permanente. À partir des composants déjà envoyés sur le site d’atterrissage, l’équipe de construction aurait à assembler un ‘rover’ (baladeur) pour la surface lunaire, un véhicule pour creuser et faire des tranchées, et un véhicule de type chariot qui servirait aussi de grue. Avec juste ces trois appareils, l’Armée pensait qu’une équipe de cinquante travailleurs pourrait assembler un avant-poste avec des éléments préfabriqués. Le plan Horizon pour la construction d’installations dans un état d’apesanteur, dans un environnement privé d’air deviendrait, finalement, le modèle pour la construction des stations spatiales Soviétiques MIR et Américaines FREEDOM.
Pendant que la construction de la structure souterraine permanente serait en route, d’autres membres de l’équipage devraient disposer à l’extérieur, le système de communication par antennes multiples qui serait relié avec les satellites terrestres géostationnaires afin de relier les transmissions de et vers la Terre. L’équipement radar sur la lune maintiendrait, également, une constante surveillance de la Terre et serait capable de suivre n’importe quel véhicule orbital à la surface de la Terre aussi bien que les vaisseaux spatiaux entrant dans l’atmosphère terrestre.
Les membres de l’équipage pourraient communiquer avec les autres et avec l’avant-poste lui-même par une radio montée dans le casque de leurs combinaisons spatiales.
Au moment où l’Armée proposait le projet Horizon, les Ingénieurs militaires avaient déjà sélectionné un certain nombre de sites de lancements. Au lieu de Cap Canaveral, l’Armée choisit un site équatorial parce que la Terre tourne plus rapidement à l’Équateur et de cette façon fournit une poussée supplémentaire à toute fusée et plus spécialement à celle ayant une forte charge utile. L’Armée choisit un site secret au Brésil où elle voulait commencer à construire des installations de lancements qui couvriraient le projet en entier. Les vaisseaux seraient suivis et contrôlés par les installations à Cocoa Beach, où l’Armée et la Navy lançaient déjà leurs satellites.
Ils scindèrent le programme en six phases commençant par la faisabilité initiale de Juin 1959, laquelle était écrite en réponse à la première proposition du Général Trudeau et devint la Phase I. La Phase II, était prévue pour être finie au début de 1960, quand Corso avait été mis sur le projet, il fut appelé pour un développement détaillé et une recherche de plans en conjonction avec les expérimentations préliminaires sur quelques-uns des composants essentiels.
Durant cette phase, Corso avait planifié d’utiliser les procédures régulières des RD afin de gérer et suivre les tests et être sà »r qu’ils pourraient faire ce qu’ils disaient pouvoir faire dans l’étude initiale de faisabilité.
En Phase III, ils étudièrent le développement complet du système d’intégration et du matériel pour le projet complet. Ceci incluait les fusées, les capsules spatiales, tous les véhicules de transports et de construction lunaire, les installations de lancements sur le site proposé au Brésil et les composants de l’avant-poste lunaire, aussi bien la base temporaire que permanente. Était aussi inclus dans cette phase, le développement de tous les systèmes de communications, celui-ci incluant les stations relais, les systèmes de surveillance et les appareils personnels de protection et de communication que les Astronautes auraient à utiliser. Finalement, la Phase III fut sollicitée pour intégrer la réalisation technique de toutes les procédures nécessaires pour qu’Horizon soit un succès au niveau : des « rendez-vous  » orbitaux, des ravitaillements orbitaux des véhicules lunaires de transports, du transfert de cargaison en orbite, de lancement et de test des fusées cargos.
Sous la Phase VI, le premier atterrissage lunaire aurait lieu en 1965,. L’établissement des deux premiers avant-postes d’observation pour deux hommes et la construction du premier bloc préliminaire de travail et d’espace vital serait effectué par le premier détachement de l’équipage. Les plans prévoyaient qu’après la fin de cette phase, « Un avant poste lunaire habité serait établi  ».
Phase V et VI étaient les phases opérationnelles du projet et étaient prévues pour être finies dans une période de deux ans, commençant début Décembre 1966 et prenant fin en Janvier 1968. Durant ces phases, l’avant-poste progresserait de la forme préliminaire à une construction avec des installations permanentes. Ces installations commenceraient à surveiller la Terre, établissant la présence militaire Américaine par des positions fortifiées sur la Lune, et commenceraient les premières expériences scientifiques et d’explorations.
Dans la Phase VI, basée sur le succès de l’avant-poste permanent et l’exploration du terrain lunaire, l’Armée prévoyait d’étendre l’avant-poste avec plus de capacité d’atterrissage et l’apport d’équipements additionnels. De faire état des résultats de tests biologiques et chimiques et commencer les premières tentatives d’exploitations de la Lune comme entité commerciale. L’Armée croyait aussi qu’en exploitant commercialement la Lune, ils pourraient faire revenir dans les coffres Fédéraux les milliards de dollars dépensés .
Le projet Horizon avait aussi esquissé le développement d’une station orbitale autour de la Terre comme un projet annexe afin de supporter les missions d’atterrissages lunaires. Sous les spécifications de la station orbitale, les développeurs du projet suggérèrent le lancement et l’assemblage d’une « Austère et basique  » plate-forme orbitale qui pourrait fournir les équipages d’astronautes en route pour la Lune. Pour échanger et accroître leurs charges utiles, leurs ravitaillements en combustible et leurs re-lancements. La station orbitale pourrait être importante, ainsi, dans les étapes d’expédition du projet Horizon, les équipages militaires pourraient transporter les cargaisons en apesanteur plus facilement que sur Terre. Les cargaisons pourraient être envoyées séparément, voyageant en orbite terrestre avec la station, puis ré-assemblées par les équipages qui pourraient vivre dans les cabines de leurs vaisseaux au lieu de retourner sur Terre une fois le plein de carburant et le ré-assemblage, des charges utiles, complétés.
Si la station spatiale préliminaire était un succès, l’Armée en envisageait une plus élaborée, avec des équipements plus sophistiqués qui pourrait avoir ses propres missions militaires et scientifiques et servir comme station relais pour les équipages en route pour l’avant-poste lunaire. Cette station serait une augmentation de la capacité militaire et rendrait les USA capables de dominer l’espace au-dessus de ses ennemis, aveuglant les satellites ennemis et détruisant leurs missiles. L’Armée voyait aussi la station spatiale orbitale comme un autre composant dans une défense élaborée contre les Extraterrestres, plus spécialement si les Militaires étaient capables de développer les lasers et les canons à particules qu’ils avaient vus à bord du vaisseau de Roswell.
La station spatiale fournirait à l’Armée la plate-forme pour tester des armes Terre-Espace, et celles-ci, le Général Trudeau et Corso étaient d’accord, seraient dirigées contre les Extraterrestres hostiles qui étaient la vraie menace de la planète.
Dans ses plans pour une gestion et un management séparés à l’intérieur de la structure de l’Armée, le projet Horizon était conçu pour être la plus grande opération de recherche, de développement, et de déploiement dans l’histoire de l’Armée. Plus grand que le projet Manhattan, Horizon aurait pu devenir une unité complètement séparée dans l’Armée elle-même.
Ainsi, le projet Horizon fut perçu comme une menace immédiate pour les autres branches de l’Armée, aussi bien que par les agences spatiales civiles. La Navy avait ses propres plans pour établir des bases sous-marines et voulait récolter les opportunités commerciales et scientifiques sous les océans au même moment, voir plus important, établir une défense anti sous-marine qui pourrait compter faire face à la menace sous-marine Soviétique.
L’Armée suspectait que les plans de la Navy, comme leurs plans de base lunaire, donneraient aussi à la Navy la capacité de surveiller les objets sous-marins non identifiés, si, en fait, c’était ce que les EBEs envoyaient sur la Terre.
Malgré l’opposition civile contre le plan militaire, le Général Trudeau écrivit que l’Armée n’avait pas d’autre choix que de défendre sa planification d’une base lunaire.
« Les Renseignements Américains sont d’accord pour confirmer que les Soviétiques disposeront, au plus tard en 1965, d’un atterrissage lunaire habité  » Ceci, dit-il, établirait une jurisprudence Soviétique pour déclarer la surface lunaire comme territoire Soviétique, ce qui pourrait précipiter la prochaine guerre si les USA essayaient d’établir une présence là -bas. Être second n’était même pas une option.
« Comme le Congrès l’a noté,  » continua le Général Trudeau, « nous sommes pris dans une tempête dans laquelle nous n’avons pas d’autre choix que de continuer.  »
Cependant, alors qu’ils s’efforçaient de trouver le financement et le développement du projet Horizon, ils furent stoppés. Le programme spatial National était devenu la propriété de l’agence spatiale civile et la NASA avait son propre ordre du jour et son propre plan pour l’exploration spatiale. L’Armée avait réussi dans des projets discrets comme Corona, mais cela n’était pas suffisant pour lui fournir le contrôle nécessaire pour établir une base lunaire sous les conditions du projet Horizon.
Corso devint le porte-parole du Général Trudeau pour le projet à la Maison Blanche. Il était capable de faire pression pour cela et Horizon devint finalement une couverture effective pour tout le développement technologique qu’il avait mis en chantier avec le dossier Roswell. Personne ne savait combien de technologie de Roswell serait insérée dans le développement.
Après sa première année au bureau, le Président Kennedy avait aussi vu la valeur du projet Horizon même s’il n’était pas en position de démanteler la NASA et d’ordonner à la NASA de céder le contrôle à l’Armée pour le développement d’une base sur la lune. Peu de temps après que Corso ait témoigné devant le Sénat dans une séance top-secrète sur la façon dont le KGB avait infiltré la CIA et dictait certaines estimations des renseignements depuis la Guerre de Corée, le Procureur Général Robert Kennedy, qui avait lu ce témoignage secret, invita Corso à venir au Département de la Justice pour une visite.
Ils allèrent à une réunion ce jour là . Corso savait qu’il l’avait convaincu que les renseignements officiels que recevait le Président, à travers ses Agences, n’étaient pas seulement faux, mais qu’ils étaient délibérément défectueux. Robert Kennedy commença à voir que les Militaires au Pentagone n’étaient pas seulement un groupe de vieux soldats en attente d’une guerre. Il comprit qu’ils concevaient réellement une menace et que les USA étaient vraiment compromis par la pénétration Soviétique de la plupart de ses agences secrètes.
Ils ne parlèrent pas d’Extraterrestres ou de Roswell. Corso ne lui parla jamais des Extraterrestres, mais il fut capable de le convaincre que si les Soviétiques allaient sur la Lune avant eux, la victoire de la Guerre Froide leur appartiendrait à la fin de cette décennie.
Bobby Kennedy suspectait le fait qu’il y ait un autre ordre du jour dans le désir de l’Armée de déployer un avant-poste lunaire pour l’Armée, la science et les intentions commerciales, et sans jamais connaître cet ordre du jour inconnu, il promit qu’il en parlerait au Président.
Corso put seulement nous dire que pour lui ce fut un signe d’aboutissement quand le Président John Kennedy annonça à la Nation, peu de temps après la rencontre de Corso avec Bobby, qu’un de ses buts était que les USA envoient une expédition lunaire habitée avant la fin des années 60.
Il l’a fait !
Peut-être ne pouvait-il pas laisser à l’Armée un autre projet Manhattan. C’était une autre époque et une autre guerre. Mais John Kennedy avait compris, pense Corso, les vraies conséquences de la Guerre Froide et ce qui se passerait si les Russes avaient envoyé un vol habité sur la Lune avant eux.
La marche de l’histoire changea. C’était leurs expéditions lunaires, les unes après les autres, pendant toutes les années 60, qui non seulement attirèrent l’attention du monde sur Eux mais montrèrent à tous leurs ennemis que les USA étaient déterminés à la surveillance de ses territoires et à défendre la Lune. Personne ne considérait une guerre, plus spécialement les EBEs qui essayaient de les effrayer pour les éloigner de la Lune et de leurs propres bases.
Ils bourdonnaient autour des vaisseaux Américains, interféraient avec leurs communications et cherchaient à les intimider avec leur présence. Mais les Américains continuèrent et persévérèrent. Finalement, ils atteignirent la Lune et envoyèrent assez d’expéditions habitées pour explorer la surface lunaire et effectivement défier les EBEs pour le contrôle du ciel Terrien et de l’Espace.
Et bien que la proposition Horizon prévoyait un atterrissage lunaire en 1967, il présupposait que l’Armée voulait commencer à créer la bureaucratie nécessaire pour gérer l’effort et la construction du matériel nécessaire dès 1959.
Parce que la NASA gérait l’exploration spatiale, les USA mirent plus de temps pour atteindre la Lune que les Militaires ne l’avaient prévu au début, et bien sà »r, ne construisirent jamais la base permanente prévue dans le projet Horizon.
Corso savait, bien qu’il soit sorti de l’Armée depuis 1969 que leurs succès pour l’exploration lunaire avaient démontré qu’ils en exerçaient le contrôle et que les EBEs n’auraient plus les rênes des cieux.
Ils démontraient aussi que si une transaction devait être faite, pour une relation de proximité à établir, les Soviétiques n’étaient pas ceux à qui parler.
Mais pour Corso, de retour en 1961, en considérant le gigantesque projet Horizon rapporté sur son bureau et en réalisant que l’Establishment Scientifique Civil s’était mobilisé contre cette tentative, Corso savait que des petites victoires pourraient suffire jusqu’à ce que la grande puisse être gagnée. Corso prit la plaquette avec les circuits imprimés récupérée de l’épave de Roswell et se dit que cela pourrait contenir le prochain projet.
Il savait à peine ce que c’était, mais si les scientifiques de White Sands avaient raison, c’était une victoire qu’ils savoureraient bien après les batailles politiques après la fin du projet Horizon.
13 - La puce à circuit intégré
Avec le projet de vision nocturne en route à Fort Belvoir et l’équipe du projet Horizon essayant de nager en amont du courant de la gestion civile pour le programme spatial, Corso tourna son attention sur le fragment suivant du crash de Roswell qui semblait particulièrement intriguant : la plaque de semi-conducteurs carbonisée qui s’était cassée en plusieurs morceaux. Corso n’en avait pas fait sa priorité, ne sachant pas réellement ce que c’était, jusqu’à ce que le Général Trudeau lui demande d’y jeter un oeil plus attentif.
« Parlez en à quelques-uns des Scientifiques des fusées à Alamogordo  » dit-il, « Je pense qu’ils sauront ce que nous pourrons en faire  »
Corso savait que dans les jours suivant le crash, le Général Twining avait rencontré le groupe d’Alamogordo et leur avait décrit quelques-uns des débris. Mais Corso ne savait pas jusqu’où il avait poussé ses descriptions et si les Scientifiques savaient quelque chose au sujet des plaquettes en leur possession.
« Je veux parler aussi à quelques Scientifiques, là -bas  » dit Corso, « et plus spécialement je veux voir quelques ingénieurs des fournisseurs de la Défense. Peut-être pourront ils en estimer le processus de fonctionnement ».
« Allez à Bell Labs, Phil  » suggéra le Général Trudeau « le transistor est sorti de leur atelier et ces choses ressemblent beaucoup à des circuits transistorisés.  »
Corso avait entendu dire que le Général Trudeau avait travaillé de très près avec Bell Labs et Motorola sur la recherche en communication pendant la guerre, ensuite sur le site de test de lancements de missiles V2 à Alamogordo après le crash de Roswell. Est-ce qu’il leur avait donné du matériel du crash ou leur avait il montré la minuscule puce de silicone ?c’était pure spéculation. Tout ce que Corso savait, c’est que les travaux sur la miniaturisation des circuits firent un bond de géant en 1947 avec l’invention du transistor.
À la fin des années 50, les transistors avaient remplacé les tubes à vides dans les radios et avaient changé la boîte en bois de la taille d’un mur des années 40, en radio portable en plastique que vous pouviez écouter sur la plage pendant un chaud dimanche de Juillet. L’industrie de l’électronique avait fait un bond technologique majeur en moins de 10 ans et Corso s’était demandé, en privé, si du matériel de Roswell n’était pas sorti avant son arrivée aux RD en 1961.
Corso ne comprit pas immédiatement tout ça quand il montra ses plaques de silicones au Général Trudeau, mais il en devint rapidement et intimement convaincu de par le bourgeonnement de l’industrie informatique et par un très petit et invisible pignon d’un processus d’assemblage qui donnerait 50 ans plus tard les premiers systèmes de micro-ordinateurs et la révolution de l’ordinateur personnel.
Suite aux années qui avaient vu Corso rejoindre l’Armée en 1942, sa carrière l’avait conduit à travers les étapes d’un système basé sur les tubes à vide, comme les radios et les radars de la Deuxième Guerre Mondiale, au châssis de composants. C’étaient à l’origine de grosses unités de circuits qui, si elles réduisaient en taille, pourraient être changées en élément, voir très petits éléments, finalement en minuscules transistors et enfin en composants électroniques transistorisés. Les premiers ordinateurs militaires que vit Corso étaient de la taille d’une demi-salle, des monstres de tubes à vide cliquetants qui, aux standards d’aujourd’hui, prenaient une éternité pour calculer la plus simple réponse. Mais ils émerveillaient ceux qui n’avaient jamais vu d’ordinateur travailler auparavant.
À Red Canyon et en Allemagne, les radars de poursuite qu’ils utilisaient étaient contrôlés par de nouveaux ordinateurs à châssis transistorisés qui étaient assez petits pour être transportés en camion et suivre le bataillon. Quand Corso vit la plaque grise avec un quadrillage gravé dessus, il put faire une estimation juste sur sa fonction même s’il n’en n’avait jamais vu auparavant. Il savait, cependant, que les Spécialistes des fusées et les chercheurs Universitaires qui travaillaient avec les laboratoires de développements à Bell, Motorola et IBM feraient plus que comprendre la fonction primaire de ces puces et estimeraient ce dont ils auraient besoin pour le reproduire et se l’approprier.
Mais d’abord Corso appela le professeur Hermann Oberth pour savoir si un développement parallèle avait eu lieu après le crash de Roswell. Le Dr Oberth connaissait les Scientifiques d’Alamogordo et avait probablement reçu, en sous main, le contenu de la conversation qu’avait eu le Général Twining avec son groupe de travail dans les heures qui avaient suivi la récupération de l’appareil. Et si le Général Twining avait décrit certains débris, avait-il décrit ces petites puces de silicone ? et s’il l’avait fait, en ces mois ou l’ENIAC - le premier ordinateur - faisait ses premiers tours de manivelles à l’ « Aberdeen Ordonance Testing Ground  », Maryland, qu’est-ce que ces Scientifiques avaient fait de ces puces ?
« Ils ont vu ceci à ‘Walker field hangar’  » dit le Dr Oberth à Corso, « tous ceux d’Alamogordo se rendirent à Roswell avec le Général Twining pour surveiller le chargement à Wright Field  »
Oberth décrivit ce qui s’était passé le jour du crash quand une équipe de Scientifiques de l’AMC étudia soigneusement les morceaux et les débris du site. Quelques-uns de ces débris furent emballés pour être emmenés en B29. L’autre matériel, plus spécialement les caisses en partance pour Fort Riley, fut chargé dans un camion par la route.
Le Dr Oberth dit que des années plus tard, von Braun lui avait décrit comment les Scientifiques se tenaient en rang avec leurs équations prêtes afin de pouvoir les traiter sur l’ordinateur expérimental d’Aberdeen Maryland.
Von Braun avait demandé au Général Twining si quelqu’un à Bell Labs avait été contacté à propos de cette découverte. Twining avait semblé surpris au début, mais quand von Braun lui avait parlé des expériences sur les circuits intégrés, matériel dans lequel les électrons n’avaient pas besoin d’être excités par la chaleur pour conduire le courant, Twining avait été intrigué.
Et si ces puces étaient des composants d’un circuit très avancé ?lui demanda von Braun. Et si une des raisons pour laquelle l’Armée ne trouvait pas d’installation électronique dans le vaisseau était que des couches de ces plaques courraient dans tout le vaisseau ? Ces puces pouvaient être le système nerveux du vaisseau, transportant les signaux et transmettant les commandes exactement comme le système nerveux dans un corps humain.
La seule expérience du Général Twining était constituée du lourd système isolé de tubes à vide de la Deuxième Guerre Mondiale, où les fils multiples étaient protégés par des nappes. Il n’avait jamais vu, auparavant, de circuits imprimés métalliques comme ceux-ci. Comment fonctionnaient-ils ? demanda t’il à von Braun.
Le Scientifique Allemand n’en n’était pas très sà »r, bien qu’il estimait qu’il s’agissait du même principe que les transistors que les laboratoires essayaient de développer jusqu’à ce qu’ils puissent être commercialisables. Cela transformerait complètement l’industrie de l’électronique, expliqua von Braun au Général Twining. Les Allemands avaient essayé, désespérément, de développer un circuit de cette sorte pendant la guerre, mais Hitler, qui pensait que la guerre serait finie en 1941, avait dit aux Chercheurs en informatique Allemands que la Wehrmacht n’avait pas besoin d’ordinateurs qui auraient un temps de développement supérieur à 1 an. Ils auraient célébré la victoire à Berlin avant la fin de cette année.
Mais la recherche sur les composants de circuits intégrés, que les Allemands avaient faite et le début du travail à Bell Labs n’étaient rien à côté de la merveille que Twining avait montré à von Braun et aux autres Scientifiques au Nouveau Mexique.
Sous une magnifique vitrine, le groupe pensa qu’il ne regardait pas seulement un simple composant de circuit intégré mais tout un ensemble de composants, intégrés les uns aux autres qui devaient contenir ce qui ressemblait à un circuit complet ou un système de circuits.
Ils n’en étaient pas sà »rs parce qu’ils n’en n’avaient jamais vu auparavant. Mais ça leur montrait le futur de l’électronique, si un chemin pouvait être trouvé, afin de fabriquer cette sorte de circuit sur Terre.
Soudain, l’énorme système de guidage nécessaire pour contrôler le vol d’une fusée, en 1947 qui était trop gros pour être compressé à l’intérieur du fuselage de celle-ci, pourrait être miniaturisé de telle façon que cette fusée puisse avoir son propre système de guidage.
S’ils pouvaient copier ce qu’avaient les EBEs, ils auraient, eux aussi, la possibilité d’explorer l’Espace. Résultat, la production des composants de circuits intégrés, commença dans les semaines et les mois après le crash de Roswell, même si William Shockley à Bell Labs, travaillait déjà sur une version de son transistor dès 1946.
En été 1947, les Scientifiques à Alamogordo avaient conscience de la recherche en cours sur les composants de circuits intégrés à Bell Labs et à Motorola. Donc ils s’adressèrent à Nathan Twining afin de rechercher des Scientifiques, au sein des entreprises, susceptibles de l’aider à organiser une réunion pour définir la nature de la découverte de Roswell. L’Armée, très secrètement, avait envoyé quelques composants aux Ingénieurs, pour études et début 1950, le transistor fut inventé et maintenant les circuits transistorisés sont devenus un bien de consommation courant comme dans les systèmes électroniques militaires. L’ère des tubes à vide, vieille de 80 ans avec laquelle une génération entière de communication, tels que télévisions et ordinateurs, a été bâtie, était maintenant proche de la fin avec la découverte dans le désert d’une technologie entièrement nouvelle.
Le poste à tubes était un legs des expériences du 19éme siècle. Comme beaucoup de découvertes scientifiques historiques, la théorie derrière les tubes à vide a été découverte par chance, personne ne sut réellement ce que c’était, ni qu’en faire, seulement bien des années plus tard. Les tubes à vide trouvèrent leur plus grande utilité des années 1930 à 1950, jusqu’à ce qu’ils deviennent obsolètes, grâce à la technologie découverte à Roswell..
Bien qu’IBM et Bell Labs aient investi des sommes énormes pour mettre au point un ordinateur qui ait un rendement opérationnel faible, il semblait, étant donné la technologie informatique digitale aux alentours de 1947, qu’il n’y avait pas d’applications où l’employer. Il était simplement trop cher à construire, trop cher à démarrer, un éléphant très encombrant en fin de compte. Alors un vaisseau extraterrestre tomba des cieux au-dessus de Roswell, s’éparpillant sur le sol désertique et en un après-midi, tout changea.
En 1948, le premier transistor de dérivation - un microscopique sandwich de silicone - fut inventé par le physicien William Sockley. L’invention fut créditée à Bell Labs et comme par magie, le développement des ordinateurs dinosaures, comme l’ENIAC, fut stoppé et une génération entièrement nouvelle de circuits miniaturisés commença.
Où le tube à vide nécessitait une énorme quantité d’énergie pour chauffer, le transistor nécessitait une très faible quantité d’énergie. Comme il ne nécessitait qu’une très petite quantité d’énergie, il pouvait être alimenté par batteries. Parce qu’il ne dépendait pas d’une source de chaleur pour fournir du courant et qu’il était si petit, beaucoup de transistors pourraient être alignés dans un espace très réduit, permettant la miniaturisation des circuits.
Finalement, comme il ne brà »lait pas comme les tubes, il était plus fiable. Ainsi, dans les mois suivants le crash de Roswell et le premier échantillon de la technologie des plaquettes de silicone montré aux entreprises déjà impliquées dans le développement des ordinateurs, la limitation de taille et d’énergie des nouveaux ordinateurs se réduisit soudainement et la nouvelle génération d’ordinateurs entra en développement.
Cela fournit aux RD et plus spécialement pendant la présence de Corso, l’opportunité d’en encourager le développement auprès des fournisseurs de la Défense appelés pour la mise en oeuvre des appareils à circuits intégrés dans les générations précédentes de systèmes d’armements.
Plus d’un historien qui s’intéresse à l’âge des ordinateurs a écrit que personne avant 1947 ne prévoyait l’invention des transistors ou avait même rêvé d’une technologie entièrement nouvelle. Plus grande que l’idée d’une calculatrice ou d’un engin analytique ou de toutes autres combinaisons qui feraient les premiers ordinateurs des années 30 à 40, l’invention du transistor et son évolution naturelle dans les circuits intégrés était derrière ce que tout le monde pourrait appeler un saut quantique de technologie.
Le développement complet des tubes à vide, depuis les expériences d’Edison jusqu’aux mécanismes de l’ordinateur ENIAC, avait prit 50 ans. Le développement des transistors en silicone semblait n’être qu’une question de mois. Et si Corso n’avait pas eu en mains les plaques de silicone provenant du crash de Roswell, s’il n’en n’avait pas parlé avec Hermann Oberth, Wernher von Braun ou Hans Kohler, s’il n’avait pas pris connaissance des rapports des Scientifiques, aujourd’hui disparus, de la première réunion avec Nathan Twining, Vannerar Bush et les Chercheurs à Bell Labs, il aurait pensé que l’invention du transistor était un miracle. Il savait maintenant d’où venait ce miracle.
Comme l’histoire l’a révélé, l’invention des transistors n’a été que le début de la technologie des circuits intégrés développée dans les années 50 et qui continue aujourd’hui.
Le Général Trudeau était inquiet sur la façon de conduire les nouvelles productions électroniques basées sur la miniaturisation des circuits qui allaient créer des nouveaux marchés et qui allaient forcer des industries Américaines à la faillite. Il prédit que ça leur deviendrait meilleur marché de faire fabriquer leur production en Asie, où l’industrie s’était déjà ré outillée, après guerre pour produire des composants transistorisés. Il savait que les nouveaux besoins pour l’exploration spatiale, pour défier les EBEs hostiles, sur leur propre territoire, étaient liés au développement de la technologie du circuit intégré pour ajuster sa taille aux exigences des véhicules à propulsion comme les fusées. La course pour développer des missiles plus intelligents nécessitait aussi le développement de nouveaux types de circuits qui pourraient être rangés dans des espaces de plus en plus petits.
Mais les industries ré outillées Japonaises et Allemandes étaient les seules capables de prendre un avantage immédiat avec ce que le Général Trudeau appelait la « Nouvelle électronique  ».
La recherche devait être payée par les Militaires pour que l’industrie militaire puisse entrer sur ce terrain de jeu. C’était quelque chose que le Général Trudeau était disposé à défendre au Pentagone parce qu’il savait que c’était le seul moyen pour qu’ils aient leurs armes.
Seulement quelques uns d’entre eux savaient qu’ils en avaient aussi besoin pour mener une guerre d’escarmouche contre les Extraterrestres. Arthur Trudeau était un Général, sur un terrain de combat, engagé dans une campagne militaire solitaire que même la politique nationale et les lois secrètes lui interdisaient de dévoiler. Et dans le gouffre de temps entre le crash de Roswell et les intérêts de l’expansion économique d’après-guerre, même ceux qui avaient combattu auprès du Général Trudeau étaient, un par un, en train de mourir. L’industrie pouvait faire la guerre pour eux, pensait le Général Trudeau, si le terrain était correctement ensemencé avec les idées et l’argent pour les développer.
En 1961, ils avaient porté leur attention sur le circuit intégré. Les dépenses Gouvernementales pour les armes militaires et la nécessité de l’exploration spatiale avaient déjà fortement renforcé le circuit à composants transistorisés. Les radars et les missiles que commandait Trudeau à Red Canyon, Nouveau Mexique, en 1958, dépendaient de la miniaturisation des composants pour leur fiabilité et leur mobilité. Les nouvelles générations de radars de poursuites sur les planches à dessin en 1960 étaient bien plus sophistiqués et électroniquement plus intelligents que les armes que Corso avait pointé sur les cibles Soviétiques en Allemagne.
Aux USA, les radios Japonaises ou Taiwanaises, qui tenaient dans la main, étaient sur le marché. Les ordinateurs comme l’ENIAC, n’occupaient maintenant pas plus de place que des toilettes. Les mini-ordinateurs, aidés par le financement Gouvernemental des RD, qui seraient bientôt disponibles sur le marché étaient déjà en phase d’étude.
C’était le début d’un nouvel âge électronique, aidé en partie, par le financement Gouvernemental. Mais le vrai prix, le développement de ce qui avait été découvert à Roswell, viendrait quelques années plus tard. Quand il arriva, à nouveau stimulé par les besoins de nouveaux développements d’armes militaires et de voyage spatial, il causa une autre révolution.
L’histoire du circuit intégré et du microprocesseur est aussi l’histoire d’une technologie qui a permis aux Ingénieurs d’intégrer de plus en plus de circuits dans des espaces de plus en plus petits. C’est l’histoire du circuit intégré, qui se développa à travers les années 60, qui se développa ensuite à un haut niveau d’intégration dans les années 70, juste avant l’émergence des vrais ordinateurs individuels et le très haut niveau d’intégration au début des années 80.
Aujourd’hui, les ordinateurs à 200 méga-hertz sont le résultat de la technologie, des circuits intégrés, commencée dans les années 60 et qui continue aujourd’hui.
Le bond entre le circuit intégré basique à transistors et la haute intégration fut possible grâce au développement du microprocesseur en 1972.
Cette année marqua le début de l’industrie des micro-ordinateurs, bien que le premier ordinateur n’apparaisse sur le marché qu’avec le 8080A d’Intel. En 1979, Apple Computer avait commencé à vendre le premier ordinateur qui poussa la révolution du micro-ordinateur à une vitesse supérieure. Et au début des années 80, avec l’introduction du Macintosh d’Apple, pas seulement le lieu de travail mais le monde entier ressembla à un endroit très diffèrent de celui qu’il était au début des années 60.
C’est comme si, de 1947 à 1980, un changement fondamental avait eu lieu dans la capacité de traitement de l’information au niveau du cerveau humain.
Les ordinateurs eux-mêmes étaient devenus une sorte de forme de vie basée sur le silicone.
Si tout ceci est vrai, n’est il pas indiscutable que les plaques de silicone découvertes à Roswell étaient les vraies maîtresses et les voyageurs de l’Espace ou les Créatures extraterrestres leurs hôtes ou leurs serviteurs ?
Une fois implanté avec succès sur Terre, notre culture a atteint un point ultime de vivacité d’esprit, à travers le développement des ordinateurs digitaux qui n’est plus le courant normal de développement, en commençant par le développement du transistor qui nous a transporté à un point où nous achevons la symbiose avec le matériel de silicone qui transporte nos données et nous rend capables de devenir plus créatifs et donc victorieux.
Peut-être que le crash de Roswell qui nous a permis de développer la base de la technologie des systèmes d’armes pour protéger notre planète des EBEs, était aussi le mécanisme pour une implantation, réussie, d’une forme de vie non-humaine qui survit d’hôte en hôte comme un virus, un Ebola digital, que les hommes emmèneront un jour sur une autre planète. à moins que, quelqu’un ne veuille implanter le parfait espion ou mécanisme de sabotage dans une autre Culture ?dès lors l’implantation des microprocesseurs dans notre technologie par les EBEs serait la méthode parfaite.
Peut-être que le crash de Roswell en 1947 était un événement qui attendait d’arriver, comme un fruit empoisonné tombant d’un arbre sur le sol. Le fruit une fois mordu, le poison ferait effet.
« Retenez vos chevaux  » disait le Général Trudeau quand Corso spéculait trop. « Souvenez-vous, vous devez vous adresser à un groupe de Scientifiques, des gens chez Bell Labs qui attendent de voir vos rapports quand vous aurez fini d’en parler au groupe d’Alamogordo. »
C’était en 1951 et la miniaturisation des circuits électroniques et des ordinateurs avait déjà commencé, mais les rapports de Corso pour le Général et les rendez-vous qu’il lui avait arrangé à Sperry-Rand, Hughes, et Bell Labs étaient des réunions avec des Scientifiques afin de déterminer comment leurs unités respectives allaient procéder pour l’application des circuits miniaturisés à l’intérieur des études de systèmes d’armements.
L’inspiration pour les micro-circuits était tombée du ciel, à Roswell, et avait orienté le développement des ordinateurs digitaux dans une direction entièrement nouvelle. C’était maintenant le travail de Corso d’utiliser les processus de développements d’armes et plus précisément développement des systèmes de guidages pour les missiles balistiques, afin d’appliquer les systèmes de micro-circuits dans ces nouvelles générations d’armes.
Le Général Trudeau et Corso faisaient partie des premiers éclaireurs dans ce qui serait la guerre de l’électronique des années 1980.
« Ne vous inquiétez pas, mon Général, j’ai établi tous mes rendez-vous  » dit il à Trudeau. « je pense, toutefois, que les gens à Bell Labs ont déjà vu ces choses là , auparavant  ».
Et ils les avaient effectivement vu...en 1947.
14 - Le laser
Alors que Corso épluchait sa liste, écrivant des rapports consultatifs et des recommandations pour le Général Trudeau à propos du potentiel de chacun des articles, il perdit toute notion de temps.
Il pouvait suivre, sur la rive opposée du Potomac, les progrès de la vision nocturne : Fort Belvoir, alors que l’été finissait. Il se rendait compte qu’il faisait maintenant, nuit alors qu’il quittait le Pentagone. Et il faisait également noir lorsqu’il rentrait au Pentagone le matin. Il avait pris l’habitude d’utiliser différents itinéraires pour aller au Pentagone au cas où la CIA le suivrait.
Lui et le Général Trudeau étaient enracinés dans une longue journée routinière aux RD. Ils avaient leurs réunions matinales à propos du dossier Roswell - il appelait aussi ça « le tas de vieilleries  » parce que c’était plein de morceaux et de débris qui provenaient de plus grands morceaux cassés - mais ils avaient enterré si profondément les projets de développements du matériel de Roswell que même les autres, qui travaillaient avec eux tous les jours, ne savaient rien de ce qui se passait.
Ils avaient classé le travail qu’ils faisaient avec tant de précaution que lorsqu’il fallait discuter de Roswell, ils faisaient en sorte que personne d’autre ne soit dans le bureau, ou s’arrangeait pour continuer à en discuter dans un endroit où ils ne pouvaient être écoutés alors que quel qu’un était entré dans la pièce.
La mission de Corso aux RD était d’alimenter les projets de développements en cours avec des informations et des renseignements venant de sources extérieures, hors des circuits militaires réguliers. S’ils étaient en train de développer des méthodes pour protéger la nourriture et que les Italiens ou les Allemands avaient un procédé qui semblait fonctionner, c’était le travail de Corso de tout apprendre sur celui-ci et de glisser l’information dans le processus de développement.
Même s’il n’y avait pas de développement officiel pour un article précis, si Corso entendait parler de quelque chose qui pouvait être utile à un commandant de l’Armée, même si c’était le Corps Médical, les Transmissions, le groupe Motorisé, l’Ordonnancement ou même la Timonerie, c’était le travail de Corso de trouver un moyen pour faire du goutte-à -goutte de cette information sans faire une ride en surface.
C’était la couverture parfaite pour ce que faisait Corso avec le dossier Roswell.
Le Général Trudeau et lui, avaient des réunions régulières sur les projets en cours aux RD, ceux dont ils avaient hérités du commandement précédent et ceux qu’ils voulaient démarrer.
Les Officiers qui avaient été assignés aux RD avant eux, avaient leurs propres projets en cours de développement, aussi, le Général avait donné à Corso la tâche de trouver ces projets avec les informations et les renseignements nécessaires, peu importe leurs provenances, sans perturber ce que les officiers faisaient et sans interférer avec leurs équipes.
C’était difficile à réaliser parce qu’il devait travailler dans le noir et clandestinement, même auprès de ses propres collègues dont les réputations auraient été détruites si une relation « au matériel de soucoupe volante  » venait à s’ébruiter dans le cadre de leurs travaux en cours.
Néanmoins, au même moment, la plupart des Officiers de haut rang au Pentagone et les membres clefs de leurs équipes savaient que la technologie de Roswell flottait à travers la plupart des nouveaux projets en cours de développement. Ils avaient aussi, vaguement, connaissance de ce qui c’était passé à Roswell d’après la dernière version du Groupe de travail d’Hillenkoetter / Bush / Twining, qui avait du personnel oeuvrant au Pentagone.
En plus du travail officiel de Corso qu’il appelait « travail journalier  » sur des projets réguliers et de son travail clandestin sur le dossier Roswell, son autre rôle officiel, mais bien souvent informel, était celui de délégué du Général Trudeau. Quand le Général avait besoin d’information pour l’aider à redéfinir ses priorités budgétaires ou d’informations pour l’aider à compiler des budgets supplémentaires de développements, il demandait souvent à Corso de l’aider ou de lui donner son avis.
Corso fonctionnait comme l’officier de renseignement du Général, l’aidant pour ses réunions avec les informations nécessaires, l’aidant même quand il devait rencontrer les comités du Congrès et le défendre, lui et la division, contre les attaques hebdomadaires des Officiers des autres branches militaires ou des Agences de renseignement ou de développements, civiles.
Tout le monde voulait savoir ce que les RD savaient et à quoi étaient consacrées leurs dépenses. De cette façon ils n’avaient pas à se chamailler avec ceux qui voulaient savoir ce que l’argent du peuple Américain permettrait d’élaborer et de lui mettre, par la suite, à disposition, avec toutefois une seule exception : Roswell.
Même les gens des RD pouvaient se sentir frustrés quand le Général Trudeau se tournait vers Corso, en cours de réunions et pouvait dire, « Connaissiez-vous l’information sur la vision nocturne que vous avez envoyé à Fort Belvoir il y a quelque temps ?où avez-vous trouvé ce dossier ?  » comme Corso ne pouvait pas rester muet, il disait, « Je ne pense pas avoir eu l’occasion de voir ça auparavant, quelqu’un d’autre devait l’avoir en charge  » alors Corso haussait simplement les épaules et disait « Je ne sais pas, mon Général, peut-être que c’était quelque part dans les dossiers. Je vais aller voir.  ».
C’était du cinéma et beaucoup d’Officiers, qui les suspectaient d’avoir une planque d’information quelque part, savaient qu’ils cachaient quelque chose. Mais s’ils étaient dans la carrière, c’est qu’ils savaient comment, au Pentagone, se jouait la version du voleur de jambon. Les RD possédaient les infos et les cachaient. Personne ne trouverait quoique ce soit, tant qu’ils ne laisseraient pas faire.
La CIA était si frustrée de n’avoir aucune information d’eux qu’elle commença à observer de plus près les contrôleurs Soviétiques qui étaient dans les parages de Washington et qui travaillaient pour les contrôleurs du KGB dans les Ambassades.
Parce que la CIA savait parfaitement comment les Universités étaient infiltrées, elle pensa qu’elle pourrait avoir des informations, par rebond, en photographiant ce qui se trouvait à l’intérieur des photocopieuses de l’ambassade Russe, à Washington.
Et bien sà »r, il y avait la rumeur circulant autour de l’échange de Scientifiques entre l’industrie et le milieu universitaire.
La CIA savait qu’il se passait quelque chose aux RD et c’est pourquoi les RD essayaient de garder le cercle autour d’eux aussi serré que possible. Corso devait donc garder un oeil sur le Général, ne pas le laisser aller à des réunions sans protections, en étant tout le temps sà »r que la CIA sache bien qu’elle devrait passer par-dessus Corso pour avoir le Général Trudeau et tout ce qu’il savait.
Et la CIA savait que Corso savait ce qu’elle faisait, sachant qu’un jour il y aurait une confrontation. Corso et le Général Trudeau avaient rapidement établi leurs routines dès 1961 et la façon dont ils effectuaient leur travail semblait bien fonctionner. La vision nocturne était en cours de développement à Fort Belvoir, et les Chercheurs qui travaillaient pour eux avaient fait en sorte que les plaquettes de silicone arrivent dans les mains de ceux qui travaillaient, pour eux, à Bell Labs en leur assurant que ça avait déjà trouvé une voie de développement dans une nouvelle génération de circuit transistorisé.
Les puces de silicone étaient un camouflage de réintroduction pour les gens de Bell Labs parce que les puces avaient été présentées initialement aux Fournisseurs de la Défense suite au crash de Roswell dés 1947, dans les semaines suivant l’envoi du matériel de Wright Field.
Une histoire similaire d’introduction et de réintroduction s’était déjà produite avec la stimulation d’un rayonnement d’énergie. Une arme, pensèrent les premiers Analystes en regardant l’épave du vaisseau de Roswell.
Bien que la technologie du rayon d’énergie dirigé ait été déjà déployée pendant la Deuxième Guerre Mondiale, ce qu’ils en voyaient maintenant était une version très avancée de cette technologie, tellement avancée qu’elle devait venir d’un autre monde.
Ça excitait tellement les Analystes qu’ils voulaient le passer aux Scientifiques aussi vite que possible. Au début des années 50, une version du rayonnement d’énergie stimulée avait trouvé son chemin dans la Communauté scientifique, version à partir de laquelle furent développées de nouvelles productions autour du processus de génération de micro-ondes.
La plupart des Américains vivant en 1950 se rappellent l’introduction du four à micro-ondes qui les aidèrent à « vivre mieux électriquement  » dans leurs nouvelles cuisines modernes. Un des dispositifs miraculeux qui surgit sur scène, dans les années 50, fut la promesse de cuire la nourriture en deux fois moins de temps que les fours traditionnels, même si la nourriture était initialement complètement gelée.
La théorie derrière le four à micro-ondes qui commença à apparaître, pour un long et profitable chemin, fut formulée en 1945 avec la première commercialisation d’un four à micro-ondes au Massachusetts en 1947, avant toute dissémination de renseignement ou de matériel provenant du crash du vaisseau de Roswell.
Mais dans l’épave de ce vaisseau, les Scientifiques des essais de vols à longues portées, à Alamogordo, rapportèrent que les occupants du vaisseau semblaient utiliser des instruments de stimulation d’ondes très avancés, qui d’après leurs analyses, établiraient la base pour la physique de base d’un générateur micro-ondes.
L’équipe de récupération qui avait enlevé l’épave du désert avait aussi trouvé un petit appareil tronqué avec une source lumineuse interne qui lançait un intense rayon de lumière, sur une courte distance et qui pouvait couper le métal.
Ceci, pensaient les ingénieurs de Wright Field, était aussi basé sur une stimulation d’ondes. Les questions étaient : comment les EBEs utilisaient la stimulation d’onde et comment les Américains pourraient-ils l’adapter à une utilisation militaire ou la glisser dans un développement déjà en cours ?
En 1954, alors que Corso était à la Maison blanche, le NSC recevait déjà une théorie, développée par Charles H. Townes, qui décrivait le comportement des atomes d’un gaz qui pouvaient être excités à un très haut niveau d’énergie par l’application d’énergie explosive.
Ce gaz délivrant son excès d’énergie sous forme de micro-ondes et à une fréquence très précise pouvait être contrôlé. En théorie, pensaient-ils, le rayon d’énergie pourrait être un signal de support de transmission de communications, voire même un amplificateur de ce signal. Quand le premier maser fut assemblé aux laboratoires Labs en 1956, il fut utilisé comme chronomètre en raison du calibrage exact de sa fréquence.
Le maser, toutefois, était seulement le précurseur de la production à venir ; le laser, qui révolutionnerait tous les aspects de la technologie qu’il toucherait. Il pouvait être aussi utilisé comme une arme qui les aiderait à déployer une menace réaliste face aux EBEs qui semblaient vouloir déclencher une guerre nucléaire entre les Super-puissances.
Là où le maser n’était qu’une amplification de micro-ondes, le laser était, lui, une amplification de lumière, et les théories conduisant à son élaboration circulaient dans la petite communauté des développeurs d’armes, bien avant que Bell Labs ne produise le premier maser.
Corso avait vu des descriptions du laser EBE dans les rapports du crash de Roswell, un faisceau de lumière si fin qu’on ne pouvait le voir que lorsqu’il se fixait sur une cible. Quel était l’usage de ce générateur de faisceau ? avait demandé le groupe à Alamogordo. Il ressemblait à un appareil de communication ou de ciblage, semblait avoir une portée limitée et si un bon support de puissance était découvert pour amplifier le faisceau de lumière afin de traverser le métal, il pourrait se transformer en perforateur, poste à souder, ou même en arme dévastatrice.
Alors que Corso était à la Maison Blanche, les trois branches militaires travaillaient déjà avec des Chercheurs universitaires sur le développement d’un laser fonctionnel. Finalement, en 1958, l’année où Corso quitta la Maison Blanche, il y eut une poussée dans l’activité de recherche et plus spécialement à l’Université de Colombia, où, deux ans plus tard, le physicien Théodore Maiman construisit le premier laser opérationnel.
La première démonstration pratique du laser prit place en 1960 au moment ou Corso rejoignit le Pentagone. Au Pentagone, le Général Trudeau avait mit le laser dans leur liste de développements prioritaires à buts militaires. Comme l’appareil à stimulation d’énergie était au milieu des débris technologiques découverts à Roswell, le développement Américain du laser englobait les conditions spéciales d’urgences de la mission de Corso sur Roswell. Il devait écrire un rapport au Général Trudeau suggérant les possibilités d’utilisations de la technologie laser par les EBEs dans leurs missions sur Terre et comment ils pouvaient développer la même chose sous le couvert d’un développement conventionnel.
En d’autres termes, une fois qu’ils auraient imaginé comment les Extraterrestres l’utilisaient, ça devait devenir leur modèle de développement pour des applications similaires.
Ils pensaient que les EBEs utilisaient les lasers pour la navigation, en émettant des rayons dans l’espace et en les récupérant afin de trianguler une trajectoire, pour communiquer, en utilisant le laser comme vecteur de signal ou comme signal lui-même, pour la surveillance, en peignant des cibles potentielles avec un faisceau ou pour un moyen de transport d’énergie, d’illumination et même comme accumulateur de données. L’intensité et l’intégrité du faisceau laser aurait pà » servir aux EBEs comme moyen de communication primaire pour de grandes distances et même comme moyen de stocker des communications en paquets pour une livraison future.
Toutefois, c’est l’utilisation du laser par les EBEs comme outil médical ou, en fin de compte, comme arme qui les fit frissonner car pour eux, il était évident que les Extraterrestres avaient des intentions hostiles.
Si les Extraterrestres considéraient les Humains comme de vrais ennemis à détruire ou alors voyaient la Terre comme un laboratoire de spécimens à fin d’expérimentation, les résultats faisant suite à toutes les carcasses d’animaux ramassés sur le terrain par les équipes chimiques, biologiques et nucléaires de récupérations pourraient être très semblables.
De 1961 à 1963, au Pentagone, Corso eut connaissance de rapports de terrain d’agences de police locale et d’État, à propos de la découverte de bétail mort dans lequel les carcasses semblaient systématiquement avoir été mutilées, ainsi que des témoignages de personnes disant avoir été enlevées par les Extraterrestres et avoir été l’objet d’expériences.
Un des fils conducteurs de ces théories était constitué avec les rapports d’enlèvements qui décrivaient comment les personnes avaient été soumises à une sorte d’opération chirurgicale avec un faisceau de lumière, fin et intense. La police locale rapporta que lorsque les vétérinaires étaient appelés sur le terrain pour examiner le bétail mort, ils trouvaient souvent des preuves que, non seulement le sang de l’animal avait été pompé, mais que des organes entiers étaient déplacés avec une adresse chirurgicale ce qui ne pouvait pas être le fait d’un prédateur ou d’un vandale prenant les organes pour quelque rituel dépravé. On pouvait aussi trouver des preuves de meurtres ou de mise en scènes macabres, d’habitude mises en évidence par la maladresse de l’effort de mise en scène intentionnelle des carcasses.
Et dans la grande majorité des cas où l’animal était tué par un prédateur qui avait consommé son sang et transporté au loin des organes internes, les marques de dents ou la brève lutte lors du passage de la vie à la mort étaient des indicateurs évidents sur ce qui c’était passé.
Mais dans les cas où les enquêteurs disaient avoir été déconcertés par ce qu’ils avaient trouvé : l’ablation d’organes et le drainage complet du sang de l’animal, étaient faits de manière si sophistiquée qu’il n’y avait pas de dommages subis par les tissus environnants. On supposa même, dès le début des années 60, que quel que soit ce qu’utilisaient les EBEs, ce quelque chose n’avait même pas besoin de pénétrer ou d’endommager les tissus environnants. Les instruments médicaux disponibles à l’époque étaient loin d’égaler les capacités de ce qu’avaient les Extraterrestres. Le résultat était bien supérieur à la précision de leurs propres appareils chirurgicaux.
Corso fut intrigué par ces rapports alors qu’il se trouvait à la Maison Blanche et par la suite au Pentagone. Il se rappelle également qu’aussi bien le Personnel civil que militaire, attaché aux Équipes qui travaillaient pour les groupes de Twining et d’Hillenkoeter sur les ovnis, dans les années 50, était activement engagé dans la recherche de méthodes chirurgicales qui pourraient produire des « Preuves du crime  » comme celles-ci.
Les Russes y étaient-ils mêlés, pensèrent-ils d’abord ? Étant donné le climat tendu de la Guerre froide, la peur que les Soviétiques expérimentent sur le bétail Américain afin de développer une arme biologique ou une toxine qui pourrait dévaster les troupeaux n’était pas si paranoïaque. Il suffit de dire sans rentrer dans les détails, que les Américains pensaient aux mêmes types d’armes, donc ce n’était pas aller chercher bien loin que de prétendre qu’ils protégeaient leurs propres stratégies du « jugement dernier  », au vu de ce que les Russes pouvaient, peut-être avoir.
Mais ce n’était pas les Russes qui s’en prenaient au bétail. C’était les EBEs qui expérimentaient avec les organes, peut-être pour la transplantation dans d’autres espèces ou pour produire une sorte de bloc nutritif ou même pour créer une nouvelle entité biologique hybride. C’était ce à quoi pensaient les gens rattachés au groupe de travail dans les années 50 et 60.
Bien que le premier rapport public sur les mutilations de bétail ait fait son apparition en 1967 au Colorado, à la Maison blanche, ils étaient au courant des mutilations depuis le milieu des années 50, et plus particulièrement dans la zone englobant le Colorado. On spécula aussi sur le fait que les compagnies pharmaceutiques pouvaient être derrière tout ça voulant utiliser les organes et tissus pour des expérimentations biologiques, mais cette hypothèse fut rejetée parce que toutes ces compagnies avaient leurs propres élevages et pouvaient disposer de tout ce dont elles avaient besoin.
Les Organisations de renseignement et surtout le Groupe de travail pensaient que les mutilations de bétail qui ne pouvaient pas être expliquées par des prédateurs, des farces ou par des massacres rituels, étaient le résultat direct de l’intervention des Extraterrestres pour la recherche d’organes.
Donc si les troupeaux Terriens avaient autant d’importance pour les EBEs, au point de prendre tellement de risques et de s’exposer, il s’imposait de savoir pourquoi.
Les EBEs avaient une efficacité froide et clinique, qui rappelait la méthode Nazie, ils ne perdaient pas de temps au sol, où ils étaient très vulnérables à une attaque, s’ils n’avaient pas une bonne raison de le faire.
Dans les années 50 et 60, les Américains ne connaissaient pas les raisons de ces agissements et pouvaient seulement spéculer, ça les plongeait dans la terreur jusqu’à ce qu’ils trouvent le moyen de se protéger des EBEs qui se servaient d’eux comme tissus de remplacement ou de source nutritionnelle.
En 1997, cela ressemble au cauchemar sorti d’un film d’horreur de soucoupes volantes, mais en 1957, c’était ce à quoi ils pensaient, aussi bien à la Maison Blanche que dans l’Armée.
Ils ne comprenaient pas mais avaient des preuves irréfutables selon lesquelles les EBEs atterrissaient dans les fermes, récupéraient les organes vitaux du bétail pour ensuite laisser les carcasses sur le sol sachant que les humains ne pouvaient rien faire.
Quiconque en avait après le bétail était particulièrement intéressé par les mamelles, le système digestif, et les organes de reproduction, spécialement l’utérus des vaches. Dans beaucoup de cas, les yeux et la gorge étaient retirés par une méthode chirurgicale où la ligne de démarcation était microscopique et les tissus environnants démontraient que l’incision était soumise à très haute température, vu qu’ils étaient noircis après refroidissement.
Dans ces rapports de mutilations, l’examen médico-légal ne montrait pas de preuves de traumatismes collatéraux ou même d’inflammation. Par conséquent, pensaient-ils, les coupures pour extraire les tissus étaient si rapidement faites et la blessure étanchée si vite que les tissus environnants n’étaient jamais détruits. Cela montrait que, quel que fut ce qui opérait les animaux, ce quelque chose le faisait en quelques minutes.
Donc s’ils ne pouvaient pas protéger le bétail et s’ils ne réagissaient pas avec intelligence aux histoires d’abductions humaines, sauf par dé-bunkage (fausses allégations) ou en faisant croire aux personnes ayant été enlevées qu’elles avaient eu une hallucination, ils devraient trouver les armes qui les mettraient sur un pied d’égalité, face aux EBEs. Une de ces armes, qui avait un large potentiel d’application, était le laser, l’objet que l’Armée avait trouvé dans le vaisseau de Roswell et qu’elle développerait plus tard comme arme en coopération avec Hughes Aircarft.
Peu de temps après la première démonstration réussie d’un laser rouge à l’université de Columbia, les trois branches militaires réalisèrent qu’elles avaient misé juste. L’année suivant les résultats des tests à Columbia, l’intérêt industriel pour le développement du laser et le rapport de Roswell sur l’énergie stimulée arrivèrent tous les deux sur le bureau de Corso. Maintenant, c’était à son tour d’être impliqué et de rassembler l’information pour le développement du laser avec des fonds militaires avant que l’opération entière ne soit expédiée à un spécialiste des RD qui voudrait faire suivre la production aux niveaux suivants.
C’était leur façon de travailler : Corso alimentait le jeu, assurant le coup, puis disparaissait. Pendant que le porteur de la balle faisait son chemin, Corso était déjà hors jeu.
Corso commença par lister les besoins de l’Armée par rapport à ce que le laser était capable d’accomplir. En se basant sur ce que les Analystes militaires avaient vu dans le vaisseau de Roswell, il semblait à Corso, que si le laser de Roswell était un couteau ou un outil chirurgical, le faisceau pourrait être aussi analysé comme une arme avancée de tir rapide.
Avec un faisceau dirigé si précis, le laser pourrait se révéler aussi un excellent télémètre et gestionnaire de cible pour l’artillerie. Si le faisceau était capable de se réajuster instantanément et d’être incorporé dans un ordinateur, il serait aussi le parfait système de ciblage pour un char d’assaut, surtout un char d’assaut en mouvement.
Et si un laser pouvait peindre la cible d’un char d’assaut et trouver la distance de tir, Corso spécula qu’il pourrait faire la même chose d’un hélicoptère.
Corso suggéra au Général Trudeau que toutes les recherches qu’ils allaient entreprendre pour les hélicoptères tactiques se rejoindraient parfaitement considérant les possibilités du laser comme mécanisme de télémétrie. Ils pourraient peindre les troupes amies pour les localiser, identifier leurs ennemis et détruire leurs cibles potentielles avec une lumière invisible à tous.
Comme signal, un laser est si intense, et parfaitement stable qu’il est inaccessible à toutes sortes de perturbations. Pour cette raison, Corso fit valoir au Général Trudeau que les EBEs devaient utiliser une sorte de forme avancée de laser pour leurs communications, eux pouvaient aussi le faire. Les lasers avaient aussi la capacité de transporter des signaux multiples. Par conséquent ils devaient pouvoir assembler un grand nombre de fréquences de transmissions dans un signal laser qu’ils pourraient ensuite récupérer avec leurs systèmes de transmissions habituels. Cela voulait dire qu’ils pouvaient littéralement inonder une zone de combat avec différentes sortes de canaux de communication, chacun portant différentes qualités de transmissions dont certaines restaient à inventer.
Le Général Trudeau se dit aussi intéressé par un article écrit par d’autres Observateurs, dans un des rapports de spécifications que les lasers pourraient aussi servir comme moyen de protection en projections de grands écrans.
Les lasers étaient si lumineux que les projections pouvaient se faire dans une pièce éclairée. Le Général vit la possibilité de monter des « salles de situation » avec des projections grand écran équipées pour les transmissions de satellites radars. La pièce permettrait aux informaticiens de suivre ce qu’ils faisaient sur leur clavier tout en surveillant les écrans et en recevant les instructions.
Corso suggéra que la division militaire de cartographie serait particulièrement intéressée par la capacité de mesure du laser pour les cartes. La même capacité de mesure pouvant générer une image digitale du sol pour aider les hélicoptères en vol à basse altitude. Corso avait eu l’idée de cette évolution en lisant les rapports d’analyses sur des ovnis qui avaient eux aussi cette capacité.
C’est ce qui leur permettait de se déplacer très près du sol et de se mouvoir à des vitesses supérieures à 1000 miles/heure au niveau de la cime des arbres sans heurter quoi que ce soit.
L’appareil laser à l’intérieur de l’ovni fournissait instantanément la topographie du paysage et le vaisseau s’adaptait automatiquement au terrain.
Fin 1961, le Général Trudeau encouragea Corso à visiter Fort Belvoir de nouveau, cette fois pour rencontrer le Dr Mark Johnston, un des chercheurs en aéronautique de Hughes Aircraft.
Fort Belvoir était un des lieux sécurisés où les RD pouvaient avoir des réunions. Les allése et venus de Corso de là -bas jusqu’au RD étaient pure routine, même si les équipes de surveillances de la CIA suivaient parfois sa voiture à la sortie du Pentagone. La réunion de Corso avec Johnston était faite pour évoquer le programme de développement des hélicoptères Hughes, pas pour lui donner ses rapports sur les appareils de mesure à laser qu’ils pensaient avoir trouvé dans le vaisseau de Roswell. Il parla sommairement à Johnston de ce que l’équipe de Scientifiques d’Alamogordo pensait se trouver dans le vaisseau, il lui demanda de ne pas parler de tout ça et lui suggéra que l’équipe de développement de Hughes devait considérer intégrer le nouveau développement du laser dans leur dispositif de mesure de terrain servant aussi à l’acquisition des cibles, dans leurs hélicoptères.
« Oui, bien sà »r  » lui assura Corso, « le bureau des RD aurait un budget de développement pour le projet de laser, si l’équipe RD de Hughes pensait que leurs idées étaient réalisables et qu’ils pourraient les développer.  »
C’est exactement ce qui arriva. Aujourd’hui, le laser est devenu le H.E.L., High Energy Laser, déployé pour le S.D.C. (Space Defense Command) étant entre autres choses, une arme anti-missile et anti-ogive.
La rencontre de Corso avec Hughes fut brève et directe. Comme beaucoup de Chercheurs que Corso avait rencontré à Hughes, Dw, IBM et Bell, Johnson avait disparu derrière un bureau, des écrans radars ou des tubes à essais dans l’arrière-salle et il ne le revit jamais.
Quand le Général Trudeau demanderait à Corso de suivre le projet des mois plus tard, un représentant d’une nouvelle entreprise le rencontrerait et le projet ressemblerait à tous les autres contrats de recherche démarrés par les RD.
Toutes traces de Roswell auraient disparu et le projet se serait inséré dans les rouages normaux des RD.
Bien évidemment l’appareil n’était jamais sorti de l’incident de Roswell. L’incident était juste un mythe, il n’avait jamais eu lieu. Cela était venu du bureau des Technologies Étrangères, quelque chose sur lequel travaillaient les Italiens ou les Français et que les Américains avaient récupéré à travers leurs sources de renseignement.
Leurs efforts sur la production du laser avaient tellement bien réussi fin 1961, que le Général Trudeau pressa Corso à diffuser cette richesse à toutes les bases militaires possibles.
Corso s’entretint, par exemple, avec des experts en armements à Fort Riley, Kansas, à propos de l’utilisation du laser sur le terrain par les troupes. Peut-être comme télémètre, suggéra-il.
Dans une de leurs dernières impulsions pour le développement de systèmes d’armements basés sur le laser, ils argumentèrent, avec succès, pour un budget de développement d’un système de suivi des missiles. Ce fut un projet ou ils trouvèrent une très forte opposition de la part des autres branches militaires. Le laser était trop nouveau, argumentèrent-ils. L’interférence atmosphérique ou les gros nuages déformeraient le laser sur les longues distances, dirent-ils ou il utiliserait trop d’énergie et serait intransportable.
Le Général Trudeau et Corso avaient un autre programme en vue pour ce projet qu’ils ne pouvaient pas partager avec tout le monde.
Ils pensaient que les lasers pouvaient être utilisés pour autre chose que le suivi des missiles, c’était évident. Ils voyaient le laser comme la meilleure arme pour, non seulement suivre les ovnis au sol, mais aussi, s’ils pouvaient en augmenter, la puissance à un niveau adéquat, pourquoi pas les descendre.
Descendons quelques ovnis, pensaient-ils, et ils ne violeront plus l’espace aérien avec tant d’impunité. Équipons les avions de chasse ou les intercepteurs avec des appareils de tirs lasers et nous pourrons devenir une menace crédible face à Eux.
Équipons nos satellites avec des appareils de tirs lasers et nous pourrons trianguler une fenêtre de tir sur les ovnis qui garderont leurs distances de nos vaisseaux orbitaux.
Mais tout cela n’était que spéculation en 1961.
Seules quelques personnes dans les autres branches des RD soupçonnaient ce que Corso et Trudeau faisaient. La NASA avait ses propres plans pour développer un système de poursuite laser et ne voulait pas partager de budget de développement avec l’Armée, il y avait donc une aide très limitée à espérer de la NASA.
L’Air Force et la Navy gardaient leurs propres budgets de développements pour les armes lasers et ils ne pouvaient pas compter sur les Agences Civiles de renseignement.
Donc Corso et le Général Trudeau commencèrent à plaider en faveur d’un plan de couverture au développement du pisteur laser et d’autres projets sophistiqués de surveillance. Ça paraissait un peu excessif, comme ça mais il trouva vite des partisans, de cette manière le vrai programme pourrait être complètement masqué. Ils ne pourraient jamais l’appeler appareil anti-ovni, donc ils l’appelèrent le missile anti-missile. C’était un des projets le plus couronné de succès jamais sorti des RD. Il produit bien plus que les théories sur la découverte du laser dans le vaisseau de Roswell.
15 - Le projet missile anti-missile
Durant la présence de Corso au Pentagone, il y eut certaines fois, où celui-ci se posa la question de savoir s’il n’y avait pas un plan global plus vaste que son propre travail.
Corso avait lu, au cours des années qui suivirent son départ à la retraite de l’Armée, des propos sur le concept de la synchronicité ou confluence et comment des choses où des événements tendaient à un même but, avec un fil conducteur commun. Comme fil conducteur, il y avait le développement du missile anti-missile qui englobait le travail de Corso aux RD, sa brève période comme conseiller d’équipe pour le sénateur Thurmond, et ses années à Rome, pendant la guerre, comme assistant du chef d’équipe (G2), au « Rome Area Allied Command  ».
Début 1963, juste après que Corso ait quitté le Pentagone, le sénateur Thurmond lui demanda de rejoindre son équipe comme consultant ou conseiller sur les problèmes de Sécurité Nationale et Militaire. Le Congrès venait juste d’approuver un budget de 300 millions de dollars afin d’enquêter sur la faisabilité d’un programme de missile anti-missile. Mais celui-ci s’était retrouvé bloqué au moment où Corso quittait le Sénat. Le secrétaire à la Défense, Robert McNamara, refusait carrément de dépenser l’argent parce que, disait-il, non seulement ce programme intensifierait la course avec les Soviétiques, mais il constituerait une offense pour le Kremlin en dévoilant ce que les Américains tentaient de mettre en place : une force de première frappe afin de neutraliser leurs ICBMs. Encore pire, dit-il au Congrès, les Militaires Américains n’avaient simplement pas besoin de cette arme.
Le sénateur Thurmond était irrité et Corso était profondément soucieux. McNamara était vraiment mal informé sur la façon dont les Soviétiques réagiraient face à un déploiement d’armes de la part des USA. Les Russes négocieraient avec les Américains seulement dans leur meilleur intérêt. La CIA avait l’oreille de McNamara et lui donnait exactement les informations de désinformation que les experts Soviétiques voulaient qu’il ait : ne développez pas le missile anti-missile.
Le Général Trudeau et le Colonel Corso avaient un programme secret qu’ils avaient utilisé au Pentagone les années précédentes. Le missile anti-missile, en utilisant le ciblage et le pistage laser, était supposé être le parfait mécanisme pour obtenir les fonds afin de développer une arme à canon laser qu’ils pourraient utiliser, finalement, contre les ovnis.
En définitif, c’est le parcours qu’ils planifièrent. Le Général l’avait porté dans les dédales de la bureaucratie du Pentagone pendant que Corso se couvrait du côté législatif, certifiant au comité militaire l’efficacité d’une arme capable de protéger les forces stratégiques militaires Américaines avec un parapluie.
Si un pays était assez fou pour essayer de les attaquer, le missile anti-missile émousserait, non seulement leur offensive, mais rendrait les USA capables de non seulement dévaster les forces militaires ennemies mais aussi de tenir leurs populations en otages.
Pour le Département de la Défense, le déploiement d’un missile anti-missile encouragerait leurs ennemis à attaquer en premier leurs cités et à anéantir leurs populations civiles. Quels étaient les intérêts d’avoir une capacité de première frappe si les dommages à attendre en retour étaient déjà en route ?
Le seul moyen de préserver les populations civiles était que chaque côté possède le moyen de tenir la force nucléaire ennemie en otage. Si chaque côté pouvait dévaster la force nucléaire de l’autre, cela donnerait le temps de s’arrêter avant une destruction mutuelle des populations.
Mais le secrétaire à la Défense ne comprenait pas la guerre. Il ne voyait pas les leçons qu’avait apprise l’Union Soviétique pendant la Deuxième Guerre Mondiale quand ses populations avaient été dévastées et que les gens en étaient arrivés à un point de privation tel, qu’ils se cannibalisaient les uns les autres. Ce genre d’expérience ne vous endurcit pas, elle vous éduque.
Le seul espoir de victoire des Soviétiques dans la Guerre Froide était de faire baisser la garde des USA et de les faire capituler. En refusant d’aller de l’avant avec le missile anti-missile, le secrétaire à la Défense écoutait les arguments qui lui étaient donnés au compte-goutte, par des gens des renseignements civils qui étaient dirigés par le KGB. La réaction du sénateur Thurmond, suite au refus de Bob McNamara d’affecter les sommes au projet missile anti-missile, fut d’en appeler au sous-comité afin d’étudier ce problème.
Le département de la Défense ne voulait pas divulguer une information classifiée sur les capacités d’une arme proposée ainsi que sur sa politique de défense avant une séance publique au Congrès. Donc Fred Buzhardt, qui devint plus tard le conseiller de Nixon, suggéra que le sénateur Thurmond utilise un privilège sénatorial pour clore la séance du Sénat, de manière à ce que la discussion sur le problème du missile anti-missile puisse être discutée, en privé, avant la séance du Sénat. D’abord, il devait se procurer des informations spécifiques auprès du Département de la Défense, cette tâche revint à Corso parce qu’il était le consultant du sénateur. Personne ne savait que Corso était celui qui avait élaboré les débuts du projet missile anti-missile et qui probablement le connaissait le mieux.
La première réunion avec le Département de la Défense eut lieu dans le nouveau bureau de Corso, dans les sous-sols du Capitole. Le sénateur McNamara envoya son propre conseiller scientifique, Harold Brown, qui devint plus tard le secrétaire à la Défense, accompagné par un Colonel de l’Armée qui était devenu le responsable du développement du projet missile anti-missile. Brown ne savait pas qui était Corso mais son assistant de l’Armée devait sà »rement le savoir.
« Mon Colonel  », commença l’officier dès que Corso lui posa une question sur leur demande d’information. Brown se tenait bien droit dans son siège. Graduellement, comme pour évacuer les éclats d’un bloc de granite, Corso questionna l’officier à propos des détails spécifiques du programme missile anti-missile : Combien de budget ils avaient déjà dépensé au Pentagone pour ce projet et quel serait leur délai de développement.
Puis il posa plus de questions techniques à propos de la recherche dans les radars souterrains, les radars satellites, spécula sur les stratégies Soviétiques des missiles anti-missiles.
Montés sur des camions où des véhicules ferroviaires, les missiles mobiles Soviétiques seraient impossibles à suivre même lorsqu’ils devraient s’arrêter pour faire le plein de carburant.
« Je vois que mon assistant continue à vous appeler Colonel, Mr. Corso  » dit Harold Brown, « et vous semblez connaître beaucoup de détails sur ce sujet.  ».
« Effectivement Monsieur,  » dit Corso, « je ne suis à la retraite que depuis quelques mois mais quand j’étais au Pentagone, j’étais l’officier responsable du projet missile anti-missile.  »
« Alors il n’y a aucune raison de rester sur nos gardes  » dit Harold Brown qui finalement sourit pour la première fois. Il sortit de sa poche une enveloppe pliée.
« Voici vos copies avec les détails complets du projet dont nous avons déjà instruit le Président Kennedy. Tout est là et je présume que c’est ce que vous vouliez, officiellement  » dit-il en insistant sur le mot « officiellement  ».
Il savait que Corso savait ce qui se trouvait dans l’enveloppe mais ne pouvait pas le dévoiler avant la consultation du Sénat parce qu’elle contenait des informations classifiées et Corso violerait le pacte de Sécurité Nationale en l’ouvrant.
Toutefois, en lui remettant cette enveloppe, Brown donnait à Corso la pleine autorisation pour sa diffusion. Brown réalisait que, probablement lors de séances privées, Corso avait déjà dà » parler de cette enveloppe mais il ne lui était pas possible d’en parler de façon formelle. Maintenant qu’il pouvait le faire, il apprécia la sincérité de Brown.
La bataille pour l’appropriation était sur le point d’être emportée, mais Corso ne pouvait pas prendre connaissance du contenu de l’enveloppe, dont une partie était ses propres notes, sans repenser à la suite des événements qui avaient conduit à cette réunion et au projet qui en découlerait comme résultante.
Cela avait commencé début 1962 alors que Corso travaillait sur la liste des priorités qu’il s’était imposées. On y trouvait un rapport médical sur les Créatures extraterrestres. C’était un rapport sur la fonction possible et la structure apparente du cerveau extraterrestre. Un rapport qui émerveillait par les similitudes entre le cerveau EBE et le cerveau humain. Toutefois, un article dans le rapport laissait Corso perplexe. L’examinateur médical y disait que les mesures de l’activité du cerveau prises sur l ’EBE, encore en vie, à Roswell montraient que sa signature électronique, en fait tout ce qu’ils étaient capables de mesurer avec l’équipement de 1947, présentait une signature similaire à ce que qu’ils appelaient, les ondes basse fréquence. Et l’examinateur se référait à une description d’un médecin de la base de Roswell selon laquelle les lobes du cerveau de la Créature ne semblaient pas seulement physiologiquement et neurologiquement intégrés mais aussi intégrés par un courant électromagnétique.
Corso aurait aimé penser que c’était seulement la spéculation d’un analyste qui n’avait pas l’expérience de ce type d’analyse et sà »rement pas d’expérience avec des Extraterrestres.
Par conséquent, ce qu’il avait écrit n’avait aucun sens. Mais le rapport médical perturbait Corso bien plus qu’il ne voulait l’admettre parce qu’il le renvoyait à l’époque où il avait été assistant du chef d’équipe, à Rome, là où il était devenu ami avec certains membres de l’Université de Rome.
Il avait 25 ans et était Capitaine et ingénieur durant cette période. Lors d’une de ses visites à l’Université, il rencontra le Dr Gislero Flesh, un professeur de criminologie et d’anthropologie, qui avait lu à Corso ce qu’il appelait sa théorie et ses expériences sur « les bases de la vie  ». Corso pensa que c’était une théorie sauvage et super-naturelle. Le Dr Gislero parlait d’un filament dans la cellule. Le filament était activé par une action cosmique ou par une radiation électromagnétique qui bombardait la Terre continuellement de l’espace et résonnait contre l’activité électrique constamment rafraîchie du cerveau.
« Mon Capitaine  » disait-il toujours dès qu’il commençait une explication. Corso pensait que le docteur était très surpris que quelqu’un de si jeune lui soit envoyé par le nouveau monde pour faire respecter la Loi et la Justice à Rome, la Capitale de l’ancien monde. Le vieux professeur avait aussi des scrupules devant quiconque, même devant ses étudiants, il était extraordinairement respectueux.
« Les forces électromagnétiques dans le corps sont les moins compréhensibles  » continua t-il, « bien qu’elles soient responsables de plus d’activités qu’on ne le pense.  »
En tant qu’ingénieur pour qui l’expérience avec l’énergie était faite avec des expériences vérifiables, Corso était plus que sceptique au début. Comment mesurer une activité électrique, dans le cerveau, que vous ne pouviez voir ? Comment des ondes invisibles d’énergie, que vous ne pouviez sentir ou voir, excitaient certaines parties des cellules humaines et qu’elles étaient leurs finalités ?
Le professeur Flesh présenta Corso au professeur Casmiro Franck, un des premiers Scientifiques à avoir photographié les ondes cérébrales. Le professeur Franck devint un ami de Corso parce que durant les jours de sa présence à Rome, en combattant les agents de la Gestapo, les partisans Communistes et les familles de la pègre locale, il était toujours engagé dans une guerre. Mais quand il avait du temps, il voulait rencontrer du monde, pour étendre son expérience, pour tomber amoureux de la ville de ses ancêtres qu’il se devait de protéger.
Dans les premières expériences de Franck, celui-ci utilisa un cerveau de lapin comme sujet de test. Il mesura ce qu’il disait être la longueur des ondes basses fréquences que le cerveau animal génèrerait, il décrivait comment il était en mesure de tracer la forme que prenaient ces ondes lorsqu’elles étaient transmises du cerveau de l’animal à ses muscles. Certains muscles, disait le professeur, étaient accordés pour répondre à certaines longueurs d’ondes cérébrales, des ondes à une fréquence précise. En cas de paralysie musculaire, ce n’est pas le muscle qui est nécessairement endommagé, c’est le muscle qui règle le mécanisme qui devient infirme, comme s’il n’avait pas la bonne fréquence. C’est comme une radio, disait-il, si la radio ne peut pas recevoir de signal, la radio n’est pas nécessairement cassée, son antenne ou son cristal doivent être ajustés à la fréquence correcte. Corso fut l’invité de ses expériences de nombreuses fois et il le regardait conduire ses expériences sur des lapins vivants, interférant avec la propagation de leurs ondes cérébrales électromagnétiques en implantant des électrodes pour voir quels muscles devenaient cataleptiques et quels autres répondaient.
Il disait que c’était la fréquence qui était altérée, parce que lorsque l’animal était retiré de la table d’expériences, il pouvait marcher et sauter comme s’il ne s’était rien passé.
Alors, le professeur présenta Corso à un autre de ses collègues, le célèbre chercheur en biologie et physicien docteur Castellani, qui avait, quelques années plus tôt, isolé et identifié la maladie appelée, « La maladie du sommeil  » et qui perfectionna ce qui, de 1930 à 1940, serait connu comme « La pommade Castellani  ». Un traitement pour une variété de maladies de peau.
Où les autres Chercheurs, disaient, s’être focalisés sur le traitement des symptômes qu’ils pouvaient constater sur la peau, le docteur Castellani, lui, prétendait que beaucoup de problèmes de peau, comme le psoriasis, les inflammations, qui ressemblaient à des infections bactériennes étaient, en fait, corrigibles en changeant la résonance électromagnétique de la peau.
Les pommades, disait-il, n’attaquaient pas l’infection avec des drogues. Elles étaient des réactifs chimiques qui changeaient la condition électromagnétique de la peau, permettant aux ondes basse-fréquence du cerveau de faire la guérison.
Ces trois hommes utilisaient ces ondes électromagnétiques pour provoquer la guérison dans des voies qui étonnaient Corso.
Ils firent des déclarations à propos de la capacité du traitement électromagnétique afin d’influencer la vitesse de division des cellules et la croissance de tumeurs. Ils déclarèrent qu’avec des ondes électromagnétiques dirigées, ils pourraient guérir les maladies du coeur, l’arthrite, tous les types d’infections bactériologiques qui parasitaient le fonctionnement des cellules, et même certaines formes de cancers.
Si cela semble surnaturel en 1997, imaginez comment cela devait être perçu pour les oreilles d’un jeune homme et officier inexpérimenté des renseignements en 1944.
Corso passa beaucoup de temps avec les professeurs Flesh, Franck et Castellani, à Rome, et suivit leurs expériences avec toutes sortes de cerveaux d’animaux. Ils n’avaient pas les fonds pour élargir leur travail ou pour traiter des patients avec leurs méthodes non-conventionnelles. Ainsi, la plupart de leurs découvertes trouvèrent leurs voies dans la recherche par voie de monographie, dans des articles de journaux académiques, ou des lectures Universitaires en conférences. Corso quitta Rome en 1947, dit au revoir à ses amis et retira leurs travaux - relégués comme du surnaturel - de son esprit pour se concentrer sur son nouveau travail à Fort Riley, à la Maison Blanche, à Red Canyon, en Allemagne et au Pentagone.
Et le jour où il tomba sur le rapport parlant de la structure des cerveaux extraterrestres de Roswell, tout ce qu’avaient dit les professeurs Flesh, Franck et Castellani resurgit tel un coup de tonnerre. Corso se retrouvait là -bas, à nouveau, fixant une feuille de papier volante et le forçant à reconsidérer des idées et des notions vieilles de 10 ans qui défiaient tout ce que la Science tentait d’expliquer sur le fonctionnement du cerveau.
Alors que Corso lisait les rapports sur l’autopsie du cerveau de l’extraterrestre et ce que les Examinateurs médicaux pensaient des ondes basse fréquence appliquées sur le tissu, il vit aussi les rapports d’un militaire, attaché au bureau du consulat de Stalingrad, qui décrivait des expériences Soviétiques sur le psychisme. Ces expériences essayaient d’exercer une forme de contrôle psychokinétique sur des objets traversant l’air, les déplaçant d’un point à un autre. Ces rapports, écrits à la fin des années 50, intéressèrent le Général Trudeau parce qu’ils montraient que les Soviétiques s’y intéressaient.
« Ils ne perdent pas leur temps  » dit le Général à Corso lors d’une réunion matinale, après avoir lu les rapports que lui avait fourni Corso le jour précédent, « S’ils s’intéressent à ce sujet, alors ils savent qu’il y a quelque chose qui mijote.  »
« Vous ne pensez pas que ce rapport est simple spéculation ?  » demanda Corso. Il savait, à l’expression du visage du Général que c’était une question qu’il n’aurait pas dà » poser.
« Si vous pensez que c’est juste de la spéculation, mon Colonel,  » dit-il très abruptement, « alors vous ne vous montrez pas à la hauteur pour que je vous dise pourquoi  ».
Le Général Trudeau avait une certaine façon de vous remettre en place lorsqu’il pensait que vous aviez dit quelque chose de stupide. Et ce que Corso avait dit, était très stupide pour un officier avec son expérience et sa formation.
« Vous avez raison d’être soucieux à ce propos  » dit le Général, plus doucement, en voyant la façon dont Corso le regardait. « Vous avez raison si vous restez dans votre bureau et si vous travaillez comme un forcené sur ce que veut dire tout ça. Et vous savez très bien ce qui nous inquiète tous les deux. Dois-je le rappeler ?  »
Non, il n’avait pas à le faire. C’était évident. Si les Soviétiques avaient entre les mains le mécanisme d’un vaisseau extraterrestre qui était tombé en 1947- et Corso ne savait combien il y en avait eu depuis - ils devaient se figurer que les Extraterrestres utilisaient une sorte de contrôle d’onde cérébrale pour la navigation. Comment les Extraterrestres dirigeaient cette onde et la transféraient dans un circuit électronique, ils ne le savaient pas. Mais ils savaient qu’il n’y avait pas de gouvernail ou de méthodes conventionnelles de contrôle du vaisseau, les « bandanas  » qu’ils y avaient trouvé avec des capteurs électroniques étaient étudiés pour récupérer en quelque sorte des ondes du cerveau.
Les analystes, à Wright Field, croyaient que les censeurs sur les « bandanas  » correspondaient à des points précis sur les lobes multiples du cerveau extraterrestre qui généraient des ondes basse-fréquence, donc les « bandanas  » formaient une partie intégrante du circuit. Si les Américains étaient capables d’y penser, les Soviétiques étaient aussi capables de penser à la même chose. De plus, le Général n’avait pas besoin d’en parler parce que Corso y avait déjà pensé : et si les Soviétiques, seuls dans l’Espace au début des années 60, avaient quelques communications avec les Extraterrestres que les Américains n’avaient pas ? Qui dit que les EBEs étaient anti-communistes ?
Le Général Trudeau fit part aussi à Corso de quelques rapports des renseignements qui décrivaient des tests Soviétiques de missiles anti-missiles conduits avec des radars de poursuite très performants. Trudeau et Corso connaissaient ces radars parce qu’ils les avaient vu travailler durant leurs exercices en Allemagne quand chaque côté voulait tester les réponses de l’autre au-dessus de la ligne de démarcation en Allemagne de l’Est.
Leurs radars et leurs capacités à se caler sur une cible étaient aussi bons que ceux des Américains. Mais ce que le Général montrait à Corso, c’étaient des rapports qui décrivaient des tirs Soviétiques de missiles d’interception à partir de véhicules ICBM et qui réussissaient à faire exploser leurs ogives cibles. Un de ces tests d’interception fut réussi à travers un nuage atomique en Asie. C’était très perturbant parce que quiconque connaissant la nature d’un nuage atomique savait que les impulsions électromagnétiques éliminaient immédiatement toute forme d’électronique. Donc, si les Soviétiques pouvaient endurcir leurs systèmes de guidage de missile anti-missile tiré de chez eux jusqu’à une cible dans un nuage chargé électro-magnétiquement, cela voulait dire qu’ils utilisaient une technologie bien plus avancée que celle des Américains.
« Quand vous étiez en Allemagne aux commandes du bataillon Nike, » demanda le Général Trudeau à Corso, « n’avez vous pas expérimenté des manoeuvres d’évasion serrées dans des entraînements avec des avions cibles téléguides, n’est ce-pas ?  »
La mémoire du Général était bonne. Leurs bataillons anti-avions, déployaient le Nike, un des missiles guidés les plus avancés à cette époque. le Nike était un missile guidé par radar et le Hawk était un missile à tête chercheuse. Donc, même si un pilote essayait d’éviter les missiles, les ogives Hawk le suivaient et détruisaient son engin.
« Quand nous tirions sur les avions guidés, dans des formations simulées de bombardement, nous faisions toujours un bon score mais quand les pilotes effectuaient des manoeuvres d’évasions rapides contre nos missiles, nous ne parvenions pas à les toucher.  » dit Corso.
« Expliquez-moi comment cela fonctionnait  » demanda Trudeau.
« Les missiles Nike se déplaçaient comme des bateaux sur l’eau  » expliqua Corso, « ils faisaient de grandes courbes et prenaient un angle qui les conduisait jusqu’à leurs cibles. À toute manoeuvre d’évasion que faisait le pilote, le missile compensait sa course en suivant sa source de chaleur. Mais si le pilote était capable de s’échapper, au dernier moment, de la trajectoire du Nike, le missile continuait sa course et ne parvenait pas à retrouver sa piste. Les pilotes de bombardiers devaient rester en formation et gardaient leurs trajectoires pour pouvoir atteindre leur cible et ensuite avoir assez de fuel pour rentrer chez eux, donc leurs manoeuvres d’évasions étaient strictement limitées. Mais pour des pilotes de chasse, c’était plus facile. N’importe quel MIG, ou Phantom étaient en mesure de déjouer un Nike.  »
« Donc si les Soviétiques ont quelque chose qui peut emmener une ogive de missile au travers d’un nuage atomique, il se peut qu’ils utilisent des équipements qui peuvent provenir d’une technologie extraterrestre, nous avons quelque raison de nous inquiéter.  » dit le Général.
« Nous avons à nous inquiéter, à ce propos  » acquiesça Corso, « car nous n’avons rien d’équivalent, excepté les systèmes de pistage par laser, mais c’est encore à des années d’un réel développement, même en estimant que le Président veuille en parler au Congrès afin de débloquer l’argent du développement.  »
Le Général Trudeau frappa le bureau de la paume de ses mains avec assez de force pour le faire vibrer. Corso était sà »r que l’employé de bureau du Général Trudeau, qui était dehors, pensait que Corso était en train de se faire engueuler mais ce n’était qu’une façon du Général pour renforcer sa décision.
« Phil, vous êtes l’administrateur du projet missile anti-missile pour le temps à venir. Je ne m’inquiète pas sur tout ce que vous avez à faire, écrivez-moi un rapport sur ce dont nous avons discuté ici et ensuite nous préparerons ensemble une proposition que je pourrai utiliser pour avoir un peu d’argent afin de le développer  » dit Trudeau, « Je sais que nous sommes sur la bonne voie, même si nous sommes dans une étrange galère. Contrôle par la pensée.  » dit-il, en spéculant sur la façon d’un cerveau humain d’être relié à la navigation d’un missile guidé.
« Hé bien, si les Soviétiques y regardent sérieusement, nous devons le faire aussi, avant qu’ils ne nous doublent comme ils l’ont fait avec Spoutnik  » dit Trudeau.
« Pourquoi moi ?  » se-demanda Corso alors qu’il redescendait les escaliers, vers son bureau. C’était comme faire une dissertation trimestrielle quand il n’y avait aucune recherche utilisable ou qui puisse être raisonnable. Il devait écrire sur des systèmes de contrôles de navigation, sans fonctions médicales et biologiques en soi cela rendait tout le reste bien difficile.
Corso se rappela son fils, lui disant qu’il était capable d’arranger des engins cassés et des moteurs électriques qui ne fonctionnaient plus, parce qu’il pensait que les parties mobiles lui parlaient. En pensant ce avec quoi jouaient les Soviétiques, peut-être que son fils ne semblait pas aussi fou, après tout. C’était une chose sur laquelle il devait poursuivre ses recherches.
Si les informations que les professeurs Flesh, Franck et Castellani lui avaient donné, il y a 50 ans, avaient une quelconque validité, alors les vagues références du rapport de Roswell, que Corso avait lues, pouvaient être plausibles.
Donc il commença.
« Les références aux fonctions du cerveau EBE dans les rapports médicaux de Roswell  » écrivit-il dans son mémo pour le Général Trudeau, « suggèrent de nouvelles voies de recherches dans les contrôles de navigation et de guidage. L’intégration électromagnétique dans les lobes du cerveau EBE et la possible intégration avec d’autres fonctions du cerveau, ceux-ci incluant la capacité psychokinésique, la possibilité de déplacer les objets sur de longues distances, est renversante et ressemble plus à de la science-fiction qu’à un fait. Si nous pouvons faire une corrélation sur les ondes basse-fréquence et leur intégration électromagnétique, c’est une voie qui aidera à identifier un phénomène mesurable avec un procédé que nous ne comprenons pas. Pour commencer, je recommande que nous étudiions le phénomène, dans un effort d’application de nos découvertes, pour réunir et utiliser toute donnée que nous pourrions développer sur les ondes basse-fréquence et l’intégration électromagnétique, afin de les concilier dans nos systèmes de guidages et de contrôles actuels et de la sorte créer une nouvelle étape dans l’art des missiles suiveurs.
Un avertissement : La CIA a commencé un programme dans lequel elle travaille avec des « prophètes  », comme ils les appellent, des parapsychologues, à qui ils espèrent donner les mêmes capacités de formation que ceux du KGB avec la « technologie psychotronique  ».
Ces agences de renseignement sont très proches de notre approche militaire et nous devons faire attention à ne pas laisser nos recherches tomber dans leur marmite. Nous pourrions être discrédités et peut-être stoppés dans nos efforts. Par conséquent, je recommande que le fond de nos expériences avec les ondes cérébrales basse-fréquence soit complètement effacé de toutes données historiques en rapport avec cette analyse.  »
Les bases de Corso, au sujet du missile anti-missile, étaient que les Soviétiques avaient enregistré un certain succès dans le contrôle de la trajectoire d’une ogive ICBM en vol et la réussite relative que les Américains avaient dans le ciblage d’ogives, avec leur propre missile anti-missile en développement.
« Dans les récents mois  » écrivit-il,
« Il est venu à notre attention que les Soviétiques pouvaient changer la course d’un ICBM après lancement, après avoir stabilisé sa trajectoire vers sa cible. De plus, les Soviétiques avaient testé, deux fois, un missile anti-missile tiré travers un nuage atomique, sur un ICBM en approche. Par conséquent, une proposition technique devrait être étudiée aussi tôt que possible :
Un missile anti-missile qui serait capable de se caler sur un ICBM en approche et de rester calé dessus malgré toute manoeuvre d’évasion, pour le détruire avant qu’il n’atteigne sa cible.
Tous les circuits devaient être renforcés pour résister aux radiations, explosion, chaleur, et pulsion électromagnétique d’une détonation atomique et ceci en incluant l’intensité de l’explosion de la bombe Russe de 60 mégatonnes.
PRÉMISSE :
Nos missiles antiaériens tels que les Nike-Ajax, Nike-Hercule et Hawk ne sont pas adéquats contre les ICBM. Les systèmes actuels ne peuvent pas suivre un ICBM en approche ou trouver la cible à détruire si elle change de trajectoire, capacité que les derniers tests Soviétiques rendraient peut-être utilisables au cours de la décennie.
Nos satellites espions devraient être capables de localiser les ogives Soviétiques une fois celles-ci lancées, mais les Soviétiques développaient aussi la capacité de mettre hors service nos satellites, aussi bien en les détruisant avec des armes nucléaires qu’en les envoyant hors de leurs orbites.
Et enfin, la capacité Soviétique de générer une pulsion électromagnétique à travers une détonation nucléaire dans l’Espace, rendrait nos satellites aveugles. Les rapports secrets des Renseignements confirment que les Soviétiques sont déjà capables de mettre hors service deux de nos satellites et un autre lancé par les Britanniques.
Par conséquent, nous avons un double problème : non seulement les circuits du missile anti-missile doivent être renforcés mais les circuits des satellites espions doivent aussi être renforcés contre les radiations, émissions ioniques et pulsions ELM.
Mais parce que les essais nucléaires sont bannis par voie de traité, les USA n’auront pas l’opportunité de pratiquer des tests donc nous devons dépoussiérer nos données sur les résultats des tests actuels pour arriver à calculer si nous pouvons présumer qu’ils sont bons.  »
Quand le Général Trudeau eut fini de lire le rapport complet de Corso, il lui demanda de parler aux Scientifiques qui avaient participé à leur ‘brain trust’ .
« Ne vous inquiétez pas, de la façon dont ça va circuler  » rassura le Général Trudeau, « Je veux seulement le montrer à quelques membres de la maison, du Sénat et des commissions du Sénat pour la Défense, ils ont promis de le garder confidentiel.  »
« Je sais que vous voulez que cela se passe bien, mon Général  » dit Corso, « Puis-je avoir le reste de la journée pour travailler dessus ?  »
« Vous avez jusqu’à demain matin  » dit Trudeau, « parce qu’après le déjeuner, vous et moi avons rendez-vous avec la sous-commission du Sénat et je veux leur lire ce rapport.  »
Corso dit à sa femme qu’il serait à la maison plus tard dans la matinée pour changer d’uniforme, puis qu’il irait à Capitol Hill pour une réunion. Ensuite, il prit quelques sandwiches, remplit sa cafetière et s’enracina dans le bureau pour un long moment.
« Le dessin et la configuration de nos ICBM est adéquat.  » écrivit-il dans son bloc-note, puis il raya la phrase et écrivit à nouveau, « Toutefois, des changements internes sont nécessaires, et plus spécialement, dans les capsules d’ogives.  »
Ce que voulait recommander Corso était, on ne peut plus radical. Ils avaient besoin d’un nouveau système de navigation informatisée, entièrement nouveau, qui pourrait tirer parti du circuit transistorisé en cours de développement à la fin des années 60.
Corso suggéra qu’ils devaient modeler les ordinateurs internes des missiles sur le modèle des doubles hémisphères du cerveau. Avec un hémisphère ou lobe recevant les données de positionnement des satellites en orbites, l’autre contrôlerait les fonctions de contrôles du missile comme les réacteurs, les changements de position et la séparation des propulseurs. Il recevrait les données à travers une émission de basse fréquence de l’autre lobe. Le lobe de contrôle transmettrait aussi la télémétrie de vol au lobe de positionnement, ainsi les deux lobes travailleraient ensemble, en tandem.
Ceci, résonnait Corso, rendrait le système plus difficile à brouiller. Si un de leurs satellites détectait la menace d’un missile anti-missile en approche, il relaierait les informations à l’ogive, dont l’ordinateur actionnerait les propulseurs pour effectuer une action évasive avant l’approche de la cible finale.
Vu que, comme le pensait Corso, c’était à travers l’application et l’amplification des ondes cérébrales basse-fréquence que les EBEs pilotaient le vaisseau trouvé à Roswell, leur implication dans cette technologie les rendrait capables d’utiliser leurs cerveaux pour contrôler les vols d’objets. Ils pourraient utiliser une sorte de système d’onde cérébrale pour piloter leurs ogives ICBM si leurs ordinateurs de bord détectaient la menace d’un missile anti-balistique. Ils pourraient utiliser aussi ce système pour conduire le missile jusqu’au lanceur d’ogives ennemi, tout en étant capables de pratiquer quelques manoeuvres échappatoires.
À partir du moment où le missile serait calé sur sa trajectoire finale, sa détonation pourrait s’effectuer même s’il était poussé hors de sa course et pourrait encore exploser et faire assez de dommages pour que ça compte comme un tir au but. La conclusion de Corso était :
« Une affectation de 300 millions de $ doit être demandée pour l’Année Fiscale 1963 à venir, comme une affectation de développement d’urgence.  »
Corso relut ses propres notes de l’enveloppe d’ Harold Brown et le regarda.
« Colonel  » dit l’assistant de Brown, « Nous comprenons l’urgence de votre requête de l’année dernière et nous apprécions vos efforts pour la maintenir.  »
« Mais le Département de la Défense ne va simplement pas permettre à l’Armée d’aller de l’avant pour un missile anti-missile en ce moment. Pas en 1963  » dit Mr Brown.
« Quand ?  » demanda Corso.
« Le moment venu  »,dit le Colonel, « quand l’impact du déploiement de ce système sera plus important que maintenant. Les Russes savent que nous avons une perle avec ce type de satellites, et que nous pouvons prendre les leurs, en un battement de cil, bien plus rapidement qu’ils ne peuvent prendre les nôtres.  »
Corso commença à répondre, mais Harold Brown se leva pour partir. Ils se serrèrent la main et il marcha vers la porte. Le Colonel resta devant le bureau de Corso. « Peut-être que juste vous et moi pouvons parler, mon Colonel  » dit-il. Le propre associé de Corso du comité du sénateur Thurmond quitta également le bureau.
« Au Pentagone, nous comprenons que votre recherche précédente dans la technologie des missiles anti-balistiques est la vraie raison de votre soutien, mon Colonel  » dit le directeur de projet, « c’est en de bonnes mains  ».
Mais Corso savait qu’il ne connaissait pas la vraie raison : les EBEs.
Seul le Général Trudeau connaissait l’ordre du jour caché sous-jacent.
« Mais quand pensez-vous que le développement commencera ?  » demanda Corso.
« Dans une poignée d’années, nous aurons un vaisseau lunaire en orbite autour de la lune  » dit-il, « nous aurons des satellites en orbites qui cartographieront chaque centimètre de l’Union Soviétique. Nous verrons ce qu’ils pourront envoyer contre nous. Alors nous aurons effectivement besoin de la sorte de missile anti-missile que vous proposez, parce qu’alors, même le Congrès y verra une bonne raison.  »
« Mais jusqu’à quand... ?  » commença Corso
« Jusqu’à quand ?!  » dit le Colonel, « tout ce que nous pouvons faire, c’est attendre.  »
Cela prendrait encore vingt ans pour que les débuts d’un antimissile soient déployés. Et cela prendrait aussi un Président qui serait bien disposé à reconnaître la menace extraterrestre pour faire accepter une arme antimissile dans un Congrès hostile.
16 - Ma dernière année au RD
Les dossiers Hoover, les fibres optiques, la super-résistance et autres produits.
Corso en avait à peine fini avec les dossiers de son bureau sur les propositions techniques pendant les mois d’hiver de 1961. Le travail ne s’était même pas arrêté pendant les vacances de Noë l.
Corso avait beaucoup voyagé durant les derniers mois de 1961, voyant les armes subir des tests de terrain de par le pays, rencontrant les Chercheurs Universitaires pour des sujets très divers, comme la préservation de la nourriture ou la conversion de pile atomique usée en arme, ainsi qu’à développer des rapports de renseignements pour le Général Trudeau sur les sortes de technologies qui pourraient créer le développement de nouvelles armes dans la prochaine décennie.
Corso jetait aussi un oeil sur tous les rapports en provenances de l’AIC (Air Intelligence Command) à propos des observations d’ovnis desquelles devaient s’inspirer les Renseignements de l’Armée. L’AIC était le niveau de classification qui suivait, à destination des gens du projet Blue Book.
Leur travail, derrière leur fonction manifeste de déplacer tout rapport d’ovni jugé urgent sur l’échelle de sécurité jusqu’aux prochains niveaux de sécurité où ils disparaissaient derrière le voile du camouflage, était de classifier le type d’événement ou d’incident que l’observation semblait indiquer. D’habitude, cela impliquait de séparer les observations de vrais avions qui devaient être étudiées par les Renseignements militaires des vraies observations d’ovnis qui nécessitaient d’être traitées par des éléments du premier groupe de travail, affectés à cette surveillance ou des faux témoignages qui devaient ensuite être suivis au projet Blue Book afin d’être démolis.
L’AIC adorait avoir des observations erronées à faire valoir : l’évidence d’une météorite qu’ils pouvaient confirmer, quelques anomalies visuelles dues à un alignement de planètes ou le meilleur de tous, un couple de clowns qui avait décidé d’effrayer les habitants d’une ville avec une farce d’Halloween.
Il y avait des gars qui couraient avec des chaussures de skis dans les champs de blés, ou quelqu’un qui envoyait des photos de moule à gâteau volant aux journaux locaux.... etc. Alors les gens du Blue Book pouvaient envoyer l’histoire à la Presse pour publication, tout le monde se flattait pour le travail accompli. La vie pouvait être amusante dans les années 60, plus particulièrement si vous ne saviez pas la vérité.
Dans les années 50, Hoover était intéressé par les rumeurs sur Roswell parce que tout ce à quoi s’attaquait la CIA l’énervait. Si c’était seulement les Militaires qui faisaient une opération de maquillage, il pouvait vivre avec cela, bien qu’il pensait que les Militaires n’avaient jamais lancé l’OSS pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Mais une fois qu’il avait suspecté la CIA de faire partie de l’histoire de Roswell, il voulait en faire partie aussi.
Mais durant ses années de présence à la Maison Blanche, Corso ne put rien lui dire. Ce n’est qu’en 1961 qu’il eut en main ce qui s’était réellement passé à Roswell, mais à ce moment-là , il n’eut pas besoin de le contacter. Hoover l’appela.
Ils découvrirent qu’ils pouvaient s’aider mutuellement. Hoover était un fanatique de l’information. S’il y avait un peu d’information à récolter alentour, rumeur ou vérité, il était obsédé de l’insérer dans ses dossiers. L’information était une valeur marchande très valable pour lui, il pouvait l’échanger avec n’importe qui au Gouvernement.
En Janvier 1962, tout ce qu’avait à l’esprit Corso était de rétablir une relation avec J. Edgar Hoover. Non seulement il possédait les morceaux et les pièces de l’histoire de Roswell que voulait Hoover mais il avait aussi des informations sur les activités domestiques de la CIA. Hoover fut plus qu’intéressé par le partage de ces informations et ils continuèrent à discuter durant toute l’année 1962, jusqu’à ce que Corso quitte l’Armée et rejoigne l’équipe du sénateur Thurmond.
Leur relation continua durant toute l’année 1963, et en 1964 quand Corso fut l’enquêteur pour le sénateur Russel dans la commission Warren, Hoover poursuivit sa propre enquête indépendante sur l’assassinat du Président.
Corso n’est pas sà »r que J. Edgar Hoover ait réellement crà » en l’histoire de Roswell, peut-être était ce une conspiration pour cacher autre chose ou juste une illusion devenue une hystérie collective en provenance du désert.
Il y avait tant de détails enterrés dans les mémos militaires et maintenus sous secret qu’il n’avait pas la possibilité de savoir la vérité. Mais comme tout bon flic qu’il était, il récupérait toute l’information qu’il pouvait trouver et continuait de chercher que quelque chose ait un sens.
Si l’Armée envisageait une menace pour la Société, alors Hoover pensait qu’il y avait une réelle menace. À chaque fois qu’il pouvait suivre un rapport sur une observation, avec une très discrète apparition d’agents du FBI pour interroger les témoins, il le faisait. Ils faisaient plus que de partager de l’information avec Corso, c’est comme cela que Corso trouva quelques histoires non publiées de mutilations de bétail au début des années 60.
Sa relation avec Hoover était importante pour lui alors qu’il commençait son travail dans les premières semaines de 1962, parce que le niveau de recherche des développements devenait très intense.
Quand le directeur du FBI parlait avec Corso, celui-ci avait ses questions déjà prêtes. Aucune information échangée ne fut écrite et toutes les notes que Corso prit pendant les conversations furent détruites par ses soins.
Même aujourd’hui, bien que des agents du FBI aient contacté Corso à propos d’enregistrements oubliés dans de vieux dossiers, il ne sait pas quelles notes le directeur du FBI prit pendant leurs conversations.
Parce qu’ils se faisaient mutuellement confiance et qu’ils se voyaient tous les 6 mois, même après le départ de Corso du Gouvernement, il ne donna jamais suite à ce qu’il avait dit et ne demanda jamais une vérification des informations contenues dans les dossiers. Corso pense qu’Hoover l’apprécia.
En Février 1962, Corso avait garni ses dossiers de projets pour une course finale qui l’entraînerait jusqu’à la fin de cette même année. Le premier dossier disponible, sur le bureau était « Le filament en verre  »
Fibres optiques
Les membres de l’équipe de récupération qui avaient fouillé à l’intérieur du vaisseau, le matin de la découverte, avaient dit au Colonel Blanchard, de retour au 509e Groupe, qu’ils étaient stupéfiés de ne pas trouver d’installation électrique conventionnelle. Où étaient les connexions électriques ? se demandèrent-ils, parce que, manifestement, le vaisseau avait de l’électronique. Ils ne comprirent pas la fonction des circuits intégrés qu’ils trouvèrent, ils étaient complètement intrigués par les filaments en verre qui couraient le long des panneaux du vaisseau.
Au début, quelques Scientifiques pensèrent qu’ils contenaient le système électrique manquant, celui qui avait aussi intrigué les Ingénieurs alors qu’ils emballaient le vaisseau pour l’expédier.
Peut-être qu’il faisait partie du harnachement qui s’était cassé pendant le crash. Mais ces filaments avaient une étrange propriété.
Le harnachement, en question, semblait avoir été descellé d’un panneau de contrôle et avait été séparé en douze filaments qui ressemblaient à quelque chose comme du quartz.
Quand, de retour au hangar du 509e, les Officiers de l’équipe de récupération appliquaient de la lumière à une des extrémités du filament, l’autre bout propageait une couleur spécifique. Différents filaments émettaient différentes couleurs. Les fibres, en réalité des tubes de cristaux, allaient vers une boîte de jonction qui semblait reconnaître les différentes couleurs électriques pulsantes, à travers le tube.
Lorsque les Ingénieurs, évaluant le matériel de Roswell, surent que chaque couleur de lumière avait sa propre longueur d’onde, ils estimèrent que la fréquence de la longueur d’onde activait un composant spécifique dans le panneau de contrôle du vaisseau. Malgré tout, les Ingénieurs et les Scientifiques restaient déconcertés.
Ils ne pouvaient même pas déterminer la source d’énergie du vaisseau. Et la chose la plus folle de toutes, était que les filaments étaient non seulement flexibles mais émettaient de la lumière, même quand ils étaient inclinés ou pliés comme une feuille de papier.
Comment la lumière faisait-elle pour tourner ? les ingénieurs étaient stupéfaits. C’était un des mystères du vaisseau de Roswell qui resta caché jusqu’aux années 50, jusqu’à ce que quelqu’un leur parle des expériences sur les fibres optiques à Bell Labs.
La technologie était très nouvelle, dit Hans Kohler à Corso durant un bref entretien privé en 1962 mais la possibilité d’utiliser la lumière pour transporter toutes sortes de signaux, à travers un simple filament de verre, faisait entrevoir de grandes promesses.
Il expliqua que les prémisses de la fibre optique étaient d’avoir un filament de verre si fin et libre de toutes impuretés que rien ne pouvait empêcher la lumière de se déplacer le long de l’axe.
Vous deviez aussi avoir une source lumineuse à un des bouts, expliqua-t-il, pour générer le signal, Corso pensa aux essais réussis du laser rouge, testé à l’Université de Columbia. Il savait que les Extraterrestres avaient intégré ces deux technologies pour leurs communications par câble de verre dans leurs vaisseaux.
« Mais qu’est-ce qui fait tourner la lumière ?  » demanda Corso au professeur Kohler, incrédule à l’idée que les extraterrestres avaient réussi à défier une des lois de la physiques.
« C’est une sorte d’illusion ?  »
« Ce n’est pas une farce  » expliqua le Scientifique, « cela ressemble à une illusion parce que les fibres sont si fines que vous ne pouvez pas en voir les différentes couches sans microscope.  »
Il montra à Corso, quand celui-ci lui donna les morceaux de filament brisés qu’il avait dans sa mallette, que chaque brin, qui était enrobé dans un matériau solide, avait une double épaisseur.
Quand vous regardiez au centre de l’axe, vous pouviez voir que l’extérieur du filament était une autre couche de verre. Le Dr Kohler expliqua que les rayons individuels de lumière étaient réfléchis vers le centre par la couche de verre extérieure de la fibre, ainsi la lumière ne pouvait pas s’échapper. En faisant courir les fibres de verre autour des coins et, dans le cas du vaisseau de Roswell, à l’intérieur des murs de l’appareil, les Extraterrestres étaient capables de tordre la lumière et de la focaliser de la même façon que l’on peut diriger un flot d’eau dans un pipeline. Corso n’avait jamais encore rien vu de semblable.
Kohler expliqua que, comme les lasers, la lumière pouvait transporter toutes sortes de signaux : lumière, son, et même des données digitales. « Il n’y a pas de résistance au signal  » expliqua t-il, « et vous pouvez disposer d’encore plus d’information dans le rayon de lumière.  »
Corso lui demanda comment les Extraterrestres avaient pu utiliser ce type de technologie. Kohler suggéra que toutes les communications de l’appareil, images visuelles, télémétrie et tout signal amplifié que le vaisseau envoyait ou recevait d’autres vaisseaux ou de bases sur la lune ou sur la terre, devaient utiliser ces câbles de fibres de verre.
« Ils semblent avoir une énorme capacité pour transporter n’importe qu’elle sorte d’information  » suggéra-t-il « et si un laser peut amplifier le signal, ces câbles peuvent transporter une multiplicité de signaux au même moment.  »
Corso était plus qu’impressionné. Avant même de lui demander quelles applications cela pourrait avoir dans l’Armée, il pouvait voir comment ils pourraient communiquer dans des zones de combats avec plus de sécurité, parce que les signaux seraient moins vulnérables aux interférences.
Alors le professeur Kohler suggéra l’utilisation de ces fibres pour transporter les images de minuscules cameras directement sur les armes afin de contrôler les systèmes de lancements.
« Imaginez  » dit-il, « être capable de tirer un missile et de voir où il va avec les yeux du missile. Imaginez être capable de visualiser la cible et même si elle essayait de s’échapper, vous pourriez vous en apercevoir et faire les ajustements nécessaires.  ».
Kholer commença à décrire le potentiel des senseurs basés sur les fibres optiques qui pourraient un jour suivre les mouvements ennemis au sol, transporter des données visuelles de satellites de surveillance et rassembler des systèmes de communications très compliqués dans de très petits espaces.
« Le programme spatial est entièrement dépendant du transport des données, voix et images.  » dit-il, « Mais maintenant, cela prend trop de place pour stocker tous les relais et les commutateurs et il y a trop d’impédance au signal. Cela limite ce que nous prétendons faire pendant une mission. Mais imaginez si nous pouvions adapter cette technologie à nos propres besoins.  »
Puis il regarda Corso droit dans les yeux et dit ce à quoi pensait Corso, « Vous savez que c’est LEUR technologie. C’est une partie de ce qui les rend capables d’entreprendre des missions d’explorations. Si cela devient aussi NOTRE technologie, nous serons capables de rivaliser avec Eux.  »
Ensuite il questionna Corso sur les engagements militaires. Il expliqua que quelques-uns de leurs laboratoires de recherches étaient déjà en train de considérer les propriétés du verre comme signal conducteur.
« Où se passe la meilleure recherche sur les fibres optiques ?  » demanda Corso.
« Bell Labs  » répondit Kholer, « cela prendra 30 ans pour développer mais un jour, une grande partie du trafic téléphonique sera transportée par câble de fibre optique.  »
Les RD avaient des contacts avec Bell Labs comme avec bien d’autres fournisseurs avec lesquels ils travaillaient, donc Corso écrivit un court mémo et une proposition au Général Trudeau sur le potentiel des fibres optiques pour une série de productions dont Kholer et lui-même avaient discuté. Il décrivit les propriétés de ce qu’ils avaient d’abord appelé un harnais de fils électriques, il expliqua comment cela transportait le signal laser, et plus important, comment ces fibres faisaient passer un rayon de lumière en angle et le conduisait de la même façon qu’un courant électrique.
Imaginez un rayon de lumière de haute intensité suivre le même chemin que vous donneriez à un courant d’eau dans une baignoire, écrivit Corso. Imaginez le pouvoir et la flexibilité qu’elle donne aux EBEs, et plus particulièrement, lorsqu’ils utilisent le signal lumineux pour transporter une information codée.
Cela permettrait à l’Armée de recréer entièrement son infrastructure de communication et permettrait à nos satellites de surveillance de trouver et d’enregistrer des informations sur des cibles potentielles directement dans les installations de commandements et de contrôles.
La Navy serait capable de voir le déploiement complet de la flotte ennemie, l’Air Force pourrait voir les escadrons ennemis approcher et les cibler même si nos avions étaient encore au sol et ce serait pour l’Armée un avantage stratégique insoupçonné.
Corso n’eut pas à attendre longtemps pour avoir la réponse du Général.
« Faites-le  » ordonna t’il, « et faites que ça aille vite. Je vous donnerai tous les moyens de développements nécessaires. Dites leur ça  ». Et avant la fin de la semaine, Corso avait un rendez-vous avec un chercheur au « Western Electric Research Facility  » à l’extérieur de Princeton, New-Jersey.
Corso lui dit que ça provenait d’une technologie étrangère, quelque chose que les Renseignements avaient récupéré des nouvelles armes que les Allemands de l’Est développaient.
« Si vous pensez que ce que vous avez  » dit le chercheur au téléphone, « peut nous intéresser pour nos recherches en cours, nous serions fous de ne pas vous prêter une oreille attentive et de vous rencontrer un de ces après-midi.  »
« Je n’ai besoin que de quelques heures pour vous montrer ce que j’ai  » dit Corso. Il rangea les rapports de Roswell dans sa mallette, s’acheta un billet d’avion et se mit en route.
Les fibres super-résistantes
Même avant 1960, quand Corso était dans l’équipe de la Sécurité Nationale, l’Armée avait commencé à considérer les fibres pour les gilets de protection. Une armure corporelle protégeant des éclats, des parachutes, et une peau protectrice pour les autres articles militaires.
La soie à toujours été le matériel de prédilection pour les parachutes parce qu’elle est légère, a une très forte résistance à la traction qui lui permet de s’allonger, de garder sa forme et de résister à des forces énormes. L’Armée cherchait ce qu’ils appelaient la « Fibre Résistante  ». Corso pense que c’est la découverte sur le site du crash qui lança la recherche de l’Armée.
Parmi les articles, dans le dossier de Roswell, qu’ils conservaient de la récupération, il y avait des brins d’une fibre que même le rasoir ne pouvait pas couper. Quand Corso les regardait à travers une loupe grossissante, c’était gris terne et entremêlé. Il supposait que c’était ce qui donnait les propriétés surnaturelles à cette fibre.
Vous pouviez la tirer, la tordre autour d’objets, lui faire subir une torsion qui aurait déchiré n’importe qu’elle autre fibre et lorsque vous la relâchiez, elle retrouvait sa longueur et sa forme originales. Cela rappela à Corso les filaments d’une araignée.
Ils se montrèrent très intéressés par cette matière et commencèrent à étudier une variété de technologies, toile d’araignée incluse parce que dans la nature, cette dernière démontrait des propriétés naturelles de super-résistance.
Quand les Scientifiques à Roswell virent comment cette fibre, pas un vêtement, pas de la soie, mais quelque chose comme de la céramique, enveloppait le vaisseau et formait l’autre couche de peau des EBEs, ils réalisèrent que c’était une voie de recherche très prometteuse. Quand Corso examina le matériel et reconnut les similitudes avec la toile d’araignée, il réalisa qu’une des clefs pour la produire, commercialement, était de synthétiser des protéines et de trouver un moyen pour simuler un procédé d’extrusion.
Le Général Trudeau encouragea Corso à contacter des manufacturiers du plastique et de la céramique, plus particulièrement Monsanto et Dow Corning, pour savoir qui faisait des recherches sur la matière super-résistante, plus particulièrement dans les laboratoires Universitaires.
Corso ne découvrit pas seulement que Monsanto cherchait un moyen pour développer un procédé de production à grande échelle d’une toile similaire à celle d’une araignée, mais il appris qu’ils travaillaient déjà avec l’Armée. Les Chercheurs de l’Armée, du Corps Médical, essayaient de reproduire la chimie d’une toile d’araignée. Des années plus tard, après que Corso eut quitté l’Armée, les Chercheurs des Universités du Wyoming et de Dow Corning commençaient aussi des expériences sur le clonage des gènes de la soie industrielle, ainsi qu’à développer un processus pour extruder les fibres de soie dans une substance utilisable qui pourrait être incorporée dans un vêtement.
Leur contact, dans le Corps Médical, les informa que la reproduction des fibres à haute résistance était en cours depuis 1962, mais que toute aide de la part des RD pourrait être utile aux Entreprises qui y travaillaient déjà et que ça ne nécessiterait pas de budget séparé.
Corso savait que, quel que soit le secret, un amalgame de peau autour d’un vaisseau donnerait, à celui-ci, la protection que le vaisseau de Roswell avait et resterait relativement léger.
Corso ne découvrit rien d’autre à ce propos que seulement bien plus tard, mais la recherche dans cette sorte de fabrication était déjà mise en route par un Scientifique qui deviendrait, des années après, prix Nobel. Au cours d’une réunion, trois ans plus tôt, à l’American Physical Society, le Dr Richard Feynman exposait sa théorie sur les possibilités de créer des substances dans lesquelles la structure moléculaire serait si condensée que la matière résultante aurait des propriétés complètement différentes, de la même matière non compressée. Par exemple, suggéra Feynman, si les Scientifiques pouvaient créer une matière dans laquelle les structures moléculaires ne seraient pas seulement compressées mais arrangées différemment de la structure moléculaire normale, Ils seraient capables d’altérer les propriétés physiques de la substance qui conviendrait à des applications spécifiques.
Cela ressemblait à des sottises pour l’American Physical Society. Toutefois les structures moléculaires compressées furent une des découvertes qui fut faite par quelques-uns des Scientifiques faisant partie des groupes d’études aussi bien à Alamogordo, juste après le crash de Roswell, qu’à Wright Field, pour ceux qui avaient récupéré le matériel.
Bien que Corso n’eà »t jamais vu de mémo sur ce sujet, il lui fut dit que Feynman était entré en contact avec des membres du groupe d’Alamogordo et qu’il connaissait un peu les découvertes sur le site du crash à Roswell. Corso ne sut pas si ces découvertes lui suggérèrent ses théories sur les propriétés des structures moléculaires compressées ou si ses idées étaient les extensions de ses théories sur la mécanique quantique. Mais les théories du Dr Feynman concordent avec les efforts de l’Armée pour reproduire la composition des fibres à haute résistance et de leur processus d’extrusion.
Dans le milieu des années 60 le travail n’était pas seulement en route dans l’industrie céramique et chimique mais aussi dans les laboratoires des Universités Américaines, ainsi qu’en Europe, en Asie et en Inde.
Les Scientifiques firent savoir aux RD qu’une des voies de développement de la super résistance résidait dans l’alignement croisé de matériaux composites en couches. C’est ce qui constitua les prémisses d’une armure corporelle qui protégerait contre les blessures par pénétration de la peau ou des éclats résultant d’explosions.
« Maintenant ça ne va pas vous protéger des contusions  » dit le Général Trudeau à Corso après une réunion avec les chercheurs du Corps Médical de l’Armée, à Walter Reed, « et le choc d’un impact pourra être assez puissant pour tuer quelqu’un mais il ne provoquera pas de déchirures dans le corps  ».
Corso pensa aux multiples traumatismes visibles lors d’une bataille et pouvait imaginer l’impact laissé par un grand choc, même s’il ne pénétrait pas la peau.
Malgré l’élan donné par le Général et les contacts qu’il avait pris pour Corso avec Du Pont et Monsanto, ils poursuivirent leur recherche, avec agressivité, afin de développer une matière pour gilet pare-balles. Corso apporta les dossiers décrivant le matériel découvert à Roswell dans ses réunions avec ces entreprises et montra ce produit aux Scientifiques qui leur rendaient visite à Washington.
En 1965, Du Pont annonça la création du Kevlar qui, à partir de 1973, fut disponible à la vente comme gilet pare-balles et qui est d’ailleurs toujours utilisé de nos jours dans l’Armée. Corso ne sait combien de vies ont été épargnées mais à chaque fois qu’il entend dire qu’un officier de police a été sauvé par un gilet en Kevlar, il se rappelle les jours où ils commençaient à prendre en considération la valeur d’un matériau fait de couches alignées et il en remercie les Officiers qui prirent part au développement.
Une des plus grandes rumeurs qui flottait, des années après que l’histoire de Roswell soit devenue publique suite aux révélations d’un officier de l’Air Force à la retraite, le Major Jesse Marcel, fut que la technologie Stealth, pour les avions, était le résultat de ce qu’ils avaient appris à Roswell.
Tout ça est vrai, mais ce ne fut pas le résultat d’un transfert direct de technologie. Les Renseignements militaires savaient que sous certaines conditions, le vaisseau EBE avait la capacité de disparaître des écrans radars mais ils ne savaient pas comment les EBEs y arrivaient. Ils avaient aussi des morceaux de la peau du vaisseau, laquelle était une matière composite de fibres avec molécules alignées. Corso pense qu’ils n’essayèrent même pas de trouver le processus pour recréer le même composite, de la même façon qu’ils ne furent pas capables de reproduire le système de navigation électromagnétique. Toutefois à travers l’étude du comportement de ces matériaux, ils copièrent ces composites qui conduisirent à une nouvelle génération d’appareils volants.
Bien que le Public apprit l’existence de la technologie Stealth pendant la campagne de Jimmy Carter en 1976, il ne vit le Stealth en action que durant la Guerre du Golfe.
Invisible aux radars, invisible aux têtes chercheuses des missiles, frappant dans la nuit comme un démon, le chasseur Stealth, avec sa forme d’aile volante, ressemblait étrangement au véhicule spatial qui s’était écrasé à Roswell. Mais derrière les apparences, la peau composite du Stealth, qui l’aidait à le rendre invisible à toutes formes de détections, était inspirée de la recherche des RD sur la peau du vaisseau de Roswell qu’ils avaient divisé en morceaux afin de les distribuer aux laboratoires, dans tout le pays.
Obus d’artillerie invisible à l’uranium appauvri
Pour l’Air Force, la technologie Stealth voulait dire qu’un appareil aérien pouvait approcher une cible, tout en restant invisible aux radars et maintenir son avantage pendant toute la durée de sa mission. Pour l’Armée, la technologie Stealth fournissait à ses hélicoptères un avantage considérable dans la mise au point de missions de recherche et destruction, de missions de reconnaissances en territoires ennemis.
Mais la possibilité d’un obus Stealth, qu’ils avaient conçu aux RD en 1962, fournirait quelque chose que les Armées avaient toujours recherché depuis le premier déploiement d’une artillerie, par Henry V, à Azincourt au début du 15e siècle. Dans toute bataille d’artillerie, une fois qu’un obus est tiré, il peut être suivi par un observateur jusqu’à sa source, pour ensuite pouvoir la détruire. Le camouflage permit de s’en protéger jusqu’à l’arrivée des radars qui permirent de suivre la trajectoire des obus jusqu’à leur source. Mais qu’en serait il, si les obus étaient faits d’un matériau les rendant invisibles aux radars ?
C’était ce que proposa Corso au Général Trudeau : un obus d’artillerie invisible. Les obus pourraient commencer à tomber et l’ennemi ne pourrait pas déterminer leur provenance avant au moins 5 salves, voire plus. Avec l’avantage de la surprise, les dommages seraient bien plus grands. S’ils utilisaient une artillerie mécanisée, ils pourraient prendre position, tirer plusieurs séries de salves rapides, se déplacer et reprendre position.
La recherche pour un composant céramique, de molécules alignées, fut inspiré par le matériel trouvé dans le vaisseau spatial de Roswell. D’analyses en analyses, l’Armée essaya de déterminer comment les Extraterrestres avaient fabriqué la matière qui formait la coque du vaisseau.
La recherche sur les composants avec molécules alignées commença dans les années 50, bien avant que le Général Trudeau ne prenne les commandes des RD et continua durant la présence de Corso aux RD quand les premières expérimentations « Stealth  » commencèrent, chez Lockheed, ce qui donna le chasseur F117 ainsi que le bombardier Stealth, et elles continuent encore aujourd’hui.
Le Général était aussi plus qu’intéressé par les variétés d’ogives qu’ils pourraient proposer comme obus. Il en fut une qui arriva en 1961 et serait ensuite déployée, avec succès, durant la Guerre du Golfe.
L’uranium appauvri était un métal lourd et dense. Si dense, en fait, que les armes conventionnelles ne pouvaient atteindre de vitesse suffisante avec lui. Le plutonium appauvri leur donnerait un avantage décisif, sur une zone de bataille, de par sa capacité à perforer les cuirasses des chars d’assaut puis à exploser une fois à l’intérieur.
En privé, Corso suggéra à Trudeau que le plutonium appauvri satisferait leur ordre du jour caché. C’était une autre arme qu’ils construiraient contre les Extraterrestres. Si l’uranium appauvri pouvait percer les armures, peut-être pourrait-il pénétrer la peau composite du vaisseau spatial et plus spécialement, si le vaisseau était au sol ? Corso suggéra que cela méritait un développement à Aberdeen Proving Grounds, Maryland et que s’ils prouvaient que ça en valait la peine, ça deviendrait une arme qu’ils pourraient déployer.
Les ogives, chargées d’uranium appauvri, utilisées pendant la guerre en Irak furent un des grands succès de développements des RD qui faisaient suite à ce qu’ils avaient appris de Roswell.
HARP : le projet de recherche haute altitude
Harp fut un autre projet de recherche suggéré par le challenge posé par les soucoupes volantes. Les Américains ne possédaient pas de missiles qui pouvaient les amener de force au sol, ils n’avaient pas non plus d’armes pour les descendre. Ils exploraient aussi des systèmes d’armes qui avaient une double ou une triple utilisation et HARP, ou « Le gros canon  », était un de ces systèmes.
HARP était l’idée originale de l’artillerie Canadienne et du scientifique Gerald Bull.
Le Dr Bull avait étudié le problème posé par la « Grosse Bertha  » Allemande pendant la Première Guerre Mondiale et les V3 Nazi à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Il réalisa que les canons n’étaient pas seulement une solution pratique pour envoyer de grandes charges utiles mais étaient aussi rentables une fois la recherche initiale et le développement finis. La production en masse de gros canons pourrait fournir une énorme capacité de feu, loin derrière les lignes ennemies. Ils pourraient devenir une arme stratégique pour faire pleuvoir la destruction nucléaire sur la population ennemie ou sur les zones militaires.
Le Dr Bull suggéra aussi que le canon pouvait être utilisé comme lanceur de véhicule. Si l’Armée avait besoin de lancer des satellites en urgence ou d’envoyer des satellites explosifs pour menacer les véhicules extraterrestres en orbites, le super canon était un des moyens pour y arriver.
Il y avait 3 potentiels différents, à considérer pour le super canon. Le Général Trudeau entrevoyait la capacité de cette arme à lancer des objets en orbite lunaire. Si la guerre commençait entre les USA et l’URSS ou entre la Terre et les Extraterrestres, les Américains seraient capables de monter une base militaire lunaire sans avoir besoin de fusées de lancement qui demanderaient beaucoup de temps et seraient une cible facile.
Un super canon camouflé leur donnerait toutes les possibilités d’une artillerie de terrain ou d’une unité antiaérienne mais avec aussi la possibilité d’envoyer des charges utiles dans l’Espace. Ce sont ces différentes options qui enchantaient le Général Trudeau parce que ce projet des RD créerait beaucoup de systèmes différents.
Les USA, le Canada et l’Angleterre joignirent leurs efforts militaires pour trouver un moyen de développer le super canon du Dr Bull avec le Général Trudeau. Mais au moment même où les décisions sur le budget militaire pour fabriquer l’arme, durent être prises, les différents Gouvernements s’engagèrent dans la voie du missile guidé et les lancements de véhicules par fusées plutôt qu’avec le super canon. Bien que le super canon ait un certain potentiel, les USA, le Canada et l’Angleterre étaient allés trop loin dans leurs propres programmes de missiles guidés pour commencer une arme d’un type complètement nouveau. Et à la fin, ils décidèrent de stopper les recherches sur le super canon.
Dans les années 1980, Gerald Bull, que Corso rencontra lors d’une réception en l’honneur du Général Trudeau en 1986, entrait en négociations avec Israë l, ainsi qu’avec l’Irak. La longue guerre entre Saddam Hussein et l’Iran fournissait un territoire fertile pour la vente d’armes en général et en particulier pour Gerald Bull qui était courtisé par les deux côtés. À la fin, il coupa court à son marché avec les Iraniens : il fallait tester des versions expérimentales du super canon et en planifier la construction avant que les Anglais n’interviennent.
À cette période, Bull devint une menace pour les Iraquiens, pour les Israéliens et pour les Américains et fut tué par balle dans son appartement en Belgique, avant la fin de la Guerre du Golfe.
Comme Jules Verne dans son ouvrage « De la terre à la lune  », Bull avait la vision d’une pièce d’artillerie à longue portée. Le meurtre de Gerald Bull ne fut jamais résolu et quels qu’aient été les secrets qu’il possédait, tout disparut avec lui.
Liste des omissions
Alors qu’il travaillait sur ces différents projets, durant le printemps 1962, Corso se rendit compte qu’il avait passé le plus clair de son temps sur le dossier de Roswell plutôt que sur les autres dossiers en développements.
Il lui semblait clair que le trésor trouvé à Roswell était en train de se rentabiliser dans des voies que même lui ne pouvait concevoir. La vision nocturne, les lasers et la communication par fibre optique, étaient des projets évidents mais il y avait d’autres zones à explorer en regardant simplement les problèmes posés par ce qu’ils avaient trouvés à Roswell, et non seulement avec ce qu’ils avaient récupéré de l’épave.
« Soyez plus précis  » demanda le Général, « que voulez vous dire ?  ».
« Si vous regardez ce que nous n’avons pas trouvé sur le site du crash » dit Corso, « cela prendra longtemps avant d’expliquer les différences entre ce que nous avons et ce qu’ils ont. Cela nous démontre aussi ce que nous avons besoin de développer si nous voulons nous préparer au voyage dans l’Espace pour de longues périodes.  »
« Pouvez vous m’en faire une liste ?  » demanda le Général « Il y a beaucoup de contrats de recherches en cours, avec l’extérieur qui pourraient bénéficier de la liste de ce que nous avons.  »
Quand la réunion fut finie, le Général Trudeau demanda à Corso de, non seulement faire une liste de ce qu’ils appelaient, les « omissions  », mais aussi de faire un bref rapport détaillant les zones où Corso pensait que le développement devrait se faire. Donc il rassembla tous les rapports et les informations du dossier Roswell et commença à regarder ce qu’il pourrait manquer dans ce qu’il pensait être un crash de voyageurs spatiaux.
Il n’y avait pas de trace de source de nourriture ou de nutrition dans aucuns des rapports et aucune unité de conditionnement de nourriture ne fut trouvée à bord, pas plus que de stockage de nourriture. Il n’y avait pas de trace de réfrigérateurs pour la préservation de la nourriture.
Il n’y avait pas d’eau potable non plus dans le vaisseau, pour se laver, ni de toilettes. Les rapports de terrains disaient que l’équipe de récupération avait trouvé ce qui semblait être un kit de première urgence parce qu’il contenait du matériel qui d’après un médecin était un bandage, mais il n’y avait pas de médicaments ni d’installation médicale. Et pour finir, il n’y avait pas non plus d’installation de repos, pas de lit ou de couchette.
D’après ces données, l’Armée supposa que l’ovni était un appareil de reconnaissance et qu’il pouvait rapidement retourner à un vaisseau mère où tout le matériel manquant se trouvait. L’autre explication, par le Dr Hermann Oberth, était que le vaisseau était un appareil à voyager dans le temps qui ne parcourait pas de grandes distances dans l’espace. En fait, il « sautait  » d’une ligne de temps à une autre ou d’une dimension à une autre, et retournait instantanément à son point de départ. Mais ce n’était que spéculation de la part du Dr Oberth.
Toutefois, Corso pense que les EBEs n’avaient pas besoin de nourriture ou d’installation sanitaire parce qu’ils étaient fabriqués comme des robots ou des androïdes, pour le voyage spatial et pour des tâches spécifiques sur les planètes qu’ils visitaient. Exactement comme le rover (balladeur) lunaire en 1970, qui était un robot.
Peut-être que leur programmation pouvait être modifiée à partir d’une source lointaine mais Ils n’étaient pas des formes de vies qui avaient besoin de se sustenter.
C’étaient les créatures parfaites pour voyager dans l’Espace et pour visiter d’autres planètes. L’humain toutefois n’était pas un robot et avait besoin de se sustenter. Donc il était nécessaire de fournir des aliments et des sanitaires, pour une longue période, si l’homme voulait voyager dans l’espace.
Les Scientifiques des RD pensaient que le vaisseau n’était peut-être qu’une soucoupe éclaireuse et qu’elle fut touchée par un éclair d’orage cette nuit-là . Ils croyaient que le vaisseau était dirigé par un système de propulsion électromagnétique. D’autres Scientifiques pensaient qu’avant de pouvoir générer une puissance suffisante pour un système de navigation identique, ils devaient développer d’abord une source de puissance nucléaire.
Comme pour l’absence de nourriture, cela poserait un énorme problème pour l’exploration spatiale, longue distance, par l’homme.
Ainsi, dans sa rapide liste au Général Trudeau, Corso suggéra qu’ils devraient développer deux articles : un approvisionneur de nourriture qui ne devrait jamais tomber en panne et qui ne nécessiterait pas de réfrigération et une machine nucléaire qui pourrait être assemblée dans l’Espace afin de fournir l’énergie nécessaire à un vaisseau interplanétaire.
Nourritures irradiées
Le Général lut les notes de Corso quelques jours plus tard et sembla impressionné. Puis il prit son téléphone, composa un numéro et dit à la personne au bout du fil qu’il était prêt, enfin il regarda Corso.
« Prenez votre chapeau, Phil  » dit-il « Rejoignez-moi sur l’héliport. Nous sommes invités à déjeuner.  »
Dix minutes plus tard, ils arrivèrent sur le « Quarter-Master Center.  ».
Un officier anonyme les rejoignit à l’héliport. Il les salua et dit « Voulez-vous bien me suivre  »
Il les emmena jusqu’à une salle de stockage où se trouvaient des rayons de tous types de viandes, de fruits et de légumes. « Regardez ce porc  » dit-il « il est stocké ici sans réfrigération depuis des mois et il est vierge du ver solitaire.  » Il montra deux oeufs et du blanc de poulet. « Oeufs, non réfrigérés et poulet. Complètement vierge de Salmonelle. Et c’est la même chose pour la nourriture marine.  »
L’homme escorta Corso et Trudeau le long des rayons et expliqua les vertus de chaque article, comme un vendeur. La nourriture était emballée, mais non salée, dans une cellophane transparente.
« Sans champignons, ni spores  » dit-il à propos des légumes, « Pas de moisissures ou d’insectes dans le fruit.  » dit-il également « Et le lait, ici depuis deux ans, n’a pas encore tourné. Nous avons franchi de grandes étapes dans la préservation de la nourriture sans salage, fumage, réfrigération, congélation ou mise en conserve.  »
« Est-ce que cela répond à vos questions, mon Colonel ?  » lui demanda le Général Trudeau.
Le Commandant Général du Centre les rejoignit. « Prenez votre déjeuner, messieurs  » dit-il en choisissant un gros steak pour lui-même. « Je vais prendre ceci et, si vous le permettez, je vais demander la même chose pour vous, Général Trudeau et pour vous aussi mon Colonel. Et pourquoi pas quelques pommes de terre et quelques fraises pour le dessert. Tout est frais, délicieux et inoffensif.  » puis il fit une pause « et complètement bombardé, par ce que quelques personnes appelleraient, des doses létales de radiations pour détruire toutes les bactéries et les infections.  »
Ils furent escortés jusqu’à la salle à manger du Commandant où ils furent rejoints par d’autres Officiers et par des Chercheurs civils dans la technologie alimentaire.
Ceux-ci expliquèrent la technique par radiations ionisantes afin de détruire les bactéries, afin de préserver la nourriture sans mise en conserve ou fumage.
Toutefois comme l’atmosphère à l’extérieur était sale, les aliments étaient protégés par de la cellophane.
Les autres aliments étaient empaquetés dans du plastique transparent et étaient étalés pour les visiteurs comme s’ils se trouvaient dans un supermarché.
Pendant qu’ils dînaient, les experts continuèrent leurs explications et dirent qu’ils testaient sur des volontaires de la nourriture irradiée puis ensuite congelée.
« Mais attendez une minute  » dit Corso, « Je ne comprends pas pourquoi vous irradiez la nourriture et ensuite la congelez.  »
L’ingénieur attendait cette question parce qu’il avait une réponse toute prête. « Parce que  » dit-il « nous testons seulement les effets nocifs de la radiation. Ce que nous devons prouver, ce sont les effets nocifs du procédé d’irradiation sur l’animal et l’homme. Aucun effet toxicologique de quelque sorte, de plus nous sommes très minutieux avant de tester cette nourriture sur des volontaires humains.  »
« Et l’étape suivante ?  » demanda Corso
« Nous allons tester le goà »t des aliments favoris à Fort Lee, Virginie, pour voir comment les troupes sur le terrain réagissent avec ceux ci. Nous pensons qu’avant la fin de la décennie, nous aurons une variété de repas prêt à consommer pour les troupes sur le terrain qui n’auraient pas les moyens de cuisiner.  »
Le Général Trudeau regarda Corso et celui-ci inclina la tête. C’était une excellente nourriture.
« Messieurs,  » dit le Général Trudeau alors qu’il se levait. Comme Général trois étoiles, il était le plus gradé dans cette pièce et quand il parlait, tout le monde était silencieux. « Mon assistant pense que votre travail est très important pour l’Armée, pour notre pays, et pour le monde et qu’il va contribuer à nous faire voyager dans l’Espace. J’ai la même opinion que lui. Nous sommes très impressionnés par vos résultats et nous voulons vous aider à étendre vos opérations et à accélérer le processus de test. L’Armée a besoin de ce que vous développez. Dans les deux semaines qui viennent, faites moi suivre les valeurs de budget supplémentaire nécessaire pour étendre vos opérations et je l’inclurai ainsi dans le budget de l’année prochaine.  »
Ensuite il se tourna vers Corso, inclina la tête et ils remercièrent le Commandant Général pour le dîner et retournèrent à l’hélicoptère du Général Trudeau.
« Que pensez vous de tout ceci, Phil ?  » demanda t-il, alors que le pilote l’aidait à monter dans l’hélicoptère.
« Alors qu’en pensez vous ?  » demanda t’il à nouveau.
« Je pense que si nous sommes assez rapides, nous aurons bientôt les EBEs ici pour nous demander un peu de notre nourriture irradiée  » dit Corso.
Le Général Trudeau se mit à rire alors que l’hélicoptère s’élevait pour les ramener au Pentagone.
« Maintenant vous devez travailler sur votre système de propulsion atomique. Si la NASA n’a jamais eu la tête à développer la construction d’une station spatiale, j’aimerais que les Militaires aient une source de puissance qui puisse les envoyer là -bas pour un certain temps. Si nous arrivons à avoir une fenêtre de surveillance sur nos Visiteurs, je veux que cela soit plus tôt que plus tard. »
Et avant la fin de la semaine, Corso se rendit à Fort Belvoir, Virginie, pour apprécier les développements que l’Armée avait entrepris sur le réacteur portable.
Réacteur atomique portable
Un des challenges les plus directs posé par la découverte de Roswell était que le vaisseau n’était pas propulsé par un moteur conventionnel. Mais les Américains n’avaient pas de tel système.
La forme de propulsion la plus proche qu’ils possédaient était l’énergie atomique qui était elle-même en cours de développement. Toutefois à la fin de guerre, ils eurent le contrôle de cette énergie grâce au développement de la bombe atomique.
Donc pour les Ingénieurs de l’Armée, réfléchissant sur la source de puissance du vaisseau de Roswell, la puissance atomique était la forme de propulsion la plus facile parce que la plus immédiate.
Le Président Truman décida que le programme nucléaire National serait géré par une commission civile. Ainsi, en 1947, l’Armée fut mise hors course pour le commerce de la puissance nucléaire, cela ne voulant pas dire que les recherches sur les applications militaires de l’énergie atomique étaient stoppées.
Ils avaient besoin de développer un réacteur nucléaire, non seulement pour fournir la propulsion aux navires de la Navy, mais aussi pour expérimenter les manières de rendre portable la puissance nucléaire dans l’Espace, par assemblage de systèmes en orbites à partir de composants séparés.
Ça les rendrait capables de maintenir des avant-postes à long terme et même d’alimenter des navires interplanétaires qui pourraient servir de force défensive face aux Extraterrestres hostiles.
Si ça ressemble à de la science-fiction, il faut se rappeler que tout ça se passait en 1947 que la nation venait à peine de sortir de la Deuxième Guerre Mondiale et qu’elle entrait dans la Guerre Froide. La guerre, pas la paix, était dans les esprits des Officiers qui avaient la responsabilité de la découverte de Roswell et l’analyse de l’épave.
L’Armée, dans des rapports sur les « Réacteurs atomiques militaires  » découverts par Corso à Fort Belvoir, n’avait pas seulement un programme de réacteur portable très sophistiqué déjà en route mais en avait déjà fabriqué un, en coopération avec l’Air Force, à la station radar de Sundance, Wyoming, en 1962. C’était un générateur qui fournissait de la vapeur d’eau à la station radar et de l’énergie électrique à la base.
Mais ce ne fut toutefois pas le premier réacteur portable comme la plupart des gens le pensent.
Le premier réacteur portable fut destiné à une installation de recherche au Groenland, le camp Century, un projet d’Ingénieurs militaires à 900 miles du Pôle Nord. Le camp effectuait des recherches sur l’hiver arctique et était aussi un poste d’observation vital sur les activités Soviétiques ou toute autre activité en rapport avec des observations d’ovnis ou des atterrissages.
Pendant les années où Corso se trouva à la Maison Blanche, le groupe de travail sur les ovnis avait continuellement poussé le Président Eisenhower à établir des postes d’écoutes électroniques, constituées d’équipes de l’Air Force et de l’Armée, un peu partout sur la planète, pour rapporter toute l’activité des ovnis.
Le Général Twining du groupe de travail, avait fait valoir que si les EBEs avaient des plans pour installer des bases terriennes semi-permanentes, cela ne se ferait pas dans des zones habitées ou dans des zones où les Militaires pourraient les observer.
Ce serait aux pôles, au milieu des régions les plus isolées qu’ils pourraient les trouver, voire même sous les océans.
Les pôles semblaient manifestement les plus probables parce que durant les années 50, les Américains n’avaient pas de surveillance satellites qui permettait de suivre l’activité extraterrestre, ils n’avaient pas non plus de présence permanente aux deux pôles.
Il fut évoqué qu’ils ne pourraient pas implanter d’installations sophistiquées aux pôles parce qu’ils n’avaient pas d’énergie suffisamment compacte transportable. Toutefois, le programme de l’Armée sur la puissance nucléaire, développé dans les années 50 à Fort Belvoir, leur fournirait la capacité d’installer une base alimentée en énergie nucléaire partout sur la planète.
En 1958, le travail commença au camp Century, lequel fut construit sous la glace. Au début, cela fut supposé être top-secret parce qu’ils ne voulaient pas que les Soviétiques sachent ce qu’ils faisaient.
Toutefois, le niveau de sécurité fut trop complexe à conserver à cause des trop nombreux entrepreneurs extérieurs impliqués dans la logistique. Donc les Renseignements de l’Armée décidèrent de dé-classifier complètement le plan et le traita comme une expédition scientifique par ses chercheurs polaires.
Comme l’opération de camouflage protégea l’existence du groupe de travail, le camp Century fournit la couverture parfaite pour tester la procédure de construction d’un réacteur nucléaire préfabriqué. Il fournit aussi à l’Armée la possibilité de tester les performances du réacteur et évaluer la façon de l’entretenir dans un endroit totalement isolé, dans des conditions extrêmes de climat.
La construction complète prit seulement 77 jours et le camp fut opérationnel d’Octobre 1960 à Aoà »t 1963. Ensuite le site du camp fut complètement restauré dans son état naturel.
Corso reçut des rapports sur les opérations du camp durant les derniers mois de 1962. Il fut si enthousiasmé du succès de leur réacteur atomique portable qu’il pressa le Général de fournir autant de financement que possible, de la part des RD, pour le programme de réacteur nucléaire de Fort Belvoir, de manière à construire et tester autant de réacteurs portables que possible.
Une fois qu’ils eurent démontré leur capacité de se protéger dans n’importe qu’elle région de la Terre, ils furent en meilleure position pour établir une présence dans l’espace.
Le programme nucléaire, qui était directement lié au challenge posé par les analyses du vaisseau de Roswell, les aida, en phase finale, pour développer des piles atomiques portables, lesquelles sont actuellement utilisées aussi bien dans les satellites que dans les navires de la Navy.
Il fournit aussi les bases de recherche pour envoyer des installations nucléaires dans l’Espace.
Et forts de leur succès avec l’atome, ils tournèrent leur attention vers le développement d’armes qu’ils pourraient installer dans les satellites de surveillance en orbite.
Des armes qu’ils développèrent directement à partir de ce qu’ils avaient trouvé dans la soucoupe volante de Roswell.
17 - Le rayon de la mort de Tesla et le canon à particules accélérées
Intégré dans les rapports militaires, analysant le vaisseau de Roswell, il y avait des descriptions sur la façon dont le vaisseau devait utiliser une forme d’énergie connue comme « énergie dirigée  » .Un faisceau puissant de particules accélérées qui pourrait être dirigé, avec précision, sur une cible.
Ils ne connaissaient pas grand-chose de l’énergie dirigée en 1947 mais ils ne savaient pas non plus, qu’en réalité, ils en connaissaient beaucoup plus qu’ils ne le pensaient. L’information était déjà disponible depuis les années 30 et était séquestrée dans une unité de stockage civile, sous l’autorité du Gouvernement Fédéral.
Il s’agissait des notes d’un mystérieux inventeur, Nikola Tesla dont les expériences et découvertes, reconnues, étaient devenues un truc bizarre mais aussi une légende qui excitait l’imagination.
Le laser chirurgical trouvé dans l’épave de Roswell était une des formes de faisceau d’énergie dirigée, lequel démontrait les capacités bien plus étendues des Extraterrestres par rapport aux humains. Toutefois, si le vaisseau avait été descendu par un éclair, lui-même un rayon d’énergie dirigée de grande magnitude, cela montrait leur vulnérabilité pour maintenir les électrons en place.
Cela stimula les Scientifiques et les Chercheurs dans l’analyse du potentiel d’une arme à rayon d’énergie dirigée.
Aujourd’hui, 50 ans après le crash du vaisseau spatial à Roswell, ces armes sont bien plus que les appareils de l’Empereur Ming dans la série Flash Gordon. Elles sont une réalité. Cette arme a été un des vrais succès des RD.
« Les possibilités de bénéfices pour l’Armée sont énormes  » écrivit Corso au Général Trudeau, dans ses analyses de 1962, sur le potentiel du rayon d’énergie dirigée.
Le concept d’une arme reliée à un rayon d’énergie dirigée, quelle que soit la nature du rayon, n’était pas un concept entièrement nouveau pour la communauté militaire, bien que ses origines soient restées totalement secrètes.
Le premier test de faisceau d’énergie dirigée eut lieu en 1958 et se nommait « Seesaw  », deux ans avant la démonstration réussie du laser et fut exécutée par l’ARPA (Advanced Research Projects Agency). Corso fut au courant de ce projet lorsqu’il était au NSC, à la Maison Blanche.
En théorie, le rayon d’énergie dirigée était, ce à quoi il ressemblait. Il y avait toujours eu un modèle de ce genre de rayon dans la nature : l’éclair d’orage. Les Scientifiques, de Benjamin Franklin à Nikola Tesla, avaient essayé de canaliser la puissance de l’éclair comme source de puissance. Maintenant l’ARPA expérimentait cette théorie dans une nouvelle arme meurtrière.
S’ils pouvaient concevoir la machinerie et définir le software, les Développeurs de l’ARPA décidèrent qu’ils seraient capables de générer un intense rayon d’électrons ou d’atomes d’hydrogène neutre, le pointer sur une cible et faire feu avec ce rayon. Les pulsations voyageraient à la vitesse de la lumière et exciteraient les atomes de la cible, jusqu’à ce qu’ils explosent littéralement. Ce qui ne pourrait pas exploser, serait détruit électriquement et rendu inutile.
Officiellement, le projet devait rester secret jusqu’à ce qu’ils aient la technologie pour construire un prototype opérationnel. La grande crainte des développeurs de l’ARPA était que les Soviétiques, réalisant ce qu’ils essayaient de faire, veuillent accélérer leur effort pour en fabriquer un avant Eux, ce qui rendrait le nouveau développement Américain obsolète avant même qu’il ne soit sur une rampe de lancement.
L’ARPA était un réseau très secret de Scientifiques de la Défense, de membres des Industriels liés à la Défense et de Chercheurs Universitaires.
L’ARPA fut fondée en 1958, en partie, pense Corso, parce qu’à ce moment-là , les RD avaient un département de recherche à peine capable de gérer la recherche nécessaire pour rendre leur technologie supérieure à celle de leurs ennemis. Cela créa un manque dans la recherche et l’ARPA fut créée pour le combler. L’ARPA fut souvent en conflit avec l’Armée parce qu’elle avait son propre ordre du jour et plus particulièrement, après que le Général Trudeau ait réorganisé complètement les RD et l’ait transformé de telle façon que ça tourne comme une horloge.
En 1969, l’ARPANET est née. En 1970, après que l’ARPA soit devenue le DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), elle institua un projet pour relier et unifier en réseau tous les ordinateurs existant dans les systèmes de l’Armée, instituant les protocoles des logiciels qui pourraient relier les stations de travail fonctionnant à différents endroits.
En 1974, le TCP/IP était né et l’ARPANET devint l’Internet. À la fin des années 80, le laboratoire Européen pour la physique des particules lança un langage hypertexte, comme mécanisme de recherche sur Internet et en 1990, l’intégra avec une interface graphique, qui combinait le graphisme et le texte. Le World Wide Web (WWW) était, à son tour, né.
En 1958, pendant les premiers développements du canon à particules, l’ARPA avait seulement 1 an. Elle fut formée en 1957, en réponse au succès du lancement de Spoutnik par les Soviétiques.
L’ARPA n’apparut pas de nulle part, son ancêtre, le NSC, avait été formé sous le Président Wilson pour organiser et gérer la recherche scientifique.
Une des premières tâches déférées, au NSC fut le développement d’un sous-marin.
Pendant la Première Guerre Mondiale, les U-Boats Allemands avaient ravagé les flottes de l’Atlantique. La Navy cherchait désespérément un moyen pour détecter les sous-marins, et bien que Nikola Tesla ait fournit les plans d’un détecteur à faisceau d’énergie qui pouvait envoyer des ondes basse-fréquence à travers l’eau pour se réfléchir sur n’importe quel objet occulté, la NSC pensa que l’idée était trop ésotérique et chercha une technologie plus conventionnelle.
De toute façon, l’onde de basse énergie ne fonctionnait pas correctement dans l’eau mais des années après, la description de Tesla de son invention fut la base d’un des plus importants appareils apparus pendant la Deuxième Guerre Mondiale : le radar.
Le problème avec l’ARPA, c’est quelle était politique et qu’elle avait son propre ordre du jour. Il n’était pas inhabituel que des conflits surviennent entre le chef des RD, le Général Trudeau, opérant dans une structure militaire et l’ARPA, à propos des fonds disponibles ou sur des problèmes d’ordre politique.
Les équipes de l’ARPA et le Pentagone croisèrent le fer plus d’une fois et plus d’une fois l’ARPA essaya de jeter le blâme, de ses propres défauts et erreurs, sur le dos des Militaires.
Pendant les premières années de la Guerre du Vietnam, par exemple, l’ARPA essaya de condamner le Général Trudeau pour les erreurs de déploiement de l’Agent Orange.
Mais les RD et le Général Trudeau n’étaient pas responsables du tout de l’Agent Orange. C’était, au début, le bébé de l’ARPA. Mais quand les rapports de terrains commencèrent à arriver sur les dégâts que l’Agent Orange causait à leurs propres troupes, l’ARPA prétendit qu’il aurait dà » être certifié avant utilisation par le Congrès et de fait le Général Trudeau s’en trouvait responsable.
Corso sauta au plafond. Il fit savoir aux équipes de l’ARPA qu’il ne se ferait pas prier, d’aller en parler aux commissions du Congrès, sans plus de protocole que ça, jusqu’à ce que tout le monde sache que l’ARPA essayait de rejeter sa responsabilité dans la négligence du déploiement d’un mauvais agent chimique. L’ARPA fit machine arrière mais cela créa un froid entre eux.
Quand le concept de l’ARPA fut discuté à la Maison Blanche, Corso vit tout le potentiel de la chose aussi bien que le problème mais il savait aussi qu’un ordre du jour secret dirigeait toute la politique du Groupe de travail sur les ovnis. Pour le Groupe, l’ARPA constituait un avantage parce que ça les autoriserait à avoir des liens avec la Communauté Universitaire et de cette façon ils pourraient trouver, à l’extérieur, toutes les informations, sur les ovnis, qui n’étaient pas fournies par les Militaires.
En d’autres termes, l’ARPA, en plus d’être un groupe de recherche, était aussi une autre agence de collecte de renseignements, dédiée aux communautés scientifiques et académiques.
Par conséquent, quand l’urgence s’en fit sentir en 1957, dans la course à la technologie pour le programme spatial contre les Soviétiques, cela ne surprit personne que ce soit l’ARPA qui ait la responsabilité de développer une réponse militaire. Et contre le challenge opposé par le programme de satellites Soviétiques, le rayon à particules était la direction logique à prendre comme réponse.
Les USA devaient développer une arme qui pourrait, théoriquement, descendre les satellites Soviétiques ou les rendre aveugles, ainsi ils ne pourraient pas prendre de photos. Ils devaient mettre leurs ressources dans la Communauté Académique de recherche pour voir si un groupe de talent pouvait développer une telle arme.
Dans le même temps, ils ne voulaient pas déranger la recherche militaire dans le domaine des armes exotiques pendant que les Militaires essayaient de mettre leurs propres satellites en orbite.
Mais plutôt que de mettre le plan directement dans les mains des Militaires des RD, ils suivirent une trajectoire, probablement initialisée par le groupe de travail sur les ovnis et cherchèrent une organisation qui ne soit pas directement impliquée dans la recherche militaire.
Durant la présence de Corso à la Maison Blanche, il put voir la main de la CIA dans tout ça. Il savait que le Gouvernement créait un autre budget et une autre subvention bureaucratique que la CIA, en fin de compte, contrôlerait.
Cela ne fut pas une surprise, non plus, que la première arme, dont la mission était dirigée contre les véhicules spatiaux et les véhicules en entrées atmosphériques, fut celle à énergie dirigée, un canon à particules accélérées. Le créateur original en était Nikola Tesla et certains de ses papiers se trouvaient sur le bureau de Corso quand il arriva aux RD en 1961.
Tesla avait écrit sa théorie sur les armes à énergie dirigée avant le début du vingtième siècle. Son fameux « rayon de la mort  » était une version d’un canon à particules qui, pensait-il, installerait la paix sur la terre parce qu’il pourrait détruire des cités entières partout dans le monde et instantanément.
Mais avant l’annonce de son rayon de la mort, Tesla fit fortune grâce à ses expériences sur la transmission électrique sans fil et à son faisceau d’électrons dirigés. En 1890, Tesla expérimenta un appareil qui deviendrait le cyclotron du vingtième siècle ; un autre appareil qui deviendrait la télévision ; il formula les concepts de ce qui est aujourd’hui la télévision mondiale et les réseaux radiophoniques.
Nikola Tesla arriva aux USA en 1884 pour rencontrer et travailler avec un autre génie, Thomas Edison.
Les deux hommes étaient très différents dans l’approche de leurs inventions. Edison était un bricoleur qui construisait à partir d’une idée, reconstruisait, défaisait et refaisait jusqu’à ce que ça marche.
Tesla, pensait entièrement le projet dans sa tête, le visualisait dans toute sa complexité et ensuite l’assemblait d’après sa propre vision. C’était déconcertant pour Edison, qui souvent commenta à son ancien assistant, Charles Batchelor, que la capacité de Tesla de construire quelque chose d’après les schémas de son esprit, n’était pas naturelle. Tesla était aussi un fastidieux académicien qui aimait discuter de théorie alors qu’Edison était plutôt un inventeur autodidacte qui bien souvent travaillait et dormait dans les mêmes vêtements pendant des jours.
Il est ironique que la rivalité entre les deux hommes, jusqu’à leurs morts, ait fourni des inventions à travers lesquelles la plupart de la technologie moderne est construite. Cette rivalité engendrant deux grandes compagnies, Général Electric et Westinghouse qui perpétuent cette rivalité encore aujourd’hui.
La rivalité entre Edison et Tesla servit, aussi, à définir la nature de l’industrie électrique des USA et du dispositif électrique industriel.
Edison mourut en 1930 et Tesla en 1943.
Tesla était un génie, un homme en avance sur son temps. Avant même qu’Isaac Asimov invente le terme « Robotique  » dans son roman de science-fiction « I robot  », Nikola Tesla avait inventé le premier « automaton  » ou soldat mécanique et un modèle de bateau contrôlé robotiquement.
Tesla fut l’homme dont les idées aidèrent les scientifiques de l’ARPA face à la menace du premier satellite en orbite, Spoutnik, mais encore plus face aux EBEs, qui, voyant le satellite Russe, seraient convaincus que si la colonisation de la Terre était leur but, les Russes pourraient les aider.
Quelle était l’idée de Tesla ?
En 1899, Tesla écrivit sa théorie sur la transmission sans fil du courant électrique, ce qui allait révolutionner les communications. Tesla rapporta qu’il avait expérimenté un rayon d’énergie électrique, qui excitait les atomes dans la substance où pointait le rayon. Une telle arme, disait-il, allait révolutionner la guerre. En fait, cet appareil était très similaire à l’outil de coupe laser, trouvé sur le site de Roswell.
Quand Corso réalisa que Tesla avait démontré qu’un bateau radio piloté pouvait emmener des torpilles directement au coeur de la flotte ennemie, il ne comprit pas pourquoi la Navy n’avait pas sauté sur cette idée pour la Première Guerre Mondiale et pas plus pour la Deuxième Guerre Mondiale, alors qu’elle savait que les Allemands étaient en train de l’expérimenter.
Aujourd’hui, ils dépensent des millions de dollars pour la conception d’un véhicule télécommandé similaire au concept que Tesla avait inventé 100 ans plus tôt.
En 1915, Tesla écrivit au Département de la Guerre Américain qu’en plus de son bateau télécommandé, ils devaient considérer d’urgence l’appareil volant radiocommandé « sans ailes, ailerons propulseurs et autres appendices externes, qui serait capable de se déplacer a très grande vitesse. Cette machine entièrement propulsée par réaction (type moteur de fusée), pourrait être contrôlée par radio ou mécaniquement.  »
La description de Tesla, qui parle d’un appareil bien plus évolué que les V2 Allemands, était le précurseur des ICBM actuelles.
Les expériences de Tesla sur le canon à particules étaient déjà bien avancées lorsque que Corso fut invité dans une station expérimentale qui prouverait qu’on pouvait transmettre la puissance électrique en utilisant l’atmosphère terrestre plutôt qu’en utilisant un lourd câble. Tesla décrivit son expérience dans un article pour le 30e anniversaire de « Electrical World and Engineer  » en 1904.
En 1899, il y eut des rumeurs selon lesquelles Tesla expérimentait un « rayon de la mort  » au Colorado, mais celui-ci n’en parla jamais et en fait ne dit jamais rien sur ces expériences même quand les Anglais, les Allemands, les Russes et les Américains, dans les années 20, s’apprêtaient à appliquer les brevets de l’invention.
Dans les années 30, toutefois, Tesla écrivit qu’il avait fait une nouvelle découverte qui rendrait la guerre obsolète parce que chaque nation aurait le même pouvoir de destruction envers l’autre. Cela fournirait un mur de puissance qui offrirait un obstacle insurmontable face à une agression.
Mais ce n’était pas un rayon de la mort, parce que les Scientifiques dans les années 70, réalisèrent que les rayons avaient tendance à se diffuser sur de grandes distances et que quelque chose était nécessaire pour en maintenir l’intensité.
Bien que Tesla décrive comment ce rayon pouvait transmettre une émission de télévision et la projection d’images, il décrivait, réellement, le canon à particules accélérées que l’ARPA essayait de développer 25 ans après qu’il ait écrit à ce sujet et 11 ans après que les objets, tel que l’outil laser, furent trouvés à Roswell.
Dans les années 1930, Tesla dit que son canon à particules pourrait détruire les avions en vol et protéger les cités. ll fit des propositions aux Russes, pour développer une telle arme, parce que Staline était effrayé par une possible invasion du Japon.
Il décrivit aussi au Ministre Britannique les capacités de son canon à protéger Londres contre les attaques des Allemands. Mais personne ne pensa que son canon à particules était réalisable.
Le rayon de la mort de Tesla ne fut jamais développé durant sa vie. Mais comme il y eut des allusions selon lesquelles les Allemands et les Russes étaient intéressés par les idées de Tesla, quand celui-ci mourut en Janvier 1943, le FBI, récupéra immédiatement tous les papiers, schémas, textes, dessins et les rangea à l’OAP (Office of Alien Property) où ils seraient, théoriquement, stockés jusqu’à ce qu’ils soient renvoyés à l’ambassadeur de Yougoslavie. Ces fichiers restèrent stockés à Manhattan jusqu’au début des années 50, ensuite ils furent retournés à la Yougoslavie. Cependant, le gouvernement Yougoslave pensait que le FBI avait photographié et mit sur microfilms tous les documents de Tesla.
J. Edgar Hoover le nia mais des copies de photographies des papiers de Tesla se trouvaient aux RD quand Corso arriva en 1961. Comment étaient-elles arrivées là ?
En fait, une autre copie de la monographie de Tesla fut envoyée au groupe de travail du Général Twining, puis à l’ARPA. Elle fit son apparition quand le Groupe de travail réalisa, suite au lancement de Spoutnik, que les USA n’avaient absolument aucune défense contre les Russes et encore moins contre les EBEs.
Ils avaient, cependant, une seule possibilité qui pourrait interférer avec le champ électromagnétique que les Extraterrestres utilisaient, pensaient-ils : un canon à particules qui pourrait interrompre l’onde électromagnétique autour du vaisseau spatial et pénétrer la zone d’anti-gravité.
Le rayon détruirait complètement l’onde électromagnétique du vaisseau. Avec ce moyen, même si le vaisseau n’explosait pas, il serait forcé de s’écraser en raison de la suppression de sa capacité à s’opposer à la gravité.
Tesla avait compris que le canon à particules était comme un éclair d’orage, avec la même capacité destructrice, mais mieux contrôlée.
Les recherches et expériences conduites après 1980, pour un prototype de canon à particules, définirent 2 types d’armes :
Celles qui seraient utilisées exclusivement dans l’Espace et celles qui seraient utilisées sur Terre. Chacune avait des caractéristiques différentes mais les similitudes du canon à particules étaient les mêmes pour les deux.
Alors que Corso commençait à travailler sur la recherche de base pour le canon à particules, les Scientifiques lui dirent que l’arme devait avoir des caractéristiques lui permettant de détruire sa cible :
Le rayon devait se propager à très haute vitesse, proche de celle de la vitesse de la lumière, pour que les cibles ne puissent s’échapper. Même les ovnis voyagent moins vite que la lumière.
Le rayon devait rester assez longtemps sur sa cible pour lui causer des dommages. Sur Terre, il suffirait de quelques secondes, mais dans l’espace, où les distances sont plus grandes, il faudrait un peu plus de temps pour détruire la cible.
On devait être capable de pointer immédiatement le rayon sur la cible. Comme, par exemple, s’il fallait pointer le rayon sur des ogives multiples. Ça devait pouvoir être faire en quelques secondes : tir, déplacement, tir, déplacement, etc.
Le rayon devait être capable de pénétrer la cible pour lui causer de vrais dommages et pour détruire son électronique.
Le rayon devait être capable de tuer à travers sa pulsion électromagnétique.
Utilisée comme arme spatiale, la pulsion électromagnétique aurait un effet similaire sur les satellites ennemis, tuant leurs programmes de contrôles et rendant leurs systèmes de guidages inopérants.Un canon à particules, comme le laser, devait pouvoir être utilisé sous n’importe qu’elles conditions météorologiques.
À la fin des années 50, alors que les Scientifiques réfléchissaient sur la façon de faire un prototype opérationnel, ils réalisèrent qu’ils avaient besoin d’un générateur de puissance assez fort pour générer le rayon.
Quand Corso quitta le Pentagone, le travail continua sur la théorie d’une telle arme mais rien de plus ne fut fait pour réunir les sommes importantes de ces technologies comme : l’accélérateur de particules atomiques, les ordinateurs de ciblage, les lasers à haute énergie et la façon de rendre l’ensemble portable.
Aujourd’hui, toutefois, des versions basse énergie, de ces armes à énergie dirigée, sont actuellement sur le marché pour l’installation sur les voitures de police comme arme contre les véhicules en fuites, comme moyen pour arrêter une poursuite avant même qu’elle ne commence. L’onde électromagnétique détruirait le système de démarrage de la voiture.
Pour Corso, l’ironie à toujours été dans le lien étroit entre le travail historique, les découvertes de Nikola Tesla, et la technologie développée par les Extraterrestres d’après les évaluations de l’épave de Roswell.
Tesla avait expérimenté la transmission d’énergie sans fil et les Extraterrestres semblaient avoir utilisé une sorte de transmission d’énergie sans fil pour leurs systèmes de défense et de navigation. Tesla avait écrit des théories sur la manipulation ou la distorsion du champ gravitationnel à travers les ondes électromagnétiques, les Extraterrestres semblaient l’avoir justement utilisé, comme système de propulsion. Les descriptions de Tesla sur le rayon de la mort étaient devenues, en fin de compte, les bases de la Défense Américaine face aux Extraterrestres.
Pendant que les Scientifiques, des années 50 aux années 70, argumentèrent sur le coà »t d’une telle arme, d’autres, qui comprenaient la vraie menace venant de l’Espace, argumentèrent qu’il y avait des ennemis autres que l’Union Soviétique qui auraient, un jour, la technologie pour lancer des missiles nucléaires contre les USA.
Personne n’aurait osé dire qu’ils devaient se défendre contre les soucoupes volantes.
En fait ce n’est pas avant l’élection de Ronald Reagan, en 1980, que le canon à particules revint sur scène puisqu’il faisait partie du débat, très chaud mais stratégie réussie à la clef, du SDI (Strategic Defense Initiative) ou « Star Wars  ».
Une stratégie comme « Star Wars  » et le test de quelques-uns de ses composants, suffirait à mettre les USA en position favorable en temps de guerre contre les EBEs et montrerait aux Soviétiques que les Américains avaient, finalement, une vraie dissuasion nucléaire.
L’histoire complète, derrière le SDI et la façon dont il changea le cours de la Guerre Froide en forçant les Extraterrestres à changer leurs stratégies à l’encontre de notre planète est une histoire qui n’a jamais été racontée. Mais aussi spectaculaire que cela semble être, le déploiement restreint du SDI est l’histoire sur la façon dont l’humanité a gagné sa première victoire, contre un ennemi supérieur en puissance et en technologie.
18 - Star Wars
Au printemps 1962, le Général Trudeau dit à Corso son intention de partir à la retraite. Il ne serait pas le commandant des forces US au Vietnam, lui avait-on dit.
Tous ceux qui le connaissaient, le respectaient ou le craignaient.
« Il n’y aura plus d’autres Pork Chop Hill  » dit-il quand il apprit que le Général Maxwell Taylor, avec le support de l’Armée, était passé au-dessus de lui pour le commandement du Sud-Vietnam.
Cela voulait dire que c’était son dernier commandement et qu’il se retirerait comme Lieutenant Général.
« Nous gagnerions si nous étions là -bas, Général  » dit Corso avec fureur, « vous et moi savons ce que nous avons appris en Corée.  »
Peut-être que le Général vit le visage de Corso rougir parce qu’il dit « Non, nous irions probablement en cour martiale à cause de ce que nous avons appris en Corée. Pensez à ce qu’ils nous auraient fait si nous avions gagné la guerre  ».
Puis il rigola, « nous aurions fait passer les Communistes comme mauvais. Vous savez bien que vous ne pouvez pas le faire  ».
Le Général faisait ses ‘adieux’ et commençait à compter les jours qui lui permettrait de changer son uniforme contre des vêtements civils. Il avait commandé les RD pendant 6 ans. Bien que le Général ne commente pas explicitement les faits incroyables qu’ils avaient découverts dans le dossier de Roswell, parce qu’il estimait que ce n’était qu’une partie de son travail, il en plaisanta, de temps en temps, avec son vieil ami, le sénateur Strom Thurmond.
Plus d’une fois, Corso trouva le sénateur et le Général assis dans le divan du Général qui le regardaient alors qu’il entrait.
« Dans quelles sinistres histoires pensez vous que Phil se trouve ?  » disait le sénateur Thurmond en dissimulant à peine son sourire.
« Vous étiez dans votre dossier de vieilleries ?  » répondait le Général.
« J’espère que vous savez lire l’avenir  » dit le sénateur Thurmond, « avec ce que vous lisez, vous pouvez tout prédire.  »
« Juste en me comportant comme un bon officier de Renseignement  » répondit Corso, « mon travail est de lire les renseignements et d’en faire des analyses.  »
« Hé bien, ils ne vous ont pas encore rendu fou  » dit le Sénateur et tout le monde dans la pièce savait ce que « ils  » voulaient dire même s’ils n’étaient pas autorisés à parler de « ils  » en public.
Corso préparait ses dossiers pour le Général Beech, le nouveau chef des RD, tout en sachant qu’il préparait sa propre retraite qui viendrait à la fin de 1962.
Donc il devait se préparer à devenir silencieux à propos de Roswell tout en préparant le maximum de projets dans les 6 mois restants. Corso et son nouveau patron avaient un accord tacite de ne rien diffuser sur Roswell et sur les dossiers.
À la fin de l’été 1962, d’encombrants rapports circulaient à Washington à propos de cargos Russes entrant dans les eaux Cubaines. Le trafic était intense mais les Gens du Renseignement ne savaient pas ce qui ce passait.
La CIA était complètement muette. Quelle qu’en soit la raison, la CIA devait minimiser la chose parce que l’administration de Kennedy ne voulait pas de confrontation avec l’Union Soviétique.
Qu’est ce que c’était ? Pourquoi les Russes amassaient ils des troupes là -bas ? Étaient-ce des exercices militaires ? La réponse vint avec une série de photographies de surveillances, prisent par avion espion, que Corso put voir grâce à des amis à l’intérieur du Pentagone. Sur ces photos, on pouvait y voir des missiles balistiques Soviétiques qui pouvaient atteindre Washington en quelques minutes.
Malgré ces photos, l’Armée n’avait rien à dire, pas plus que l’US Air Force ou que la Navy.
Quelqu’un devait mettre à jour tout ceci et donc Corso appela un de ses amis, le sénateur de New-York, Kenneth Keating, et lui demanda ce qu’il savait.
« Que voulez vous dire par missiles, mon Colonel ?  » dit-il, « quels missiles ? Où ?  »
C’était en Octobre 1962.
« À Cuba, Sénateur  » dit Corso, « ils se tiennent à Cuba en attendant d’être déployés sur des lanceurs. Vous ne le savez pas ?  »
La vérité est que le sénateur Keating n’en savait rien, pas plus que le député Mike Feighan, que Corso appela aussi.
« Ces informations viennent de nos meilleures sources  » leur dit Corso, « J’ai pu voir les missiles moi-même. Je sais à quoi ils ressemblent. Ce n’est pas une simple photo mais toute une série qui suit depuis des semaines les cargos Soviétiques.  »
Le sénateur Keating demanda à Corso si le Président Kennedy était au courant de l’existence de ces missiles. Mais Corso lui répondit qu’il n’avait pas les moyens de le savoir. Pour Corso, il était clair que l’Administration essayait de garder les informations à l’écart du Public, ainsi ni les Soviétiques et ni les Cubains ne seraient embarrassés.
Corso savait aussi qu’il prenait un grand risque en en parlant au sénateur Kealing et au député Feighan. Il faisait fuir des informations militaires.
Un des vieux amis de Corso, dans la presse de Washington était Paul Scott. Ses articles apparaissaient dans le « Boston Globe  » et le « Washington post  ». Si Corso lui donnait son histoire, elle serait diffusée dans le Globe et le Post en même temps, obligeant le Président à faire face et l’obligeant à prendre des décisions.
Corso n’aimait pas ça, mais il n’y avait pas d’autres moyens. Donc lui, Keating et Feighan coordonnèrent une stratégie.
Corso appela Scott et lui dit qu’il avait vu quelques photos. Ils se rencontrèrent et Corso lui décrivit les copies de photos qu’il avait vues et lui expliqua, sans révéler quoi que ce soit de classifié, leur méthode de surveillance, comment les photos avaient été prises, pourquoi elles étaient authentiques et surtout ce qu’elles voulaient dire.
« Vous comprenez que j’ai vu ces cylindres  » lui dit Corso, en dessinant sur un bloc-note de fins cylindres. « Ce sont des missiles balistiques qui peuvent toucher Washington, New-York, ou Boston 15 minutes après le lancement. Nous ne pourrons détecter ces bébés que lorsqu’ils seront en dessous de l’orbite et en descente. Ils nous laissent, à peu près, 5 minutes pour nous cacher sous nos bureaux. Mais avec des têtes nucléaires, toute personne se trouvant proche du lieu de détonations ne sera pas protégée.  »
« Pourquoi les Cubains voudraient-ils entrer en Guerre avec les USA ?  » demanda Scott.
« Ce n’est pas les Cubains  » répondit Corso, « ce sont les Soviétiques. Ils ont le contrôle complet. Ils ont leurs propres troupes sur l’île et ils vont nous menacer d’un lancement si, nous ou quelqu’un d’autre, essayons d’expulser Castro.  »
« Pourquoi me dites vous cela ?  » demanda Scott.
« Parce que  » dit Corso, « le Président est au courant mais ne fera rien du tout.  »
Le journaliste était choqué. Il se doutait que Kennedy voulait éviter toute confrontation jusqu’à son second mandat mais c’était une complète capitulation. Il dit : « Il ne peut pas laisser faire ça  ».
« Bien sà »r que, oui ! il le peut  » dit Corso, « si nous ne sortons pas l’histoire, il laissera passer. Le Président s’est mis la tête dans le sable en espérant que personne ne viendrait le déranger. Vous devez mettre cette histoire dans le Globe afin de l’obliger à faire face à tout ça. Alors les Soviétiques sauront que Kennedy sait et ça créera un désordre total.  »
« Mais si ça déclenchait une guerre ?  » demanda Scott.
« Au-dessus de Cuba ? Écoutez, même le propre peuple de Khrouchtchev n’est pas prêt à sacrifier Moscou pour La Havane.  » répondit Corso « C’est un stratagème Russe  ».
L’histoire apparut dans le Boston Globe et le Washington Post dans les jours qui suivirent, forçant le Président à revenir à Washington pour se confronter à la crise.
Avec sagesse, le Président Kennedy ne décida pas l’invasion de Cuba. Leur blocus de Cuba humilia Nikita Khrouchtchev et son stratagème échoua. Kennedy fut un héros.
Si la Guerre froide semblait complexe et chaotique au début des années 60, imaginez ce que cela devait être lorsque vous deviez faire face à une autre Guerre Froide, ou la « vraie  » Guerre Froide contre les Extraterrestres, comme le disaient certains.
C’était comme si un éléphant se trouvait dans une pièce, tout le monde le voyait mais chacun l’ignorait et sa présence était si imposante que vous deviez marcher autour. Ses balancements de trompe étaient si forts que vous deviez vous baisser lorsqu’elle passait au-dessus de votre tête. Vous deviez faire attention à ce que le gros éléphant ne vous marche pas sur les pieds et vous deviez faire attention à ne pas vous tenir trop prêt de son arrière train pour ne pas être enterré avec ce qui pouvait en sortir.
Les mains de l’Armée étaient liées par la censure et par le refus du Gouvernement à laisser les Militaires gérer la menace Extraterrestre avec leurs propres ressources.
Mais plus d’un membre du Congrès était au courant de l’immense maquillage et étaient aussi ennuyés que les Militaires par l’intrusion des EBEs, par les enlèvements humains, les mutilations de bétail et l’appui de l’ordre du jour militaire pour un programme de développement d’armes dans l’Espace.
Les Militaires étaient convaincus que, quelle que soit la provenance des ovnis extraterrestres, ils tripatouillaient sur Terre, opérant en tout impunité, manipulant les humains continuellement et secrètement. Ceux qui dans l’Armée savaient ce qui se passait, pensaient aussi qu’ils pourraient faire l’expérience d’une invasion qui serait bien plus qu’une infiltration.
Les EBEs compromettaient les systèmes de défense et le Gouvernement Américain, suggéra Corso ; quand le temps du conflit viendrait, les humains seraient vulnérables.
Pour sa part, le Général Trudeau, dans les quelques mois avant sa retraite, fit un certains nombres d’apparitions devant le Congrès. Il argumenta que l’Armée devait avoir une vraie place dans l’Espace et qu’ils se devaient d’avoir une capacité de défense par missiles.
L’Armée avait été capable d’utiliser les Scientifiques Allemands dans les mois qui suivirent la fin des combats en Europe. Ce n’était pas simplement une histoire pour avoir le budget maximum, certifia le Général.
L’US Air Force était un service militaire et avait des officiers et du personnel qui savait comment se battre. Mais, le Congrès et le Président décidèrent que la NASA devrait contrôler le programme spatial. À la fin des années 60, toutefois, ils avaient inversé leur décision et avaient réalisé qu’il y avait un très sérieux aspect militaire dans l’exploration spatiale.
Le Général Trudeau avait aussi ses alliés dans les entreprises qui travaillaient pour la Défense. Pas seulement des Scientifiques mais aussi des membres de direction qui suspectaient l’Armée d’avoir une urgence pour le développement d’armes à utiliser dans l’Espace.
Quelques-uns d’entre eux réalisèrent que les Militaires devaient avoir un ordre du jour occulte, parce que chacun des projets qu’Ils proposaient, comme le programme Horizon, semblait conçu pour une guerre contre un ennemi bien plus puissant que les Soviétiques.
Le Général Trudeau était le père du missile balistique et la personne qui, des années 50 aux années 60, fit en sorte que les Forces Armées utilisent ces missiles pour eux-mêmes.
Quand vous regardez, ce que Corso appelle l’histoire secrète des USA depuis 1947, vous savez qu’il y a un éléphant invisible dans la pièce qui marche tout autour.
Le trou noir est une meilleure analogie : Les trous noirs, restes d’étoiles qui se sont effondrées sur elles-mêmes, avalent la lumière et la gravité et les compressent, comme un compresseur galactique, en quelque chose que seuls les physiciens sur les particules sub-atomiques, peuvent décrire et qui ne peut pas être vue.
Seuls les effets peuvent être déterminés de la façon dont la lumière et la gravité semblent se comporter autour d’eux.
Donc vous en déduisez qu’un trou noir se trouve à un endroit précis en voyant la façon dont la lumière et la gravité se comportent, un peu comme la trajectoire que suit l’eau dans un évier qui se vide.
C’est ce à quoi ressemblait la vérité autour de leur stratégie de la Guerre Froide et le développement d’armes exotiques.
Depuis 1947 et la formation du Groupe de travail, chaque nouvelle couche de bureaucratie opérait dans le trou noir de la stratégie ovni et la collecte de renseignements se trouvait elle-même encore plus prise au piège dans la confusion de ce qui était vrai ou faux.
En l’absence d’une politique claire qui aurait pu maintenir le tout de génération en génération, la stratégie sur les EBEs s’emmêla dans sa propre toile.
Après Décembre 1947, quand le Général Hoyt Vandenberg, le chef d’équipe de l’Air Force, dirigea l’Air Force pour évaluer et suivre les observations d’ovnis, ceci à la demande du Groupe de travail, le Projet Sign commença.
Sign fut si critiqué que même J. Edgar Hoover, en 1947, ordonna que tous les futurs rapports ne soient pas étudiés par des agents du FBI mais envoyés à l’ Air Force.
Bien que l’Air Force n’observât pas, officiellement, les ovnis, le projet Sign examina 243 observations et envoya ses rapports en Février 1949. Mais au même moment, Sign faisait son évaluation, le « Air Technical Intelligence Center  » émit son propre document appelé « Estimation de la situation  ».
Au fond, mais naïvement, le document en vint à la conclusion qu’ils devaient traiter avec les Intrus extraterrestres qui les observaient depuis des ovnis.
Le Général Vandenberg en fut furieux.
Corso se demanda pourquoi ce Général qui était, après tout, le premier à avoir ordonné ce rapport, refusa de se joindre aux Général Twining et à l’amiral Hillenkoetter pour recommander au Président de commencer à diffuser l’ information.
Quand le Général Vanderberg lut l’« estimation de la situation  », il fulmina et ordonna que le rapport soit réduit en cendres avant que quiconque ne puisse le lire. Ce fut une des dernières estimations officielles sur la situation des ovnis avant que la vraie opération de maquillage ne se mette en place.
Mais l’absence chronique de politique Gouvernementale concernant les rapports sur les ovnis continua. Le Projet « Grudge  » lista et évalua 244 observations d’ovnis.
Le Général Twining et Vandenberg en avaient assez. En 1952, l’Air Force initialisa le Projet Blue Book.
En fait, s’ils ne pouvaient rien faire contre le fait que les ovnis soient connus du public, ils devaient faire en sorte de calmer la peur du public à propos des observations d’ovnis. Blue Book fut donc cette pommade.
Quoi que soit ce que le groupe de travail était supposé devoir faire en 1952, cela ne satisfaisait pas la NSC, qui ordonna à la CIA de déterminer si l’existence des ovnis pouvait créer un danger pour les USA.
Bien sà »r, la CIA le savait déjà , parce que deux de ses directeurs avaient été membres du Groupe de travail, ils savaient que les ovnis avaient des intentions hostiles et pas seulement avec les USA, mais aussi avec les Soviétiques, les Italiens et les Scandinaves.
Le 14 janvier 1953, juste avant l’investiture du Président Eisenhower, des officiels de la CIA et des officiers de l’Air Force se réunirent au Pentagone pour discuter la situation des ovnis et de ce que leur groupe de travail avait appris sur ce point.
La commission Robertson passa trois jours à lire les observations d’ovnis rassemblées par l’Air Force et vit deux films contenant des supposées soucoupes volantes. La commission conclut qu’il n’y avait pas de danger pour les USA et recommanda au Gouvernement de commencer à dé-classifier les observations d’ovnis en général.
Ceci, comme le rapporta la CIA en 1988, fut la seule réponse officielle du Gouvernement à propos des observations d’ovnis.
Une année après, la Maison Blanche reconnut qu’il était nécessaire d’avoir une politique Gouvernementale pour diffuser l’information sur les ovnis à la Presse. Le Général Twining, maintenant chef de l’Air Force, signa la note 200-2, qui donnait la permission de diffuser un rapport au médias seulement quand l’objet était identifiable, comme une météorite ou un gaz de marécage.
Mais seule l’ATIC (Air Technical Intelligence Center) pouvait donner l’autorisation de diffuser une information sur les ovnis. C’est elle qui disait quel objet était identifiable et quel autre ne l’était pas.
Au cours des années 1950, Corso vit comment le Gouvernement devint de plus en plus secret sur les ovnis et même en privé.
À côté de cela, les Soviétiques avançaient à grandes enjambés dans la course pour l’Espace et les Américains se demandaient s’ils coopéraient avec les Extraterrestres.
C’était une guerre dans la guerre.
En 1961, l’Air Force commença deux projets secrets.
« Moon dust  » (poussière de lune) avait pour but d’établir des équipes de récupérations des véhicules spatiaux « étrangers  » crashés. Officiellement, l’Air Force cherchait à récupérer les satellites Russes qui pouvaient tomber au sol mais en fait il s’agissait de récupération d’ovni.
Dans le projet « Blue Fly  », l’Air Force autorisa la livraison immédiate des vaisseaux spatiaux étrangers crashés, emmagasinés à la base Wright-Patterson, Ohio, pour évaluation.
C’était une répétition de la récupération du véhicule de Roswell par le Général Twining, en 1947.
La NASA avait le mandat du Président pour gérer l’exploration spatiale mais l’Armée devait organiser la défense face à une menace extraterrestre.
Les projets de l’Air Force, « Saint  » et « Blue Gemini  », des années plus tard furent les excroissances de l’USAF 7795, un numéro de code pour le premier programme de l’USAF anti-satellite.
Une opération agressive fut conçue pour localiser, suivre, et détruire des satellites de surveillance ennemis ou plus important, des ovnis en orbites.
En utilisant la technologie développée par les RD, l’Air Force, puis l’Armée, marquaient la première étape pour la défense du système de missiles US contre les attaques Soviétiques venant de l’Espace et celle de la planète contre les intrusions ovnis.
« Saint  » était un satellite fait pour inspecter les ovnis, une version du satellite Agenda B que la CIA avait déjà utilisé. Son travail était la surveillance. Trouver un satellite ennemi potentiel ou un ovni et se caler sur lui avec sa camera et son radar.
Une fois le calage fait, Blue Gemini, le satellite tueur, pouvait se déplacer. Blue Gemini était une version militaire du satellite Gemini de la NASA. Sa mission était de surgir d’une orbite supérieure et de détruire le satellite ennemi ou l’ovni.
Si possible, Blue Gemini devait essayer de « capturer  » un ovni en le rendant immobile en attendant que des Astronautes militaires viennent récupérer tout ce qu’ils pourraient.
Ces deux armes, sous la couverture d’autres missions, sont déployées et aujourd’hui forment des lignes de défenses dans un système de surveillance anti-missile et anti-ovni.
Saint et Gemini furent les premières étapes importantes dans leur guerre contre les ovnis. La technologie venue des RD, dans les années 60 et récupérée des Extraterrestres, leur donna la capacité d’installer une telle défense contre les Extraterrestres même si dans les heures qui suivirent le crash de Roswell, la situation semblait perdue.
Le 17 Décembre 1969, le secrétaire de l’Air Force annonça la fin du projet Blue Book. Il dit que Blue Book avait vu plus de 3000 cas et qu’il n’y avait pas de menace pour la Sécurité Nationale. Le projet Blue Book avait rempli son office et maintenant le ciel était sans danger. Mais les évaluations militaires sur les ovnis continuèrent sans interruptions.
En 1975 et début 1976, les entrepôts militaires d’armes nucléaires à Loring AFB, Maine, au SACF, Dakota du Nord et d’autres dans le Montana et le Michigan avaient été sérieusement approchés par les ovnis. Pas seulement pour des observations aléatoires. Les ovnis continuaient à surveiller et à enregistrer les manoeuvres de ces bases.
Pendant 50 ans, la guerre entre les Américains et les ovnis continua et les Américains essayèrent de s’en défendre. À la fin des années 70, ils réalisèrent que l’arme à énergie-dirigée et le laser haute-énergie seraient bien plus efficaces qu’un satellite explosif, leur capacité défensive serait bien meilleure.
Dans les années 80, le Président Reagan et le Président Gorbatchev reconnurent la nécessité de coopérer contre un ennemi commun. Pour sa part, le Président Reagan poussa fort pour le développement et le déploiement rapide d’une technologie spatiale de défense pour défendre la planète. Appelée la SDI et appelée « Star War  » par la presse, la SDI fut décrite par le Président lui-même, comme « Un écran défensif inoffensif pour la population mais qui abattrait les armes nucléaires en approche avant qu’elles ne causent des dégâts à la population  »
Tout cela malgré les avertissements selon lesquels la SDI ne fonctionnait pas, qu’elle constituait un grand risque non-scientifique, qu’elle ne pourrait pas fournir le bouclier suffisant contre les missiles nucléaires, qu’elle violerait le traité ABM....... ben voyons ! ?
Elle fonctionna !
Ils n’auraient pas à descendre des centaines de missiles nucléaires Russes et les Soviétiques ne s’étaient jamais vraiment souciés du traité ABM parce qu’ils savaient qu’ils ne lanceraient pas de première frappe. Ils savaient tous quelles étaient les véritables cibles du SDI ; ce n’était pas des ogives ICBM. C’était les ovnis, qui pensaient être invulnérables et invisibles.
Ces Créatures n’étaient pas bienveillantes, pas venues pour éclairer la race humaine.
C’étaient des robots humanoïdes génétiquement modifiés, des clones, qui enlevaient des spécimens sur Terre pour leurs propres expériences.
Cachez la vérité et la vérité devient votre ennemie. Dites la vérité et elle devient votre arme. Les Américains cachèrent la vérité et les EBEs l’utilisèrent contre Eux jusqu’en 1974 où les Humains réussirent à descendre un ovni à la base de Ramstein, Allemagne.
Les Extraterrestres avaient essayé d’interrompre le programme spatial depuis des années : Mercury, Gemini, Apollo et même la navette spatiale. Les Américains n’avaient pas de réponse à leur donner, jusqu’au SDI.
Une fois lancés et testés, les lasers spatiaux ou HEL, faisaient la même chose que les éclairs d’orages pendant les nuits du 3 et 4 juillet 1947, lesquelles avaient perturbé la propagation de l’onde électromagnétique du vaisseau spatial volant au-dessus de Roswell.
Quand ils essayèrent leurs canons à particules en orbite de manière à ce qu’ils soient vus de tous , les EBEs l’ont su et eux-mêmes ont su que les EBEs savaient qu’ils avaient une défense effective de la planète.
Gorbachev était aussi satisfait parce que Reagan avait garanti que les USA étendraient leur bouclier de défense au-dessus de l’Union Soviétique. Les deux leaders se congratulèrent et s’étreignirent en public. Ce qu’ils avaient accompli ensemble, coopérant alors qu’ils étaient supposés se battre, n’était rien moins qu’un miracle.
Maintenant, quand la navette spatiale s’accroche à MIR et que les Astronautes et Cosmonautes mangent ensemble et boivent de la vodka dans des tubes en plastique, ils peuvent regarder dans les profondeurs de l’espace, ils savent qu’il y a un bouclier électronique autour d’eux.
Maintenant que la guerre est sur le point de finir, la vérité va finalement être révélée. La vraie vérité derrière 50 ans d’histoire.
Quand la vérité sur l’intervention extraterrestre sur notre planète sera finalement révélée, cela n’effraiera plus même si ça doit être un choc.
Conclusion
De retour aux années 1950, Corso se rappelle avoir vu à la télévision une série qui s’appelait « J’ai vécu trois vies  ». Cela racontait les exploits de Herbert A. Philbrick, qui décrivait la « fantastique mais véridique  » histoire de sa vie comme membre du Parti Communiste et comme agent pour le FBI.
Des années plus tard, après son passage aux RD, Corso se rappelle avoir pensé comment sa propre vie était aussi « fantastique mais vraie  » et comment lui et le Général Trudeau avaient changé le cours de l’histoire.
Quelques personnes savaient que ce qui sortait des RD dans les années 60 avait comme base le crash d’un ovni qui « officiellement  » n’avait jamais eu lieu. Les vies étaient menacées, les carrières détruites, les enfants effrayés par les hommes des Renseignements de l’Armée, s’ils racontaient ce qui s’était passé.
Mais ils étaient tous des Américains loyaux et même s’ils avaient quelques doutes à propos du fait de cacher la vérité, ils le faisaient parce que c’est ce que l’Armée voulait.
Beaucoup de gens ont critiqué l’Armée et le Gouvernement sur le fait d’avoir maintenu une opération de censure à propos de Roswell, pas seulement sur le moment mais dans les années à suivre. Pour cette raison Corso eut besoin de faire passer le mot pour défendre ce que l’Armée a fait.
Il est facile de critiquer si vous n’êtes pas quelqu’un qui comprend la politique qui gouverne les pensées à un moment de l’histoire. La transition, d’un pays en guerre à un pays en paix, ne s’est pas faite d’un coup.
La dernière fois où une annonce publique fut faite sur l’atterrissage des Extraterrestres, même si c’était du cinéma, une panique s’ensuivit. Suite à la guerre et aux craintes entourant la Guerre Froide, ils ne voulaient pas risquer une autre panique.
Donc les Militaires recommandèrentà la Maison Blanche de rester silencieuse. Et comme le secret entourant le Projet Manhattan, aucun mot n’en sortit.
Et pendant 50 ans, cette politique gouverna le comportement du Gouvernement et des Militaires sur l’existence des ovnis et le crash de Roswell.
Vous pouvez aussi vous demander pourquoi ce secret a subsisté si longtemps. Y a t’il eu une autre opération de maquillage aussi efficace et inconnue des Présidents successifs, année après année, jusqu’à ce qu’elle soit stoppée ?
En fait, il n’y eu qu’une opération de censure semblable qui commença après la guerre, son nom était « Shamrock  ».
James Forrestal, un des membres du Groupe de travail sur les ovnis, parvint à convaincre son patron, le Président Truman, en 1947, de continuer à travailler avec ITT (International Telephone and Telegraph), avec Western Union, et RCA, pour mettre leurs communications internationales sous écoute par les Renseignements militaires Américains.
Même si sa proposition initiale était de surveiller toute communication, comme les transmissions militaires secrètes, il n’y eut pas de contrôle sur ce qui était inspecté et ce qui ne l’était pas.
Ce programme continua durant les 28 années suivantes et resta secret pour tous les Présidents jusqu’à ce qu’il s’arrête sous l’administration Ford, en 1975.
Est-ce que Shamrock voulait dire que les ovnis existaient ? bien sur que non. Mais il révèle la capacité du Gouvernement Américain à garder un projet secret, même aux yeux du Président des USA, comme le Groupe de travail sur les ovnis à l’époque de James Forrestal.
Donc que pense Corso de tout cela, de tout ce qui s’est passé et de tout ce qu’il a fait ?
À cette époque, il était dans la routine d’un officier des Renseignements militaires et ne s’était pas réellement arrêté pour penser aux implications des ovnis et des EBEs.
Il comprenait qu’ils combattaient dans une Guerre Froide contre les Soviétiques et dans une guerre d’escarmouche contre les Extraterrestres. Il pense que les intentions des Extraterrestres étaient et restent hostiles, et il pense que les Américains ont pris l’avance nécessaire pour développer des armes qui pourraient atténuer leur crainte.
En fait, les Militaires Américains ont des armes bien plus puissantes, plus précises que celles utilisées dans le film « Independance Day  ».
Ils peuvent frapper tout ce beau monde demain, avec des lasers à haute-énergie et des canons à particules qui viennent directement du film « Star Wars  ». Ces armes ne sont pas de la science-fiction, elles sont la réalité.
Si vous voulez en savoir plus, allez faire un tour sur le site web de l’ « US Army Space Command  ».
Le SDI est le résultat direct des recherches de Corso et du Général Trudeau aux RD en 1962.
Quelquefois, les choses poursuivent leur route comme elles sont supposées le faire. Quelquefois, vous avez la chance de sauver votre pays, votre planète et même votre espèce. Et quand ce moment arrive, comme disait David Crockett :
Soyez sà »r d’avoir raison et alors allez-y.
...

![[ L'après Roswell ] du Col. Philippe Corso Part.02/02](local/cache-texte/47b3ddac812109e67243db0fa9e5616d.png)
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